LE PROGRAMME OFFICIEL
116 pages en couleurs :
une mine de renseignements pour tout savoir sur l'Armada. En vente sur le site.
Bon de commande
 
Le train de sénateur
du « Christian Radich »
.

Lentement, le magnifique trois-mâts-carré « Christian Radich » s’éloigne.
Aux saluts des bateaux à la sortie du port succédera les hourras
de la foule massée sur les berges jusqu’à l’estuaire (photo PN/Alain Lefebvre)

.

Petit matin hier, parmi les touts premiers grands voiliers à quitter les quais de Rouen, le norvégien Christian Radich embarque 186 passagers et autant d’appareils photos. Les mines pas très éveillées cachent encore la joie de participer à la grande parade à bord de ce magnifique trois-mâts-carré.

Sous un ciel voilé de nuages, les cadets passent en revue les ponts impeccables. Le regard rivé sur la mâture, un retraité s’émerveille. « C’est incroyable, la longueur des cordages, on se demande comment ils font pour ne pas se tromper… »

7 h 50, l’heure de départ est strictement respectée. Sophie et Anthony disent au revoir à leurs parents, pendant que leur navire largue les amarres. La jeune fille, une des quatre salariés de l’Armada, reçoit une belle récompense pour bons et loyaux services.

« Je vais jusqu’à Honfleur avec le Radich, et ensuite je rejoins Le Havre en voiture pour monter sur le Stad Amsterdam. Trois jours de vacances jusqu’en Hollande. »

Lentement, le grand voilier s’éloigne, escorté par une sympathique flottille, sous le regard envieux de ceux qui restent à quai. Sur le Radich, un petit déjeuner est servi vers 9 heures et les langues commencent à se délier autour des tables fleuries.

« Un mythe tombe »

« C’est incroyable, un mythe tombe… moi qui pensait que tous les Norvégiens étaient grands et blonds », lance une invitée aussi pomponnée que retournée, en détaillant le physique des marins.

Noëlle, qui vient de fêter ses 40 ans sur l’Armada, réalise un grand rêve. Cette formatrice chez Renault photographie la parade pour l’Association des Amis des Grands Voiliers. Mais surtout, son voyage va la mener jusqu’en Norvège. « C’est mon cadeau, je vais jusqu’à Molde. J’ai laissé mon mari et mes enfants et je rentre le 22 juillet ».

Le long du fleuve, les surprises se multiplient. Aux saluts des bateaux à la sortie du port succèdent les hourras de la foule massée sur les berges à partir de La Bouille. Céline, commerciale pour le traiteur du bateau, se rince l’œil des belles demeures aperçues çà et là. Le fracas de la Patrouille de France retentit soudain. A midi, un méandre passé, Noëlle capture l’image de la majestueuse abbaye de Jumièges.

A midi, déjeuner, et pendant que la queue s’allonge derrière le buffet, une cadette norvégienne offre du spectacle aux affamés, en redescendant des mâts avec l’aisance de Catwoman. Sophie, sur le pont supérieur, à l’œil soudain attiré par le pont de Brotonne. Passera, passera pas ? Le Radich franchit bien sûr l’ouvrage sans encombres, pendant que retentit encore l’hymne norvégien sur une rive.

A raison de 12 km par heure, Honfleur est encore à 3 heures de navigation. Trois heures de bonheur.


VÉRONIQUE BAUD



 

LE PROGRAMME OFFICIEL
116 pages en couleurs :
une mine de renseignements pour tout savoir sur l'Armada. En vente sur le site.
Bon de commande