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« Est-ce
que vous êtes toujours là, Rouen ? » Une
marée de bras tendus vers le crépuscule sagitent.
Plus de 70.000 spectateurs sont venus écouter la déferlante
Tryo, groupe en pleine ascension qui marie ragga et acoustique.
Il faut dire que La Familia a bien secoué lassemblée
à coups de rythmes salsas et mélodies aux saveurs
cubaines. Le soleil rentre dans les curs, la plage nest
plus loin. Un prélude idéal pour le quatuor français,
venu avec en poche son dernier album, Grain de sable.
Noir total
Sur un décor exotique planté de palmiers et de flambeaux,
Tryo est dans son élément, grappillant ses inspirations
aux quatre coins du monde : reggae, jazz ou percussions afros. Cest
parti pour un feu dartifice de borborygmes, onomatopées
et autres bizarreries vocales : on reconnaît la patte Tryo,
qui fait son originalité et sûrement son succès.
La groupe assemble nouvelles mélodies et dautres plus
anciennes que le public fredonne, telle "Faut que je respire"
ou encore "Je suis accro". Et puis cest lextinction
des feux. Le vide. Le noir total. Tryo quitte la scène par
solidarité pour les intermittents du spectacle, pour faire
passer le message dune façon radicale. Le public est
déçu mais cest aussi ça Tryo. Un engagement.
A limage de leur nouvel album évoquant tour à
tour Israël, lobésité, la Cogema et la
télévision abêtissante.
Mais la bouderie ne dure pas longtemps. Les artistes reviennent
au bout dun quart dheure, histoire de marquer le coup.
Le message est bien passé. Et Tryo repart en trombe et se
fend de remerciements. « Merci de ne pas être devant
la télé ce soir. » Cest plutôt
le public qui remercie pour cette alternative festive.
CÉCILE POURE
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