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Massilia et Mes Souliers réchauffent l’ambiance
Armada 2003
Joie de vivre et mort dans l’âme, Mes Souliers sont rouges et Massilia Sound system — copains comme musiciens depuis le temps qu’ils se croisent dans les festivals — ont fait un malheur hier soir à l’Armada. Un concert pas comme les autres, car l’ombre du devenir des intermittents du spectacle planait sur le site. Christine Rambaud, au nom du conseil régional, organisateur de ces concerts, Robert Labaye directeur du Rive gauche, de Francis Facon et de Gary l’un chanteurs marseillais, ont débattu du sujet avec la complicité de Mes Souliers sont rouges. Dans la foule, beaucoup de pancartes affichaient «Public en péril»
Armada 2003
Massilia
Armada 2003
Le groupe Mes Souliers sont rouges a fait rougir l’assistance de sa musique festive (Photo PN)
Armada 2003

Coté musique, les cinq membres des Souliers ont fait rougir de plaisir l’assistance de leur musique composite, flanquée d’un humour de routard joyeux: «On mélange les odeurs, c’est la foire aux hormones à Rouen! Dansons l’amour, en attendant la mort…» Une certitude le public de ces deux groupes est jeune, très jeune, encore plus jeune. Et ça vous organise des dizaines de chenilles festives à souhait. Le bonheur de faire la fête, puisqu’on est là pour cela.

Après Yannick et ses copains, Gary — qui a rejoint les Souliers et pour pousser la romance avec les copains, comme sur leur dernier disque — s’est littéralement emparé de la scène. Massilia Sound system, c’est du gros calibre, ça déménage, le verbe haut, le geste précis, le micro porte-étendard. Ils ont la tchatche et l’accent, les petits Marseillais aux gros bras. Virulents, vigoureux, vachement toniques, avec un cœur gros comme ça! Cette belle soirée bien fraîche s’est trouvée réchauffée par une très chaude ambiance.

Armada 2003
RÉMI PARMENT


 
PLUS LOIN
La mer plutôt que les biotechnologies
Armada 2003

Mes Souliers sont rouges est un nom de groupe plus qu’imagé pour une musique à vocation festive venue des belles contrées de Basse-Normandie. Yannick, le guitariste et ses copains Denys, Stéphane, Ludovic, François, habitent tous Caen, à l’exception d’un ermite qui préfère s’isoler dans la Manche.

Yannick

Au sein de Mes Souliers, personne ne traîne la savate. Il n’y a ni lampiste, ni leader, tout le monde chante, toute le monde joue, tout le monde compose. Mais c’est Yannick, venu des horizons du jazz, qui se plie au jeu des questions-réponses.

Paris-Normandie: Un nom pareil cela ne s’invente pas! Quel en est l’origine?
Yannick: «C’est le titre d’une chanson fétiche, que nous chantons toujours en clôture de nos concerts. Notre formation s’est constituée il y a plus de onze ans. On a commencé dans les petits bars. De petits bistrots en belles scènes — on a célébré nos dix ans à l’Olympia — et en festivals, notre musique évolue sur le même mode plaisir.»

P-N.: Quelle est la couleur de votre musique?
Y.: «Ce qui nous a réuni c’est une rencontre autour de la musique québécoise. Nous jouons acoustique, de manière à garder un vrai contact avec le public. Ce sont des chansons à répondre. Ce n’est pas un show à sens unique.»

P-N.: Vous qui êtes Caennais, connaissiez-vous l’Armada?
Y.: «De réputation c’est évident. Comment en serait-il autrement. Mais je n’étais jamais venu sur ces quais. C’est même frustrant, parce qu’on a eu qu’une demi-heure pour se balader et admirer les voiliers, après avoir fait les balances.»

P-N.: Votre nouveau disque s’intitule Cinq, pourquoi?
Y.: «C’est notre cinquième album, sorti en janvier dernier, et nous sommes cinq, venus d’horizons les plus divers. Du jazz, du rock, de la chanson. Ce qui nous unis c’est le bonheur de communier en direct avec le public. C’est même pour cela que nous jouerons ce soir, alors que nous nous sommes posés la question toute la journée — «fallait-il ou non joue» — vu la réforme annoncée du statut des intermittents du spectacle. Ce qui l’a emporté, c’est notre volonté de ne pas décevoir le public de l’Armada.»