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De la passerelle
du "Mir"

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La descente de la Seine étant difficile d’accès, un pilote haut-normand manœuvre les voiliers de plus de 45 m de long. Le Mir a accueilli Olivier Couderc, relevé à Caudebec-en-Caux

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« Les commandants qui viennent du large ne connaissent pas forcément les particularités de cette rivière. Ils demandent alors au pilotage de Seine un conseiller technique. Cette mesure reste obligatoire pour les navires de plus de 45 m de long. » Il est 6 h 50, ce dimanche, lorsque Olivier Couderc, pilote depuis 6 ans, monte à bord du Mir. Ce fleuron de l’académie maritime russe mesure 108 m. Son commandant, Sergeï Timoshkov, est obligé de hisser le pavillon Hôtel, signifiant qu’un pilote de Seine est à bord du navire.

Une trentaine de cadets descendent du bateau. Autant de visiteurs montent à leur place pour une croisière jusqu’au Havre. Le pacha arpente la passerelle, un appareil VHF (very high frequency — sorte de talkie-walkie permettant de communiquer avec les autres bateaux) et son téléphone portable dans les mains.

En tête de cortège

7 h. Le personnel remonte l’échelle de coupée pour synchroniser le largage des amarres avec les remorqueurs, qui doivent tirer le bateau du quai jusqu’au milieu de la rivière. Olivier Couderc joue l’intermédiaire entre le commandant russe et les remorqueurs français.

Après le Phoenix, le Renard, le Recouvrance, le Gallant et l’Hydrograaf, le Mir est le premier des grands voiliers à parader sur la Seine. Le trois-mâts lance les festivités avec sa corne de brume. Encore amarrés, les autres voiliers lui répondent. Le public acclame le passage du navire, son commandant salue à tout va, esquissant un large sourire qui ne le quittera plus du voyage.

Toutes voiles dehors


Le bassin Saint-Gervais passé, le pilote rouennais donne directement le cap à Andreï, le barreur. Pour le reste, il s’adresse au commandant. Ce dernier l’interroge après Canteleu : « Croyez-vous qu’il soit possible de hisser les voiles ? Il faut faire plaisir aux spectateurs ». Olivier acquiesce : « Le vent est faible, c’est bon. Et en effet, ce sera plus joli ». Le public, sur les berges, prend des photos.

Le pilote reste sur l’aileron gauche de la passerelle. Le commandant suit l’évolution du navire via la table de cartes et le récepteur GPS, qui donne la position, la vitesse et le cap du bateau. Le barreur ne quitte pas son poste, situé près des deux radars, la console machine qui commande les moteurs et le périscope du compas magnétique. Dans la timonerie, tout est écrit en russe.

A l’aval de La Bouille, le Mir peut naviguer à 28 km/h. Jusque-là, « dans le port, les navires sont limités à 14 km/h ». Il est 12 h 15, les passagers ont déjà pris leur déjeuner sur le pont. Ils vivent une journée mémorable. La dernière de l’Armada 2003.

Jane KOTB



 

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