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Les bateaux font rêver Rita Mitsouko
 

Catherine Ringer et Fred Chichin ont confié leur attachement au monde de la mer (Photo PN/Alain Lefèbvre)

Le porte une longue robe d'été à carreaux orangés sur une paire de jeans marron délavé. Ses cheveux sont toujours aussi longs que beaux. Lui est en jeans à coutures tournantes. Coupe auburn, une paire de lunettes de soleil sur le nez. Entretien, samedi après-midi, quelques heures avant un concert qui a réuni cinquante mille personnes.

Paris-Normandie : Vous vous êtes produits en 1981 à l'Exo 7 et, plus tard, à l'occasion des 24 Heures motonautiques. Gardez-vous des souvenirs de Rouen ?

Catherine Ringer (elle) : «Désolée, je ne sais plus.»

Fred Chichin (lui) : «Si, si, nous sommes déjà venus à Rouen.»

Elle : «En tout cas, je suis honorée que nous ayons été choisis pour ouvrir les concerts de l'Armada. C'est sûr.»

Lui : «Ce qui me plaît dans cet événement, c'est l'invitation au voyage. J'ai d'abord mesuré la dimension de l'Armada à la télévision. Et, tout à l'heure, je suis allé me promener un peu sur les quais. Les bateaux me fascinent depuis toujours. Ca me fait rêver.»

Elle : «Ce sont vraiment de beaux voiliers. Les trois-mâts sont impressionnants.»

P-N.: Les bateaux ont inspiré certains de vos titres?

E lle : «La mer plus particulièrement. Je pense à Cool Frénésie, notamment.»

Lui : «Et Les Amants parlaient de marins.»

Elle : «Je regardais les techniciens régler les éclairages, tout à l'heure, sur la scène. Ca m'a fait penser à ces marins qui montent sur les mâts.»

P-N.: Vous allez jouer en plein air, devant des dizaines de nationalités. Quelles sont vos appréhensions ?

Elle : «Le public est très mélangé, plutôt européen, je suppose. C'est bien.»

Lui : «Les concerts en plein air sont à peine différents de ceux en salle. A l'intérieur, le public est plus compact.»

P-N.: Plus le trac, peut-être ?

Elle : «Nous avons toujours le trac lorsqu'il s'agit de monter sur scène. Surtout dans une configuration comme celle-là. Les questions sont davantage d'ordres techniques. Je crains les coups de vent qui portent le son. Mais bon. Dehors, l'ambiance reste particulière.»

P-N.: Un intermittent du spectacle va monter sur scène pour exprimer les inquiétudes de sa profession. Quelle est votre position sur la question ?

Elle : «Le changement de statut des intermittents du spectacle s'impose. Il y a eu beaucoup d'abus. Je pense au domaine de l'audiovisuel où des personnes sont très bien payées et qui, ensuite, pointent au chômage.»

Lui : «D'autres, pendant ce temps, parcourent les routes et se décarcassent pour leur métier. Eux, ils y perdent, évidemment.»

PROPOS RECUEILLIS PAR JANE KOTB 



 
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PLUS LOIN
Les Rita gonflent
les voiles de l'Armada




Rita Mitsouko a fait cinquante mille heureux, samedi soir. Le duo magique formé par Catherine Ringer et Fred Chichin a mis le feu au bassin Saint-Gervais pour le premier concert offert par la Région aux visiteurs de l'Armada.
La belle, vêtue d'un haut moulant marin, a ouvert le bal avec une dizaine de titres issus du dernier album, Femme trombone. Osé, car le public ne connaît pas. Mais il reste. Filmant et photographiant la scène. Peu attentifs au début, les spectateurs entrent progressivement dans l'ambiance.

La sirène brune reprend Don't forget the nite, puis Les Histoires d'A. C'est parti. Dans les rangs, on ne discute plus mais on écoute. Et on chante pendant que tout le monde danse. Sur le podium, Fred est toujours aussi discret. Catherine évolue avec grâce et énergie. Son chignon se défait sur Singing in the shower tonight, une chanson composée avec les Sparks fin des années quatre-vingt.
Sa longue chevelure finit par tomber lorsque le public demande Le Petit train. Les artistes reviennent sur deux rappels.

Catherine, fatiguée, fait plaisir aux aficionados en leur offrant les titres mythiques Y a d'la haine et Andy. Rita Mitsouko est à la hauteur de sa réputation : fabuleux.

J.K.