«Le Marité peut être un ambassadeur»
Armada 2003
Le navigateur Gérard d’Aboville, qui milite pour le retour du «Marité» en Normandie, estime que «Rouen peut entretenir l’effet Armada toute l’année.».
Armada 2003
Gérard d'Aboville
Armada 2003
Gérard d'Aboville était à bord du «Marité» avant son départ pour l'Ecosse (Photo PN)
Armada 2003
Gérard d’Aboville, célèbre pour avoir traversé l’Atlantique et le Pacifique à la rame, est président de la Fondation pour le patrimoine maritime et fluvial depuis 1997.
Le navigateur originaire de la Manche était à bord du Marité pour la quatrième édition de l’Armada.

Paris-Normandie: En dehors du Marité, voilier pour lequel vous vous battez depuis cinq ans afin qu’il revienne sur ses terres, en Normandie, pour quel autre bateau avez-vous «craqué»?
Gérard d’Aboville: «L’arrivée du Marité sur les quais de Seine représente un achèvement personnel. Ce n’est pas le plus grand bateau de l’Armada 2003, mais c’est le seul trois-mâts à avoir été construit dans la région, à Fécamp. Il n’y a pas cinquante mille grands voiliers français de par le monde qui soient encore en état de naviguer. Il reste le Marité et c’est ce dernier survivant des terre-neuvas que nous avons l’opportunité de racheter aux Suédois. Cette opération est la plus spectaculaire que la Fondation pour le patrimoine maritime ait jamais menée.»

P.-N.: A propos du retour définitif du Marité à Rouen, cette position géographique est-elle la meilleure?
G. d’A.: «L’idéal aurait été que le voilier retourne à Fécamp. Mais Rouen est un port de mer et le Marité peut devenir l’ambassadeur de toute l’agglomération. Ce bateau sera amené, s’il est racheté par les collectivités de la région, à participer à de nombreuses manifestations dans toute l’Europe. Ce serait formidable, en plus, que Rouen puisse entretenir l’effet Armada tout au long de l’année...»

P.-N.: Vous présidez, au sein de l’Union pour la majorité présidentielle, la fédération des métiers de la mer. Pensez-vous qu’une manifestation comme l’Armada puisse réellement susciter des vocations?
G. d’A.: «Sûrement. En tout cas, cet événement prouve à quel point les Français sont attirés par le patrimoine maritime, aujourd’hui. J’ai organisé, vers la moitié des années quatre-vingt, la course de la Liberté, en faisant venir à Rouen des multicoques. Cette régate a inspiré, ensuite, la première Armada. Au début, peu de gens y croyaient. Voyez le résultat aujourd’hui: plus de neuf millions de spectateurs suivent, tous les quatre ans, le rassemblement. C’est fantastique!»
Armada 2003
PROPOS RECUEILLIS PAR JANE KOTB