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Le « Dar Mlodziezy »
soigne sa parade

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Le géant polonais a descendu le fleuve dans un ballet très bien réglé. Sur les berges, la foule salue le trois-mâts dans un joli brouhaha.
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Le « Dar Mlodziezy » remonte lentement la Seine.
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Il est 8 heures. Une trentaine de cadets se dirigent vers la proue du Dar Mlodziezy. Le départ est prévu dans 25 minutes et il est temps de relever les haussières.
Le ballet est bien réglé, sans fausse note. Seuls quelques passagers imprudents gênent la manœuvre… Classique.

STenues de travail blanches et harnais sur le dos, les cadets enroulent les bouts sur le pont, avec précaution et dextérité. Quelques minutes plus tôt, en grand uniforme, cinquante-cinq d’entre eux ont débarqué pour laisser la place aux passagers civils. A l’arrière, une dizaine d’apprentis-officiers relèvent l’échelle de coupée. Cette fois, le lien avec la terre ferme, avec les quais rouennais, est rompu pour quatre ans.

Le sifflet du gabier

Les cadets s’alignent sur le pont comme à la parade. La Seine s’agite sous la force des hélices. Un ordre est lancé dans le haut-parleur, et le sifflet du gabier crève le petit matin. Tel un essaim d’abeilles ouvrières les cadets s’ébrouent vers la verticale des échelles accrochées aux mâts. Les marins polonais font le spectacle, lancent des hourras au public massé sur les quais, sont salués aussi par les gars de la Royale sur le Primauguet. D’autres continuent la manœuvre, le bateau s’éloigne lentement. Les cadets enroulent déjà les haussières qui les ont liés pendant dix jours à la grande fête de l’Armada.

Le Dar Mlodziezy n’a pas encore quitté le port que les cadets retrouvent le pont où du travail les attend. Tout le monde s’agite, tire et hisse… Sur les berges, des orchestres saluent le trois-mâts, mélange disparate de musiques, pour un joli brouhaha d’adieu.

A 9 heures, première pause pour l’équipage. La plupart des cadets s’assoient à même le pont, au soleil, visière baissée sur les yeux et clope au bec. La plupart sont sur le pont depuis 5 heures du matin. « Hier, nous nous sommes couchés vers minuit », la nuit a été courte, la journée sera longue. Emreu le cadet turc embarqué sur le bateau (voir PN du jeudi 3 juillet) est heureux.

Un spectateur attentif vient de hisser le drapeau rouge au croissant jaune sur les berges de Duclair. Peu avant midi, les passagers déjeunent sur le pont, tandis que les cadets font de même au réfectoire. Un premier moment d’intimité depuis longtemps avant de reprendre la parade, de remonter jusqu’à la troisième vergue, tout en haut.

12 heures, rassemblement sur le pont. Le temps de prendre les consignes pour le reste de la journée. Sur le côté du bateau, les gaz d’échappement des gros moteurs diesel forment un halo, donnant un aspect irréel à l’énorme foule agglutinée. Allongés sur le pont ou dans leurs cabines, les cadets glissent dans les bras de Morphée avant de retrouver bientôt dans ceux de Neptune...


OLIVIER CASSIAU

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Tel un essaim d’abeilles ouvrières les cadets s’ébrouent
à la verticale des échelles de cordes


 

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