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Rude
journée pour les cinq remorqueurs de la Sormar (société
de remorquage maritime de Rouen). Toute la journée hier,
ils ont assisté les géants des mers, à sec
de toile, à se mettre à quai. Nous avons embarqué
sur le « Bon Secours 1 ». 12 h 30 très précises,
à hauteur du quai Petit-Couronne (QPC dans le jargon des
marins). « Christian Radich à Bon Secours. Veuillez
vous placez sur notre bâbord ». Lordre donné
par le pilote du port de Rouen, monté à bord du trois
mâts norvégien, est court et précis. «
OK, on va vous prendre en charge. »
Au micro et à la barre, Alain Ledeux, le capitaine du remorqueur
orange et noir dirige la manuvre. Jean Pierre Benard et Denis
Thomas, les matelots, son déjà en place sur la plage
arrière. La toulie lancée du pont du « Christian
Radich » fend lair. Jean-Pierre sen saisit et
la glisse dans lil de la remorque du somptueux voilier.
« Ce sont des termes techniques. Sur un bateau il ny
a pas de cordes, sauf celle qui sonne la cloche » sexcuse,
Dominique Quelen, le chef mécano.
« Rive droite 224 »
Cest fait. Le « Christian Radich » est capturé.
Jean-Pierre installe une bride : « pour tenir le cul du
remorqueur dans le courant » explique -t-il. Le «
pitaine » du brave « Bon Secours » remet les gaz.
Sur le pont du voilier, les invités prennent le frais. Le
couple arrive en vue du site portuaire. Une forêt de mâts
se découpe dans le lointain. « Un ptit air
de déjà vu » lâche Jean-Pierre qui
en est à sa quatrième Armada.
La radio du remorqueur se remet à cracher. « Dirigez-vous
rive droite 224. » A cet instant précis, Alain
Ledeux sait parfaitement où il va devoir larguer le «
Christian Radiche » qui lui file le train depuis maintenant
deux heures. « 224 cest le numéro de la bitte
damarrage confie-t-il, en réduisant la puissance
du moteur de son bateau. Lapproche du quai sopère
en douceur. Sur le pont du Norvégien, un officier fait dailleurs
des grands signes dun air de dire : « allez-y mollo
les gars ».
Le « Bon Secours V » qui a rejoint son jumeau fait pivoter
les 73,50 m du « Christian Radich. » A cinq mètres
du quai, le trois mâts met en place ses défenses de
coque. Encore un petit effort. A 14 h 30, il est en place. Le remorqueur
la posé délicatement, comme il laurait
fait dun papillon. Le boulot nattend pas. Le « Bon
Secours 1 repart chercher le « Sorlandet ». Autre bateau,
autre technique. Celui-là, il va juste le pousser de son
nez pour le ranger entre le Cuauhtemoc et les deux surs « Étoile »
et Belle Poule ».
SERGE ORTOLE
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