Kersauson et les visiteurs du rêve
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Parrain de l’Armada, il n’en a pas raté une édition. Olivier de Kersauson, à la veille de la parade finale, livre ses impressions : « Quelque chose de collectif et d’intérieur… » .
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Olivier de Kersauson, le «Sagres II» portugais en toile de fond, aime l’Armada
jusqu’à y passer ses jours et ses nuits… (Photo PN)
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Fidèle à son image, et au rendez-vous. Cette fois encore, Olivier de Kersauson est là. Avec son équipage et l’Indien à voiles Geronimo, catamaran géant et conquérant amarré au milieu des grands voiliers d’un autre temps.

Le verbe toujours facile, la vanne gentille ou acérée, comme une façon de se protéger, le marin garde la tête froide. Plus sensible aux vraies conversations qu’aux ronds de jambe, il aime à livrer ses impressions. Brut et doux à la fois, celui que les médias courtisent en lui donnant de l’amiral, sait d’abord se mettre au niveau le plus humble, celui de la mer.

« La foule est bon enfant… »

Jetant un coup d’œil bleu sur les quais, le skipper s’émerveille encore. « La foule est bon enfant, le pas n’est pas pressé, parce que personne n’attend un spectacle. Ils viennent chercher quelque chose qu’ils ont en eux… Ils visitent leurs rêves. Quelque chose de collectif et d’intérieur, ce qui donne ce truc paisible… ».

Poète d’accord, mais la joie d’abord. A terre, Kersauson écume le béton d’une échelle de coupée, sympathise avec tous, met son grain de sel et goûte son plaisir en connaisseur. « Les marins sont des absents, donc ils ont toujours tort. Mais quand ils sont présents, ils s’ouvrent au monde, et ça fait du bien ».

La nuit et sur les ponts, le ton des libations, loin de la beuverie ou d’un carnaval débauché, ressemble plutôt à une fête où tout est permis, sauf déraper. « Il y a tout de même une réserve de six mille hommes d’équipage. Il ne sont pas anonymes, appartiennent à un bateau, une nation. C’est l’anonymat qui fait que les gens se tiennent mal… Moi, je passe des moments sublimes ! »

« Ça ne s’est pas usé ! »

Homme du détail, les grands catamarans ne supportant pas l’approximation, Kersauson observe avec passion. Il rend hommage aussi, au fleuve et à son ami. « Il y a moins de mer dans cette manifestation que dans certaines autres, mais elle est gratuite ! Et Patrick Herr, est le premier visiteur de l’Armada, toujours aussi enthousiaste. Sans lui, je ne vois pas… Et puis ça ne s’est pas usé ! L’étonnement reste, même si on connaît les bateaux. L’Armada est même devenue une institution, un rendez-vous unique et une promesse. Car la ville se transforme complètement, et sans cela, il aurait fallu des années de plus… »

Quant à l’avenir de la manifestation — au-delà de la parade de dimanche, « d’une élégance formidable, unique au monde » -, Olivier de Kersauson l’envisage avec sérénité. « Si les marins se faisaient chier à Rouen, ça se saurait vite, car c’est un milieu où on se parle beaucoup… Ici, les gens se font leur film a n’importe quelle heure, sans contrainte. Il n’y a pas d’avant ni d’après, c’est dix jours de possibles ! »

D’aventures immobiles, de coups de cœur et de danse, de rencontres et de sensations. Les souvenirs viennent plus tard, toujours…

ARNAUD FAUGÈRE


 

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