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« Belem », 107 ans et toutes ses vergues
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Bateau chéri des Rouennais et des Français, le «Belem», doyen de l’Armada, affirme sa vocation de navire-école. Et de passerelle vers le monde de la mer.
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Le « Belem » est le plus ancien bateau français qui navigue encore
(Photo PN/Thibault Rousseau)
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« N’allez pas écrire que je suis en vacances, mais sur le Belem, je n’ai pas l’impression de travailler. » Pacha du Belem depuis six mois, Jean-Pierre Boin est un passionné. Passionné par la mer et par le navire qu’il commande.
Le marin n’a pas hésité à quitter sa retraite tahitienne quand on lui a proposé de prendre le commandement du Belem. Terminé les doigts de pied en éventail. « J’ai mis mes claquettes à la poubelle, je suis retourné à l’école et j’ai repris mon sac. »

Marin dans la royale pendant trente et un ans, le capitaine de corvette s’était retiré en Polynésie où il a exercé son dernier commandement de militaire, sur le remorqueur ravitailleur Revi, basé à Papeete. Avant de reprendre du service, par affection pour une vieille dame, le Belem. « Il s’agit du plus ancien bateau français qui navigue encore », souligne Jean-Pierre Boin : « Tout le monde y est très attaché, c’est un monument historique vivant, une perle rare. » Un navire ancien pourtant en parfait état, « au top de la navigation maritime où rien n’est laissé au hasard, même si les visiteurs peuvent en avoir l’impression, grâce notamment à notre mécène, la Caisse d’Epargne ».

Entre samedi et jeudi matin, huit mille visiteurs se sont précipités sur le pont du navire. Une affaire de cœur entre les Rouennais et le bateau aux quatre Armadas.

Quatre marins permanents

Monument de l’histoire maritime, le Belem est aussi et surtout un navire-école. « Six mois dans l’année, nous embarquons des stagiaires. L’idée est de faire découvrir le monde de la mer aux gens qui embarquent. Ils participent à la vie de l’équipage, aux manœuvres dans la voilure, sur le pont, la mature, à la veille aussi », explique le commandant Bouin, « mais il s’agit aussi de partager une vie sociale, avec ses plaisirs et ses contraintes. »

L’an dernier, deux cent cinquante stagiaires ont participé à l’odyssée Atlantique. Pour la Méditerranée, de juillet à septembre, quarante-trois moussaillons sont déjà inscrits. « Il faut avoir au minimum quatorze ans. Au dernier stage, nous avions un équipier de 82 ans », s’amuse Jean-Pierre Boin.

L’équipage proprement dit n’est en fait composé que de quatre permanents : le commandant, son second, le chef-machine et le bosco. Les douze autres, officiers, gabiers, matelots et cuisiniers embarquent le temps de la campagne, d’avril à septembre. Et reviennent parfois l’année suivante.
Jean-Pierre Boin vit sa première Armada. Il a été commandant de l’Etoile, mais entre deux rassemblements. « Je ne pense que du bien de cette manifestation, cela me fait plaisir que l’on arrive à rassembler toutes ces pièces de collection. » L’occasion aussi pour tous les capitaines de se rencontrer, de s’inviter, d’échanger des idées. « Nous avons un problème avec notre radar sur le mât de misaine, j’ai envoyé mes gars faire des repérages sur les autres bâtiments pour trouver une solution. »

OLIVIER CASSIAU


 

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PLUS LOIN
Né sous une bonne étoile
« C’est un bâtiment qui respire l’histoire », souligne le commandant Boin, assis dans le fauteuil de cuir de Guiness, le brasseur de bière un temps propriétaire du bateau.

Plus vieux des voiliers français, le Belem a bien failli sombrer plusieurs fois, et notamment lors de sa première campagne en 1896. Il remonte de Montévidéo. La bateau est très endommagé et manque de couler.

Cinq ans plus tard, le 1 er juin 1902, le Belem se dirige vers Saint-Pierre de Martinique. Le commandant est un sanguin. Sa place dans la rade est prise, et vexé il se dirige vers l’Anse Robert.

Le 2 au matin, la Montagne Pelée entre en éruption. La nuée ardente dévale le volcan. Les navires au mouillage prennent feu et sombrent. Tous, sauf le Belem et un bateau commandé par un Sicilien.