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Gérard, le metteur en ciel
Grand ordonnateur de spectacles pyrotechniques, Gérard Métayer promet d'illuminer de mille feux le site de l'Armada et « un final d'enfer » samedi 5 juillet.
Artificier
Une nouvelle fois présent cette année, le géant russe de 108 mètre n'a manqué aucun rendez-vous maritimes rouennais (Photo PN/Thibault Rousseau)


Après les voiliers, le feu d'artifice tiré tous les soirs de la presqu'île Rollet, est l'autre vedette de l'Armada. Patron de la société normande 8e art, Gérard Métayer le magicien des nuits colorées des «Armadiens», a fait de ce « nez » greffé au village VIP, son terrain de jeu favori.

La journée, pendant que la foule grouille sur les quais, lui va au charbon. Avec dix de ses artificiers, il prépare méthodiquement son spectacle du soir. Le pas de tir, grand comme quatre terrains de football, est totalement bouclé, étroitement surveillé par la police. Au calme, Gérard organise ses postes, ajuste ses bombes et ses fusées, déroule ses câbles électriques reliés au pupitre de commande. « C'est vaste, mais le site nous donne des possibilités inouïes. Deux cent cinquante mètres de façade, vous vous rendez compte ! », se régale Gérard Métayer, qui dispose là d'une scène à la mesure de son talent professionnel.

Donner du rythme

Pour sa seconde Armada, ce sorcier de l'art pyrotechnique qui définit les Italiens, les Espagnols, les Chinois ou les Japonais comme les maîtres du genre, va tirer neuf feux, dont quatre totalement différents. Il revient brièvement sur le premier, mis en ciel, samedi soir : « Parfait. Tout pile poil. » La précision donne la mesure de la performance.

« Toutes les séquences sont d'abord le fruit de mon imagination. Ensuite, j'ai couché sur le papier les soixante tableaux à réaliser. Après, je me suis mis en quête de rassembler le gamme complète des produits, tout en sachant quels effets je voulais créer et quelles couleurs je voulais donner à voir », explique Gérard Métayer. Le volume du matériel disséminé ne l'intéresse guère. « Peu importe le nombre de bombes tirées. L'important c'est l'émotion que vous donnez au public. S'il a le temps de se dire « oh la belle bleue », c'est foutu. Il faut surprendre, étonner. Donner du rythme c'est essentiel », détaille-t-il. Plein les yeux, plein les oreilles, serait un peu sa devise. D'ailleurs pour le dernier soir de l'Armada, Gérard a déjà prévu de mettre la gomme. « Je tiens un final d'enfer. Je n'ai plus qu'à concevoir l'habillage. Faudra pas rater ça. »

La société 8e art, est une habituée des grand feux d'artifice. Des festivals comme Macao ou San Sebastien n'ont plus de secret pour elle. « La responsable de celui de Chantilly viendra assister à la dernière soirée. J'espère la séduire », avance Gérard Métayer. L'homme ne craint que deux choses. Le vent qui l'empêcherait de libérer ses foudres et. le retard à l'allumage.

SERGE ORTOLE



 

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