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Fidèle
à son image, et au rendez-vous. Cette fois encore, Olivier
de Kersauson est là. Avec son équipage et lIndien
à voiles Geronimo, catamaran géant et conquérant
amarré au milieu des grands voiliers dun autre temps.
Le verbe toujours facile, la vanne gentille ou acérée,
comme une façon de se protéger, le marin garde la
tête froide. Plus sensible aux vraies conversations quaux
ronds de jambe, il aime à livrer ses impressions. Brut et
doux à la fois, celui que les médias courtisent en
lui donnant de lamiral, sait dabord se mettre au niveau
le plus humble, celui de la mer.
« La foule est bon enfant
»
Jetant un coup dil bleu sur les quais, le skipper sémerveille
encore. « La foule est bon enfant, le pas nest pas
pressé, parce que personne nattend un spectacle. Ils
viennent chercher quelque chose quils ont en eux
Ils
visitent leurs rêves. Quelque chose de collectif et dintérieur,
ce qui donne ce truc paisible
».
Poète daccord, mais la joie dabord. A terre,
Kersauson écume le béton dune échelle
de coupée, sympathise avec tous, met son grain de sel et
goûte son plaisir en connaisseur. « Les marins sont
des absents, donc ils ont toujours tort. Mais quand ils sont présents,
ils souvrent au monde, et ça fait du bien ».
La nuit et sur les ponts, le ton des libations, loin de la beuverie
ou dun carnaval débauché, ressemble plutôt
à une fête où tout est permis, sauf déraper.
« Il y a tout de même une réserve de six mille
hommes déquipage. Il ne sont pas anonymes, appartiennent
à un bateau, une nation. Cest lanonymat qui fait
que les gens se tiennent mal
Moi, je passe des moments sublimes ! »
« Ça ne sest pas usé ! »
Homme du détail, les grands catamarans ne supportant pas
lapproximation, Kersauson observe avec passion. Il rend hommage
aussi, au fleuve et à son ami. « Il y a moins de
mer dans cette manifestation que dans certaines autres, mais elle
est gratuite ! Et Patrick Herr, est le premier visiteur de lArmada,
toujours aussi enthousiaste. Sans lui, je ne vois pas
Et puis
ça ne sest pas usé ! Létonnement
reste, même si on connaît les bateaux. LArmada
est même devenue une institution, un rendez-vous unique et
une promesse. Car la ville se transforme complètement, et
sans cela, il aurait fallu des années de plus
»
Quant à lavenir de la manifestation au-delà
de la parade de dimanche, « dune élégance
formidable, unique au monde » -, Olivier de Kersauson
lenvisage avec sérénité. « Si
les marins se faisaient chier à Rouen, ça se saurait
vite, car cest un milieu où on se parle beaucoup
Ici, les gens se font leur film a nimporte quelle heure, sans
contrainte. Il ny a pas davant ni daprès,
cest dix jours de possibles ! »
Daventures immobiles, de coups de cur et de danse, de
rencontres et de sensations. Les souvenirs viennent plus tard, toujours
ARNAUD FAUGÈRE
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