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L'éternel retour du grand « Mir »
 
Le Mir
Une nouvelle fois présent cette année, le géant russe de 108 mètre n'a manqué aucun rendez-vous maritimes rouennais (Photo PN/Thibault Rousseau)


Il a bien failli rater son quatrième rendez-vous avec Rouen. Mais un avocat et la justice française ont permis (Paris-Normandie du 26 juin) de préserver le Mir de l'action du groupe suisse réclamant sans relâche que l'Etat russe s'acquitte de ses dettes.

Mir en paix, une fois de plus à l'Armada. Mir... aculé? Le public, en tout cas, apprécie la venue du grand trois-mâts carré de 108 mètres, l'un des fleurons de l'Académie maritime d'Etat Amiral-Makarov de Saint-Pétersbourg. Dès son arrivée, ils étaient déjà des dizaines de visiteurs à fouler le pont patiné du voilier. Ce public retrouve - ou découvre - les cadets et marins de la tragique et glorieuse ex-Leningrad, vendant tasses souvenirs, tee-shirts, voire superbes cravates bleu nuit. La foule grandissante renoue avec les jeunes élèves navigateurs au regard le plus souvent clair comme un grand ciel...

Fougue et raison

Pour le commandant du Mir, Sergueï V. Timoshkov, Rouen est une découverte. Selon un spécialiste de l'Armada tombé définitivement amoureux du navire, Louis Fromentin, un proverbe russe énonce: «Pour être heureux, il faut dormir jusqu'à midi.»
Mais entre tapisserie représentant le tsar Pierre le Grand, guitare et meubles fonctionnels dans un style ancien, Sergueï Timoshkov jubile ! Même si le réglement de la Cutty Sark n'a, dit-il, jusqu'à présent guère favorisé le voilier-école russe, le pacha sait son vaisseau rapide. Mélange slave de fougue et de raison: «Il y a dix ans, à Gibraltar, entre la Méditerranée et l'Atlantique, le vent soufflait si fort que Mir n'a pas pu réduire sa voilure et a atteint 19,5 noeuds. C'était un peu effrayant.»

Après les festivités des 3OO ans de Saint-Pétersbourg, Mir a quitté la Neva le 4 juin avec son équipage d'une quarantaine d'hommes, dont cinq enseignants, et sa centaine de cadets, futurs officiers ou ingénieurs de marine marchande. Travemûnde et Cuxhaven en Allemagne puis Zeebrugge en Belgique avant de toucher Rouen. Au sortir de l'Armada, une nouvelle Cutty Sark d'un mois l'attend entre Gdynia en Pologne et Turku en Finlande.
Demain mardi 1er juillet, à 15 h 41, le grand voilier sera le théâtre chaleureux d'une tentative, par les radiomateurs normands, d'une liaison avec les très esseulés astronautes de la station internationale. «Mir, c'est la paix, mais aussi l'espace, lance Mikhaïl, un marin francophone. Et avec ces mâts, l'espace est tout proche!»

FRANCOIS HENRIOT



 

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PLUS LOIN
L'« Ampère Peinard » sur la ligne de départ


Après un an de travail et de préparation, le rêve de Jean Briche prend enfin forme. Cet amoureux de la mer et de la voile a pris, samedi, le départ de la troisième édition du Défi solaire (coupe du monde des bateaux solaires et à propulsion humaine) au port Saint-Pierre à Caen. Sur un voilier de 7 m de long et 2,05 m de large, équipé de seize batteries, de 12m2 de panneaux solaires et de deux moteurs électriques, le navigateur va tenter d'effectuer les 100 miles (185,2 km) sur son bateau, l'« Ampère Peinard ».

« Les dernières semaines ont été très stressantes. J'étais tout seul ; mais heureusement, l'université du Havre m'a envoyé Octavian Curea », explique Jean Briche. Arrivé en France il y a sept ans, Octavian Curea travaille dans le laboratoire du GREAH, le Groupe de recherches électrotechniques et automatiques du Havre.

Ingénieur dans son pays d'origine, il est depuis peu détenteur d'un doctorat en énergie renouvelable. Il accompagnera donc Jean Briche tout au long de son voyage.
Pour lui qui n'a jamais navigué, l'expérience est des plus formatrices.

Après de multiples étapes, l'arrivée est fixée le 2 juillet à Rouen, devant l'Armada.