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« La
navigation, cest comme un virus : une fois que lon a
commencé, on ne peut plus sarrêter
».
Syoerd van der Berg, commandant du trois-mâts goélette
néerlandais Mare Frisium, a suivi un parcours un peu particulier.
Contrairement à la plupart des « pachas », il
na pas grandi dans la marine. La passion pour la mer, maladie
souvent héréditaire, nest venue à lui
que plus tardivement.
« A 23 ans, je travaillais à lusine. Je navais
jamais mis les pieds sur un bateau. Cest alors quun
gars de lusine commence à me raconter sa vie en mer.
Il avait été marin pendant un an et demi, et men
parlait tous les jours.
Au bout dun an de récits plus impressionnants les uns
que les autres, la tentation était trop forte : plutôt
que de vivre ses aventures par procuration, je voulais enfin naviguer
à mon tour ».
Cest ainsi quil a contracté non pas le mal de
mer, mais la maladie de la mer. A 24 ans, il sembarque sur
un premier bateau. A 28, il devient capitaine. Aujourdhui,
à 32 ans, cet homme dirige le Mare Frisium et son équipage :
un marin et deux jeunes filles.
La tête froide
Amoureux de son métier, Syoerd arbore encore le sourire rayonnant
dun enfant à la découverte du monde : le simple
fait dêtre sur un bateau lui donne des ailes.
Pourtant, malgré son expérience, il garde la tête
froide. « Vous trouverez meilleur marin que moi : je ne
cherche pas la prouesse technique. Ma conduite est sûre et
posée, et je pense être un bon capitaine. Mais ce qui
mintéresse nest pas seulement la direction du
bateau, mais surtout la vie à bord ».
Cest avec la même humilité quil décrit
son arrivée à Rouen : « Le trajet jusquau
port ma beaucoup impressionné ! Le paysage est magnifique,
et cétait émouvant de voir autant de gens nous
faire des signes de bienvenue depuis les berges ».
Comme son bateau, cest la première fois quil
vient à Rouen pour lArmada, et bien que le port industriel
lui rappelle celui dHamburg, il est tombé sous le charme
de la vieille ville. Ravi de participer à lévénement,
le « pacha » repartira dimanche pour la Hollande. Dici
là, attention, cette passion est visiblement très
contagieuse !
ANNE-SOPHIE RIFFAUD
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