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Le pèlerinage de l’aviateur de l’US Air Force
Armada 2003
 
Armada 2003
US Air Force
Armada 2003
«Tous ces voiliers, ici à Rouen, ça permet de mieux se connaître», estime l’ancien aviateur (photo PN/Christian Cariat)
Armada 2003
L’Armada est le merveilleux théâtre de retrouvailles. Ainsi, les Américains d’Albuquerque (état du Nouveau Mexique) Harold et Margaret Kious vivent leur seconde Armada. Mais ont une autre raison de se rendre sur notre continent…

Novembre1942. Harold Kious est copilote d’un bombardier Boeing B17 Forteresse volante basé près de Cambridge, en Angleterre. La huitième mission de l’équipage, sur Hamm, en Allemagne, tourne mal. «Au retour, touché par la flak (NDLR: la défense antiaérienne) le B17 volait lentement. Des chasseurs Messerchmitt et Focke Wulf nous ont entourés. L’avion en feu, nous avons sauté en parachute…» Ceux qui le pouvaient encore. Quatre Américains s’écrasent avec la Flying Fortress. Harold tombe près du rivage du Waddenzee, en Hollande. «L’eau était à 1 degré. Au bout de quelques minutes, je suis devenu inconscient», se souvient le grand Américain.

La Grande évasion

Un ferry boat survient. L’équipage hollandais, des passagers, se précipitent pour sauver l’aviateur dérivant sur son radeau de survie plein d’eau glacée. Des militaires allemands leur ordonnent de laisser se noyer «ce terroriste». «Les Hollandais ont désobéi et m’ont porté secours…», n’a jamais oublié Harold Kious.

Durant vingt-sept mois, l’aviateur est prisonnier de guerre en Allemagne, dans le stalag immortalisé par le film La grande évasion, le Luft III. «Il y a eu trois tunnels, soixante-seize hommes ont fui, trois ont pu rejoindre les Alliés. Et cinquante ont été fusillés.» Harold, de toute façon transféré dans un autre camp, est libéré par l’armée Patton, retourne faire des études, puis réussit dans les affaires.

Ce n’aurait pu être qu’une belle histoire américaine. Mais en 1986, des habitants du village hollandais de son sauvetage retrouvent «leur» Américain. Et c’est ainsi que, depuis, Harold (cette année 86 printemps) accompagné de son épouse Margaret, revient au petit port de Oudeschild, dans les îles Texel, aux Pays-Bas. «J’en reviens pour la dix-huitième fois. Seul, parmi les sauveteurs, un villageois de 82 ans est encore vivant.»

Les Kious ont rencontré leurs amis Patrick et Nina Herr en 1994, lors du 50e anniversaire du Débarquement. «A L’Armada, notre favori, c’est le Cuauhtemoc, du Mexique, le grand pays voisin d’Albuquerque. Tous ces voiliers, ici à Rouen, ça permet de mieux se connaître. Et nous, ça nous permet de poursuivre notre séjour en Europe par votre France, que nous aimons, comme tant d’Américains», lance Harold, chaleureusement approuvé par Margaret.

L’ancien de l’US Air Force ne mentionne pas, en revanche un fait: depuis le décès du marin pêcheur hollandais l’ayant personnellement sauvé, il verse une pension à sa veuve, là-haut, à Oudeschild.
Armada 2003
FRANÇOIS HENRIOT


 





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