|
Curieux destin que celui qui porte le nom de l'inventeur, belge
bien sûr, en 1869, de la dynamo industrielle. L'impeccable
voilier, en service en 1961, est originellement conçu comme
navire océanographique. Son commandant actuel, le lieutenant
de vaisseau Geert Leenknegt, 44 ans (médaillé, entre
autres, de la Libération du Koweit), raconte : «
Il devait effectuer des mesures acoustiques et magnétiques
pour la lutte anti-sous-marine, de manière à fournir
une base de données sur les eaux territoriales belges. »
Des informations peut-être particulièrement utiles,
en pleine Guerre froide.
Le commandant poursuit : « Car
à voiles, c'est un navire bien sûr silencieux, parfait
pour mettre discrètement un hydrophone à l'eau, un
bateau construit en matériaux amagnétiques : bois,
cuivre, bronze. Mais à partir de 1970, ses missions ont changé.
Le Zénobe Gramme est devenu voilier école, participant
aussi à des régates avec les grands voiliers, en Europe,
en Amérique. »
Saint-Bernard des Bermudes
Mini parmi les grands, le Zénobe Gramme est un concurrent
régulier de l'incontournable Cutty Sark. En 1976, il a d'ailleurs
reçu le trophée Cutty Sark de la Compréhension
internationale, sorte de « prix orange » décerné
par les commandants des voiliers, actuellement en possession du
Fécampois Tante Fine.
« C'était dans l'Atlantique,
avant les Bermudes, rappelle Geert Leenknegt. Pas de vent durant
la dernière semaine, donc des problèmes de ravitaillement
pour certains participants. Le Zénobe Gramme a abandonné
la régate, et, au moteur, a ravitaillé ceux qui étaient
en difficulté. »
Depuis, ce Saint Bernard des mers continue à donner la meilleure
image de la Belgique dans les ports du monde.
Sa première mission est l'instruction en mer des élèves
officiers, sous-officiers et recrues belges, par effectifs de dix
cadets pour un équipage de sept hommes.
Hier mardi, dix volontaires terre/air/mer en entraînement
spécial devaient quitter à Rouen le voilier, remplacés
par huit garçons et deux filles de 19 à 22 ans, embarquant
pour environ quatre semaines d'instruction réglementaire.
Dans le carré, le commandant précise :
« La Marine belge - 2.400 personnes - est depuis 1996 placée
sous commandement opérationnel intégré avec
la marine royale néerlandaise (NDLR : remarquablement présente
en première partie d'Armada) depuis Den Helder, aux Pays-Bas.
» Le pacha parle sous les photos du roi des Belges,
Albert II, et de la reine Paola. «
Le prince Amedeo, leur petit-fils, a suivi une instruction à
bord, à 14 ans, pendant une Cutty Sark entre Anvers et la
Norvège. Comme matelot. »

Tintin accoudé au bastingage en vue de Port-Saïd : les
Belges savent voyager.
|