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Un avant-goût de la grande parade
La remontée de la Seine a été l’occasion d’une grande répétition de la parade de la Seine qui aura lieu dimanche prochain. Premiers bords et premières foules.

Et de quatre remontées à Rouen pour le « Statsraad Lehmkuhl »
.
Il est à peine huit heures sur le port de Saint-Wandrille, l’horizon est bouché mais les quais sont déjà encombrés de badauds.

Le Tolkien est à quai et la silhouette blanche du Dar Mlodziezy surgit de la boucle de Caudebec-en-Caux, accueilli et acclamé par les enfants de l’école primaire. Le Statsraad Lehmkulh le suit de près. Le temps d’accoster et les « trainies », les apprentis marins embarqués à Bergen en Norvège débarquent de dix jours de mer sur le trois mâts d’une centaine de mètres. Le teint hâlé et la tête pleine de souvenirs.

Sans s’arrêter, le Cuauhtemoc mexicain salue la foule. Les cadets sont montés sur les vergues. Comme à la parade. Lancé à vive allure, le catamaran skippé par Olivier de Kersauson, file vers Rouen.

Le Statsraad Lehmkulh embarque ses passagers, presque deux cents personnes qui ont pris un billet pour la remontée de la Seine. Comme Michel, un retraité de Bacqueville. « J’ai fêté mes soixante-dix ans le mois dernier, mes enfants et mes amis m’ont offert cette croisière » explique l’ancien menuisier, visiblement content de son voyage au long cours.

Yvon Boscher, le pilote de Seine, est à son poste. Comme pour les trois précédents rassemblements de voiliers. Le descendant d’une famille de corsaires malouins sait déjà qu’il devra accompagner les exubérants mexicains lors de la descente de la Seine. Comme en 1999.
Le pilote commence à accuser le coup. Dans la nuit, il a escorté un céréalier jusqu’au port de Rouen avant de prendre les commandes du Statsraad.

La foule sur les berges

Au fil des heures, les berges se noircissent de curieux admiratifs. Les chaises pliantes et les glacières sont de sortie. Les cornes de brume aussi. Le camping de Bourneville est plein à craquer.

A l’approche de La Bouille, les maisons se pavoisent de drapeaux, comme les terrasses. « C’est vraiment magnifique », souligne Lucette, une Auvergnate invitée sur le bateau par une amie normande. « Il manquait peut-être juste un petit coin de ciel bleu » regrette Lucette.

Les cargos, occupés à charger du blé dans le port de Rouen, se joignent à la fête. Les cornes de brume ne cessent de se répondre. Michel, le jeune septuagénaire, s’étonne du nombre d’usines qui crachent leur fumée. « Après les paysages bucoliques de Duclair, ca fait drôle. »

Il est presque 15 h et l’on aperçoit les premiers mâts des bateaux déjà amarrés dans le port. Le commandant Kaare Omsted, l’ancien pacha du Christian Radich est à la manœuvre avec le pilote de Seine. Tout l’équipage est sur le pont pour mettre en place les haussières. Le Statsraad accoste les quais de Rouen pour sa quatrième Armada.

O. C.


 

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