Tryo solidaire des intermittents
.

La musique festive de Tryo a régalé plus de 70.000 personnes
hier soir sur les bords du bassin Saint-Gervais (photo PN/Alain Lefebvre)
.
« Est-ce que vous êtes toujours là, Rouen ? » Une marée de bras tendus vers le crépuscule s’agitent. Plus de 70.000 spectateurs sont venus écouter la déferlante Tryo, groupe en pleine ascension qui marie ragga et acoustique. Il faut dire que La Familia a bien secoué l’assemblée à coups de rythmes salsas et mélodies aux saveurs cubaines. Le soleil rentre dans les cœurs, la plage n’est plus loin. Un prélude idéal pour le quatuor français, venu avec en poche son dernier album, Grain de sable.

Noir total

Sur un décor exotique planté de palmiers et de flambeaux, Tryo est dans son élément, grappillant ses inspirations aux quatre coins du monde : reggae, jazz ou percussions afros. C’est parti pour un feu d’artifice de borborygmes, onomatopées et autres bizarreries vocales : on reconnaît la patte Tryo, qui fait son originalité et sûrement son succès.

La groupe assemble nouvelles mélodies et d’autres plus anciennes que le public fredonne, telle "Faut que je respire" ou encore "Je suis accro". Et puis c’est l’extinction des feux. Le vide. Le noir total. Tryo quitte la scène par solidarité pour les intermittents du spectacle, pour faire passer le message d’une façon radicale. Le public est déçu mais c’est aussi ça Tryo. Un engagement. A l’image de leur nouvel album évoquant tour à tour Israël, l’obésité, la Cogema et la télévision abêtissante.

Mais la bouderie ne dure pas longtemps. Les artistes reviennent au bout d’un quart d’heure, histoire de marquer le coup. Le message est bien passé. Et Tryo repart en trombe et se fend de remerciements. « Merci de ne pas être devant la télé ce soir. » C’est plutôt le public qui remercie pour cette alternative festive.

CÉCILE POURE


 

LE PROGRAMME OFFICIEL
116 pages en couleurs :
une mine de renseignements pour tout savoir sur l'Armada. En vente sur le site.
Bon de commande