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« Belle Poule », « Étoile » : les jumelles de la mer
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Inséparables, les deux goélettes à huniers sont les deux plus grands voiliers de la Marine nationale. L’équipage des goélettes est formé de huit officiers, douze marins et trente cadets (photo PN/Thibault Rousseau)
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Sisters ship, le surnom de la Belle Poule et de sa jumelle l’Étoile n’est pas usurpé. Elles sont sœurs, dans les bons et dans les mauvais coups, comme lors de la dernière petite infortune en date, pendant la remontée de la Seine.
« A vouloir suivre le rythme soutenu du Sagres II, on s’est mis dans le rouge. On a cassé une courroie moteur. Nous nous sommes mis à couple avec la Belle Poule et l’on a fait route ensemble, le temps de réparer », détaille le commandant Patrick Curadeau. Bel exemple de voiliers solidaires.

Aujourd’hui à quai, entre le Marité et le Sorlandet, les deux goélettes de la marine nationale restent collées l’une à l’autre, comme des siamoises.
Elles sont belles, entièrement en chêne, doublées de cuivre sur les œuvres vives. Construites par le chantier naval de Normandie à Fécamp, elles reproduisent les caractéristiques des « Paimpolaises », qui pêchaient la morue sur les bancs d’Islande. Seuls les aménagements intérieurs ont été modifiés pour l’hébergement de l’équipage, des élèves en instruction et pour l’installation du compartiment des machines.

Un œil exercé de vrai marin peut noter entre les deux bâtiments, une ou deux mini différences. En tout cas, le pavillon frappé de la croix de Lorraine, des forces navales françaises libres, qui flotte au bout de leur beaupré, rappelle leur engagement pendant la guerre.

Se voir naviguer

Les deux goélettes se manœuvrent à l’ancienne. Les mâtures en pin d’Orégon collé, supportent une voilure en tergal de 450 m2. Les deux bâtiments ne tournent pas le dos aux progrès techniques. La Belle Poule et l’Étoile ont adopté le Bombard comme canot de sauvetage. Les admirer du quai, mollement balancées par le clapot dans le port, c’est déjà rêver. « C’est vrai »- atteste le commandant Monnier- : «Beaucoup de gens rencontrés un peu partout, nous disent qu’ils laissent filer leur imagination, une fois à bord. Ils se voient à nos cotés, doubler le cap Horn, en pleine tempête. C’est magique ».

Émerveillé, Maurice un ancien navigant, l’un des premiers visiteurs à prendre pied samedi sur le pont de l’Etoile s’est un instant rejoué un virement de bord. Paré à virer, vent devant. A gauche 30… Focs dessous. Le virement est assuré.

En mer, chacun des équipages peut se voir naviguer et admirer la grâce de son voilier comme dans un miroir. Il a le reflet presque parfait de son navire. Les sorties en groupe prennent parfois l’allure d’une régate. Il n’y a pas un moment où chacun des marins à son poste ne cherche à améliorer la marche de son bateau.

Si l’Étoile envoie son clinfoc espérant que ces petits mètres carrés feront la différence, sur la Belle Poule on contre attaque et les gabiers grimpent dans les filets du beaupré pour envoyer le leur.

Une semaine à terre. Profiter de la fête. Bientôt, il faudra renfiler le bleu de chauffe. Rester dehors, nez dans le vent et sous la bruine.

SERGE ORTOLÉ



 

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PLUS LOIN
La boutique du «chinois»
Armada 2003

L’équipage des goélettes est formé de huit officiers, douze marins et trente cadets. Sur les navires de la Royale, l’un des officiers mariniers est parfois surnommé le «chinois». C’est en quelque sorte le boutiquier qui aux escales vend notamment aux visiteurs les tee-shirts marqués au nom de la goélette. La tenue de la coopérative de bord n’est pas bien entendu son activité principale.