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| Johnny Clegg transpose lArmada
au Zululand |
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| Le chanteur Johnny Clegg incarne la lutte
contre lapartheid depuis les années quatre-vingt. Aujourdhui,
le «zoulou blanc» se bat contre la mondialisation. |
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| Disponible, patient et souriant,
le «danseur guerrier» est toujours aussi altruiste (Photo
PN/Christian Cariat) |
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Johnny Clegg appartient à
lHistoire, à la légende et au présent.
Hier, le «zoulou blanc» sest invité à
lArmada de Rouen.
Cet Anglais, incarnant la lutte contre lapartheid avec les groupes
Juluka et Savuka au début des années quatre-vingt,
est arrivé sur le bassin Saint-Gervais avec le sourire. Simplement
vêtu (sweat et baggies) durant laprès-midi pendant
les balances, avec quelques heures de décalage horaire dans
les jambes, lartiste est modeste et curieux. Il souhaite mieux
connaître la capitale haut-normande, où il est déjà
venu en1988 et1990.
Paris-Normandie: Vous intéressez-vous à la navigation,
aux bateaux?
Johnny Clegg: Je suis un vrai
mauvais
navigateur («mort de honte», il se cache derrière
ses mains). Jallais à la pêche avec mon père,
au Cape Town (Afrique du Sud). Mais une fois, jai bien failli
retourner le bateau. Depuis, je nen fais plus. En revanche,
je nai pas pu mempêcher daller voir les voiliers
amarrés sur les quais de Seine. Ils sont magnifiques. Je connaissais
lArmada de réputation, maintenant jy suis!
P. N.: Avez-vous entendu parler du mouvement mené par
les intermittents du spectacle?
J. C.: Jai vu quelques reportages
à la télévision effectivement. Le gouvernement
fragilise leur statut
Cest bien de cela dont il sagit?
Si cest le cas, je crois quils ont raison de se battre.
P. N.: Quel est le message de votre dernier album, «New
world survivor» (2003), maintenant que lAfrique du Sud
a obtenu son indépendance?
J. C.: Le contexte social est très
difficile partout et pour tout le monde. Nous devons pourtant survivre.
Mon disque propose des manières de se défendre.
P. N.: Êtes-vous toujours aussi engagé? Quel est
votre combat aujourdhui?
J. C.: Je ne suis plus le militant des
années quatre-vingt. Le monde est nouveau et, aujourdhui,
nous devons chercher un moyen de construire le XXIesiècle sans
mettre en péril les traditions et les identités des
peuples. La mondialisation, ça me fait peur. Ce principe ne
répond pas aux attentes des gens. Tout le monde se pose des
questions, des interrogations humainement profondes. Je pense que
les populations ont besoin de valeurs sûres. Or, la globalisation
nen est pas une. Ce nest pas en devenant de simples consommateurs
que les gens trouveront leur véritable identité.
P. N.: Pensez-vous que votre musique adoucit les murs?
J. C.: Elle donne des alternatives. Ma
seule certitude: plus vous parlez de langues, plus vous faites tomber
de barrières. |
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| PROPOS RECUEILLIS PAR JANE
KOTB |
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PLUS
LOIN
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| Johnny
Clegg, l'éternel ambassadeur du Zululand |
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Après dix ans déclipse, Johnny Clegg revient sur
la scène rock avec un nouvel album, New world order. Hier soir,
lartiste a troqué son «costume de guerre»
contre un complet noir et une guitare rouge. Le «Zoulou blanc»
au nouveau look sérieux a transposé le bassin Saint-Gervais
au Zululand.
«Je nai pas chorégraphié
mon spectacle mais nous dansons toujours autant», prévenait-il
hier après-midi au moment des balances. Cest vrai. «Il
se dépense, la choriste aussi! Mais dites-moi, il naurait
pas un peu grossi, Johnny?», demande Emmanuelle, une
ancienne fan qui redécouvre Johnny Clegg, qui est à
laise dans ce concert en plein air. «Si,
si
», répond une dame dans le public, qui
a du mal à reprendre les refrains. La spectatrice est quand
même en accord avec le rythme: elle claque des doigts et tape
des pieds.
Lartiste né en Angleterre mais vivant depuis toujours
à Johannesburg, a interprété une dizaine de ses
derniers titres mais il a tenu à faire plaisir au public de
lArmada. «Je suis conscient
du fait que les gens viennent entendre les tubes des années
80», confiait-il avant de monter sur le podium de la
Région. Les spectateurs ont donc marqué la cadence sur
Scaterlings of Africa, Asibonanga, One Man, One Vote et dautres
morceaux qui ont incarné la lutte contre lapartheid en
Afrique du Sud. |
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