Le pacha du « Mir » a son propre credo
Armada 2003
Le plutôt jeune (44 ans) commandant du Mir résume avec une véritable foi sa mission : « Apprendre à nos jeunes élèves à être responsables ».
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Mir
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Le commandant Timoshkov s'était porté volontaire à l'âge de 20 ans pour une formation en mer (Photo PN/Thibault Rousseau)
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Sergeï V. Timoshkov assure de manière un peu surprenante : « En Russie comme en Europe, ces jeunes ont toujours eu un parapluie au-dessus d'eux : les parents, l'école, leurs professeurs. Il faut voir comme les parents les conduisent au bateau, à l'embarquement pour leurs trois à six mois de formation en mer ! On arrive en auto, on pleure. Ces garçons, ces filles n'ont pas encore été responsables. A bord de Mir, voilier à la technologie moderne sous le pont, ils deviennent de réelles personnes. Ils peuvent montrer ce qu'ils savent faire. Sur Mir, pas de jouets, ni non plus de pièces de musée, inactives. Les manœuvres se font sans winches, sans treuils : directement à force de main. Et quand les élèves montent dans les mâts, ils ne sont pas attachés. Et c'est dangereux. »

A bord du Tovaritch

Pourtant, Sergeï, collier de barbe blonde, yeux bleus, enthousiasme communicatif, affirme : « Personne ne craque. Parce que, dans un premier temps, on ne pousse pas ces jeunes. Nous créons une atmosphère, nous leur apprenons qu'ils sont responsables pour eux, pour leurs amis, pour le bateau. Et nous suscitons ainsi les volontés. C'est ainsi que nous faisons passer ces enfants à l'âge d'homme. »

Le capitaine Petersbourgeois ne peut s'empêcher de se souvenir de sa propre histoire : « En URSS d'alors, en 1979, j'avais écris, avec cinq amis, au ministre de la Marine marchande : nous voulions être cadets sur l'unique voilier-école du pays, le Tovaritch - NDLR : le Camarade - et nos autres copains rigolaient. Eh bien, ça a marché : nous avons fait deux mois à bord ! »

Le commandant du Mir n'ignore pas les difficultés économiques de la Russie en plein devenir. Il jure pourtant que les problèmes matériels sont assez largement compensés par l'esprit régnant à bord.

Cette volonté qui paraîtra rude à beaucoup de Français millésime 2003. Le rêve de Sergeï : « Que de futurs marins du monde, d'Europe avant tout, accomplissent, au côté des jeunes Russes, un temps de formation sur Mir ! C'est très possible ! » Pas mauvais pour les finances russes, très bon pour la connaissance entre les peuples.
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FRANCOIS HENRIOT