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Raz de marée sur les berges
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Rive droite, rive gauche, même spectacle hier. Des milliers de personnes ont salué le passage des navires dans une ambiance bon enfant.
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Sous un ciel laiteux, les navires quittent le port normand
non sans laisser quelques nostalgiques (Photos PN/Alain Lefebvre)

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«Branle bas de combat, tout le monde à son poste ». A Sahurs, sur le chemin de halage, noyé de monde alors qu'il n'est que 9 h du matin, c'est l'empereur en personne qui donne les ordres.

A l'approche du Tenacious, un carré de grognards, costume un peu fripé, se met en place..

Le canon tonne. Napoléon d'Armada, Jean-Claude dirige la manœuvre du salut au trois-mâts barques anglais : « On sort le drapeau et on diffuse l'hymne national. Pareil pour tous les navires », commente-t-il, les yeux rivés à ses jumelles braquées vers Rouen.

La garde est impériale : « Pas mal pour des soldats qui ont fait la retraite de Russie », ironise encore l'empereur.

C'est une fête immense. « Voila trois mois que nous préparons ce moment », explique le maire de Sahurs, Guy Da Lage. Sa commune s'est associée à La Bouille, sa voisine d'en face, pour donner encore plus de relief à cette lente procession des voiliers vers la mer.

Au hameau de La Fontaine, la Seine forme un coude. L'endroit à des allures de plage méditerranéenne. Au moins deux mille personnes y sont installées. Michel, de Montville, est aux premières loges. Il pointe chaque passage et annonce les suivants : « J'ai une vue panoramique. » Sa voix est brusquement couverte par les « Alphajet » de la patrouille de France, accrochant au ciel un ruban tricolore.

Dans le cadre

Côte à côte, Marie-France et Jeanine, ne perdent pas une miette du spectacle. Elles sont venues à pied de Saint-Pierre-de-Varengeville. Duclair est en vue. La foule est massée à l'embarcadère du bac. Véronique a des problèmes de visée avec son appareil photo : « J'ai le nez, ou le derrière, jamais le bateau entier », se désole-t-elle. Le La Fayette lui file sous le nez. Elle n'a pas plus de chance avec le Lutjens : « Il est trop gros, il n'entre pas dans le cadre. J'aurais du prendre un banc ».

D'autres spectateurs fixent dans l'écran de leur caméra numérique le Dewaruci. Les marins Indonésiens dansent sur le pont. Quatre, sécurisés par un harnais, se trémoussent sur le mât beaupré.

Midi à Caudebec-en-Caux, une armée de caravaniers a pris position sur la rive. C'est l'heure du casse-croûte. Deux motards parisiens déboulent sur la zone portuaire, juste à temps pour applaudir le Cuauhtemoc.

Dernier voilier, dernier adieu. La parade s'achève. Jean range sa chaise pliante, le cœur à marée basse...

Serge Ortolé



 

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