«Fermeture du 24 juin au mardi
8 juillet inclus ». Stéphane et Isabelle Grandjean,
les boulangers installés rue Saint-Nicolas, ne partent
pourtant pas en vacances.
Pendant dix jours, ils sont sur les quais. Pour proposer aux chalands
sandwichs, pizzas, quiches et viennoiseries, sur leur stand de
vente à emporter. Ils ont donc décidé de
fermer la boulangerie. « Nous
avons monté un dossier auprès des organisateurs
de l'Armada », explique Isabelle. «
Il y a eu soixante-dix candidatures pour sept places, nous avons
été tirés au sort », se félicite
la jeune commerçante.
Mercredi matin, une société spécialisée
est venue à la boulangerie afin de déménager
les fours et le matériel sur les quais. Une manuvre
loin d'être anodine. D'autant que le petite entreprise va
passer de cinq à quinze personnes. « Nous allons
tout préparer sur place. » Les jeunes commerçants
n'ont pas le droit de se rater. «
Cela fait six mois que nous nous préparons. Nous prévoyons
de vendre entre deux et quatre mille sandwichs par jour. »
Vue sur les voiliers
Idéalement placé quai Cavelier de la Salle, avec
vue plongeante sur le site de l'Armada, le restaurant «
Le Balmoral » est prêt à affronter la foule.
Un seul mot d'ordre circule dans l'établissement :
« tout mettre en uvre pour que l'accueil soit au top.
»
Noëlle, la patronne, a renforcé l'équipe. Elle
a engagé sa maman, sa nièce, et son ami. De plus,
le personnel est polyglotte. Pas question de rester bouche bée
devant un marin mexicain, anglais ou allemand. Il faudra assurer
et ne pas rechigner à faire les courses tous les jours.
« Nous sommes prêts. Pour
le meilleur et pour le pire. On espère que ce sera pour
le meilleur, car le succès de l'Armada est lié à
la météo », remarque Noëlle.
Eric et Joëlle Hartout, les patrons du pub O'Kallaghan's
ne sont pas des armadiens néophytes. Le pub était
déjà présent sur le site en 1999. «
Cela fait un an qu'Eric travaille sur le projet », raconte
son épouse, « il n'arrête
pas depuis le mois de mars. » Une annexe «
fluviale » du pub rouennais est donc installée sur
le quais. « Il y aura une quinzaine
de personnes sur le site, des animations et des concerts tous
les jours. Nous comptons vendre quatre cents hectolitres de bière
en dix jours. A titre de comparaison, nous en écoulons
huit cents par an dans le pub de la place du Général-de-Gaulle.
»
Dès vendredi, le traiteur Christophe Bonnaire et son équipe
vont assurer une dizaine de réceptions sur les voiliers
et sous les tentes VIP. Un rythme qui va devenir quotidien. Des
cocktails dînatoires pour cent à trois cents personnes
qui nécessitent l'embauche d'une cinquantaine d'extras
et la location de dix camions réfrigérés
supplémentaires. A tel point que le restaurant de la rue
Saint-Julien va fermer ses portes pendant l'Armada. La boutique,
elle, reste ouverte.
O. C. et S. O.
|