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La
cuisine du Dewaruci est à la mesure de léquipage
de la goélette indonésienne : petite et chaleureuse.
Sous le pont, piétiné depuis une semaine par des milliers
de visiteurs contraints de se contenter du seul plaisir de humer
les effluves pimentées, six cuistots mettent le feu aux gamelles.
Au coin du fourneau, dans une marmite effilée comme un chapeau
chinois, le pili-pili fume en permanence. Kusyanto, premier sergent,
veille sur ses troupes. Par équipe de trois, les « fricasseurs »
se relaient dans le carré culotté par la vapeur huileuse.
Cest ici, que mijote la nourriture des cent vingt marins du
trois-mâts.
Au menu et à la carte, du lundi au dimanche : riz. « Comme
vous les frites ou le pain. » Akmal, le lieutenant -commandant
du bateau, sourire éblouissant et taille mannequin, avoue
succomber à la tentation des « delicious french
baguettes », mais vante les vertus alimentaires asiatiques
Dans le bain dhuile frétillante, des têtes de
rougets barbets gonflent gentiment. « Nous servons du poisson
pratiquement à tous les repas. Et de la viande seulement
une fois par semaine, du poulet ou du boeuf. » Le soja,
aussi, est omniprésent dans les assiettes : « Très
bon pour la santé », insiste Kusyanto qui essaie
de varier lordinaire avec un maximum de légumes exotiques
comme le choux chinois. Le tout rehaussé à coup de
piments mélangés à des tomates.
Cuisine diététique
Mais, en mer, loin des sources dapprovisionnement en frais,
le nasigoreng (riz relevé dépices) reste le
quotidien des marins qui nont même pas lexcuse
de manger « piquant » pour mieux se désaltérer.
Dans les tasses et les gobelets, ni vin ni bière mais du
thé, du café et de leau. Religion musulmane
oblige.
Alors, cuisine de régime ? « Pas du tout, simplement
une cuisine diététique conforme à notre genre
de vie et à nos traditions. »
Au milieu des invités, à lair libre, les hommes
du Dewaruci dansent, sanglés dans leur uniforme seyant. A
coup sûr, les coutures ne supporteraient pas quelques grammes
de plus !
BERNADETTE MULLER
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