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Quand l'Armada s'éveille, ils ont déjà parcouru
des kilomètres sur le site. Les nettoyeurs, sur le pied de
guerre à partir de 3 h 30 du matin à bord de leurs
camions, croisent les fêtards en fin de bordée sur
les quais.
Les lève-tôt font très attention aux couche-tard.
Laurent Dumont, chauffeur d'un véhicule de lavage, est vigilant
pour ne pas risquer de heurter un piéton. Heureux de travailler
pour la troisième fois sur l'Armada, même s'il doit
se lever encore plus tôt que d'habitude.
« J'arrive de nuit, et il y a le
spectacle, agréable à chaque fois. Mais je dois aussi
me concentrer. Des jeunes éméchés cherchent
parfois à s'accrocher au camion, des rollers aussi. »
« Tiens, voilà le Geronimo
de Kersauzon. Ah, et le bateau pirate. Il est sympa celui-là,
car on peut visiter l'intérieur. », commente
Laurent depuis sa cabine à la vue panoramique.
Scènes insolites
Cinq véhicules de ramassage, quatre pour le balayage, et
trois laveuses se succèdent quand le jour se lève
sur la majestueuse flotte. Bien avant que les balais sortent sur
les ponts, et le cérémonial de levée des couleurs.Pour
maintenir le site impeccable, des dizaines de personnes s'activent
jusqu'à huit heures du matin sur les deux rives, au milieu
des avitailleurs. Les entreprises concernées, Onyx, Bachelet
et Ipodec, sont bien rodées.
« Le plus difficile, c'est le week-end,
avec la foule qui arrive déjà de bonne heure et peut
gêner le passage. Et il y a un véritable lit de papiers
à récupérer. La semaine est plus calme »,
explique le responsable d'exploitation chez Onyx, Rémy Leblond.
Chaque jour, vingt-deux tonnes de déchets sont ramassées,
récupérées des trois cent vingt containers
installés pour les commerçants et les promeneurs.
La propreté passe aussi par l'entretien des sanitaires et
le pompage des eaux usées dans les bateaux. La société
d'Hervé Bachelet en a la charge. Elle gère l'entretien
des onze blocs de vingt WC et s'occupe de délester les navires.
Plus de trente personnes sont employées à ces tâches
pendant la durée de la manifestation.

Les opérations pourtant parfaitement réglées
peuvent parfois virer au bricolage. «
Chaque bateau dispose de systèmes de raccordement différents,
si bien qu'on doit s'adapter », précise-t-il.
Même chose lorsque les toilettes débordent et que la
rapidité d'intervention est entravée par les flux
de promeneurs.
Les hommes de l'ombre de l'Armada n'ont pas pour autant l'impression
de passer à côté de la fête. Ils profitent
de scènes insolites et de moments privilégiés.
Osé : un couple fait l'amour au petit jour contre un container.
Folklorique : vers 8 h, les marins du Dewaruci rejoignent la rive
gauche en chantant, pendant que le facteur Juan Carlos donne sa
« Xe » interview à TF1.
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