LE PROGRAMME OFFICIEL
116 pages en couleurs :
une mine de renseignements pour tout savoir sur l'Armada. En vente sur le site.
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Le drapeau noir flotte sur la marmite
Armada 2003
Vent de colère sur les quais. Des restaurateurs se plaignent de la pénurie de clients. Les licenciements se multiplient. Plus qu'un gros week-end pour remplir les caisses.
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resto
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Des brasseries vides. Depuis mardi, certains patrons ont commencé à licencier du personnel. D'autres envisagent déjà le "dépot de bilan" (Photo PN)
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Après un week-end de surchauffe des tiroirs caisses, la pluie a refroidi la machine et les esprits. Ils ne sont pas encore les révoltés du Bounty mais les restaurateurs font la soupe à la grimace.

Au banc des accusés : le mauvais temps, l'absence de gros bateaux militaires, les tarifs de location des stands, le manque d'animation sur les quais et plus spécialement aux extrémités est et ouest ou encore la concurrence féroce des bateaux restaurants de croisières en Seine.

Les cambusiers des quais sont inquiets et les provisions s'entassent dans les frigos. Depuis mardi, certains patrons ont commencé à licencier du personnel. D'autres envisagent déjà le « dépôt de bilan ». « J'étais présent il y a quatre ans, mais avec 30 % de restaurants en plus, la part du gâteau a diminué. Les places sont chères et toute l'installation électrique est à notre charge. J'ai du remercier huit de mes quatorze employés. C'est une catastrophe ! », résume Pascal Delaporte du Tandem à l'extrémité ouest des quais rive droite

A deux pas, même constat chez Show Kebab ou au Mexicain qui avait pris ce nom en espérant avoir le Cuauhtemoc face à son emplacement. Mauvaise pioche, ce trois-mâts barque sud-américain est cinq cents mètres plus loin. « L'Armada est trop étirée, il y a des trous partout. Les bateaux sont trop petits. Il en manque ! Les gens veulent des uniformes militaires car les marins sont synonymes de fiesta ». Un commentaire qui revient dans toutes les bouches et de chaque côté de la Seine.

Malgré ces espoirs déçus, l'Armada profite aux plus ambitieux et aux professionnels les plus expérimentés : un restaurateur au nez fin distribue depuis des mois des invitations pour l'apéro gratuit ; la bière coule à flot dans un pub irlandais qui a prévu concerts et animations. Sans oublier Bodega de l'Agglo et Cantina de la Ville - officiellement hors site - où les noctambules ont pris leurs quartiers d'été.

Bonne et mauvaise fortune

Rive gauche, les taverniers n'ont pas plus de vent dans les toiles. Ni marins et ni touristes à leurs tables. Un vrai pot au noir. Patrick Lerouilly est le responsable de l'Australian : 550 places d'accueil, 35.000 euros de location, 17.000 euros d'installation de cuisine ! Malgré ses trois cents couverts le midi et les quarante du soir, le restaurateur indépendant (incité à s'implanter sur l'Armada par une grande marque de bière) garde pourtant le moral. Hier, l'accostage, face à son enseigne, des matelots hollandais du Glaive apportera peut-être une bouffée d'oxygène. « J'ai été obligé de créer ma propre animation avec orchestre, nous avons le problème de la concurrence de deux sites hors Armada et surtout des bateaux restaurants : on est en train de tuer la poule aux œufs d'or ! » Là aussi, le personnel trinque : de vingt, les serveurs ne sont plus que neuf !

ALAIN LEMARCHAND
Armada 2003


 

PLUS LOIN
L'organisation commerciale s'explique
Armada 2003

L'organisation commerciale s'explique
Yves Asseline, directeur délégué du Comet et responsable de la commercialisation du site explique les raisons de ce départ. Si une clause de renonciation à recours met l'organisation à l'écart de toutes poursuites des commerçants installés sur l'Armada, certains d'entre eux voulaient mardi faire intervenir des huissiers pour constater les « trous » laissés par les rares navires manquant à l'appel. « Les « trous » sont un problème. Il manque de grosses cylindrées militaires », commente sobrement Yves Asseline. « Le prix des stands a augmenté. Mais 10 % en quatre ans, ce n'est pas énorme. Nous sommes passés d'une capacité de 6.000 places assises de restauration en 1999 à 10.000 en 2003. Pour 500.000 visiteurs jour attendus, ce n'est pas excessif. En revanche, le problème du rapport qualité prix et de certains tarifs pratiqués (lire Paris-Normandie de mercredi) est réel. Ce sont les commerçants qui tuent la poule aux œufs d'or ! Les restaurateurs oublient que la clientèle connaît les prix. A la deuxième visite les gens reviennent avec leur sandwiches et leurs boissons. » D'autres facteurs expliquent cette moindre frénésie de consommation : conjoncture économique défavorable, grèves qui ont, par exemple, grignoté les finances des enseignants, absence de certains touristes étranger. Les Américains par exemple.

Armada 2003
 
Armada 2003
En chiffres
Armada 2003
Le Comité d’organisation des manifestations économiques et touristiques gère la commercialisation du site Armada ainsi que la coordination de la communication et de la publicité.

Manger et boire: Restauration debout: 23 (17 en 1999); Brasseries de 100 places assises: 23 (17 en 1999); Restauration de 200 à 800m2: 13 (12 en 1999)

Location: 10.000 € le stand de restauration debout; 12.000 € la brasserie de 100 places; de 25.000 à 47.000 € pour les grands restaurants et brasseries.

Prix: entre1999 et 2003 les tarifs de location ont augmenté de 10% (source Comet)