Sergeï V. Timoshkov assure
de manière un peu surprenante : «
En Russie comme en Europe, ces jeunes ont toujours eu un parapluie
au-dessus d'eux : les parents, l'école, leurs professeurs.
Il faut voir comme les parents les conduisent au bateau, à
l'embarquement pour leurs trois à six mois de formation en
mer ! On arrive en auto, on pleure. Ces garçons, ces filles
n'ont pas encore été responsables. A bord de Mir, voilier
à la technologie moderne sous le pont, ils deviennent de réelles
personnes. Ils peuvent montrer ce qu'ils savent faire. Sur Mir, pas
de jouets, ni non plus de pièces de musée, inactives.
Les manuvres se font sans winches, sans treuils : directement
à force de main. Et quand les élèves montent
dans les mâts, ils ne sont pas attachés. Et c'est dangereux.
»
A bord du Tovaritch
Pourtant, Sergeï, collier de barbe blonde, yeux bleus, enthousiasme
communicatif, affirme : « Personne
ne craque. Parce que, dans un premier temps, on ne pousse pas ces
jeunes. Nous créons une atmosphère, nous leur apprenons
qu'ils sont responsables pour eux, pour leurs amis, pour le bateau.
Et nous suscitons ainsi les volontés. C'est ainsi que nous
faisons passer ces enfants à l'âge d'homme. »
Le capitaine Petersbourgeois ne peut s'empêcher de se souvenir
de sa propre histoire : « En URSS
d'alors, en 1979, j'avais écris, avec cinq amis, au ministre
de la Marine marchande : nous voulions être cadets sur l'unique
voilier-école du pays, le Tovaritch - NDLR : le Camarade -
et nos autres copains rigolaient. Eh bien, ça a marché
: nous avons fait deux mois à bord ! »
Le commandant du Mir n'ignore pas les difficultés économiques
de la Russie en plein devenir. Il jure pourtant que les problèmes
matériels sont assez largement compensés par l'esprit
régnant à bord.
Cette volonté qui paraîtra rude à beaucoup de
Français millésime 2003. Le rêve de Sergeï
: « Que de futurs marins du monde,
d'Europe avant tout, accomplissent, au côté des jeunes
Russes, un temps de formation sur Mir ! C'est très possible
! » Pas mauvais pour les finances russes, très
bon pour la connaissance entre les peuples. |