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Soldes sur l’Armada

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Chez les marchands de l’Armada, la fête laisse à certains un goût amer quand d’autres, animateurs de la nuit, envisagent déjà l’édition prochaine avec envie.
P.B.
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Un bilan en demi-teinte pour certains commerçants après l'Armada
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Contents

« Je les ai faites ! » A quelques jours de l’ouverture de l’Armada, Eric Hartout lançait le défi commercial de la semaine : 6.300 bières par jour. La recette : déplacer sur les quais le savoir-faire pratiqué dans son pub irlandais de la place du général de Gaulle. Une équipe de 19 personnes a fait vivre ce lieu, basé au cœur du site. « Nous avions placé la barre assez haut, mais tous ont fait un boulot d’enfer », résume le patron du O’Kallaghan’s, aphone depuis le premier jour.

Pour lui, la question d’une prochaine participation ne se pose pas : « Je reviendrai, parce que j’aime ça », dit-il toujours enthousiaste quand il s’agit de vivre un événement populaire, que ce soit l’Armada, la coupe du Monde de football ou une finale de rugby. « Cela dit, l’événement doit évoluer. L’organisation s’attache à vendre un concept plus qu’à pérenniser l’affaire. Tout est devenu trop cher et cette année, il faut reconnaître que les dates n’étaient pas bonnes. Trop tôt dans la saison », note Eric Hartout.

Contrat rempli

Du côté de La cantina, Denys Bréart fait le même constat, même si la « boite de nuit » de l’Armada a dû refuser du monde et filtrer les entrées pour éviter les débordements. « Nous avions un contrat : animer un lieu festif et convivial sur le site. Ce contrat est rempli. En revanche, l’Armada a manqué de magie par manque de navires écoles et d’animations liées à la mer. Cette faire doit se renouveler si elle veut garder son coté populaire et éviter de devenir une Foire de Rouen en bord de Seine ».

Le secret de la réussite se trouve aussi dans les cuisines d’entreprises plus modestes, comme à Rouen Squash. L’établissement est dirigé par Hervé Levasseur. Samedi, dans moins de dix mètres carré, son équipe a préparé 900 sandwiches, il a doublé sa terrasse et le nombre de salariés. « Une bonne affaire », dit-il, lui qui n’a pas attendu l’Armada pour faire vivre les quais.

Pas contents

Les commerçants installés sur le site n’ont pas attendu le départ des bateaux pour afficher les promos. Dès vendredi après-midi sont apparus les premiers soldes. Et samedi, jour où l’affluence se fait la plus grande, les prix baissaient avec la marée.

« Il me reste 3.000 casquettes d’enfants sur un stock de 6.000 », annonce la responsable du magasin J.-C. Hardouin, spécialiste du vêtement estampillé Armada. « Et pourtant, nous avions prévu des stocks moindres par rapport à 1999, qui avait été une année exceptionnelle », poursuit la commerçante. Le sac marin passait donc de 30 à 25 €, 10 € la casquette au lieu de 15 et 9 € de réduction du le polo.

A une encablure de là, Georges Marbourtin, vendeur de chaises pliantes, apprécie d’une même moue les dix jours passés sur les quais. « L’organisation m’annonce 10 millions de visiteurs. Comme j’ai l’habitude de ce genre d’événement, je prévois environ 55.000 € de marchandise et il m’en reste une grosse partie sur les bras. J’ai renvoyé trois personnes, on ne va pas gagner un sou mais on s’en sort... ».

Balayant du regard les trois navires amarrés face à son stand, il poursuit son commentaire : « J’ai l’impression d’avoir vécu une Armada VIP avec des bateaux privés, loués pour des cocktails, peu de navires écoles, pas assez d’animations liées à la mer et donc la disparition du côté festif. »

« Je ne reviendrai pas ! »

Un peu plus loin encore, Gérald Cortes a la dent encore plus dure. « C’est sûr, on est content de ne pas perdre d’argent. Mais, entre nous, je n’ai pas besoin de venir à Rouen pour voir de beaux bateaux avec des cocktails sur le pont organisés pour assurer la promotion des entreprises. Ça tue l’Armada qui n’est plus une fête populaire. Où sont les grands bateaux emblématiques ? Y 'en a un seul, le Mexicain : ‘faut pas s’étonner qu’il batte des records de visites ! ».

Déçu et même très en colère, Gérard Cortes a signé la pétition adressée par les commerçants du site à l’organisation. « Moi, c’est sûr, je ne reviendrai pas », résume-t-il, même s’il reconnaît que sa boutique, spécialisée dans la décoration d’objets de marine « a très bien marché ».

« On réfléchira »

Au long des quais, les boutiquiers ne désarment pas : « Nous avons deux stands rive droite et un rive gauche et, à vue de nez, nous avons fait 50 % de chiffre d’affaires en moins par rapport à l’Armada de 1999. Mais elle était exceptionnelle », se souvient Carole. Sur son stand, un panneau dit : « 10 € une peluche, la seconde gratuite ». « C’est çà ou je rentre avec la moitié de mon stock ». Le moral couleur du ciel, Carole pense à la prochaine édition et se dit déjà : « Dans 4 ans, on réfléchira ».



 

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PLUS LOIN
Et si c’était
à refaire…

Ne faisons pas la fine bouche. L’Armada est une belle fête. Rouen en profite. Si elle devait recommencer demain, il y aurait pourtant quelques ajustements à y apporter pour la rendre plus pleine, plus gaie, plus populaire.

En voici quelques exemples, récoltés tout au long de la semaine dans les commentaires entendus et sur les observations faites au fil des quais et dans la ville.

Florilège

- Que les bateaux soient moins accaparés par les VIP pour permettre au public de les visiter plus longuement...

- Qu’un tri qualitatif soit effectué parmi les exposants, pour éviter la multiplication de « marchands du temple »...

- Que les quais soient davantage animés par des manifestations à caractère maritime.

- Qu’il y ait davantage de grands bateaux...

- Qu’ils soient moins espacés ou resserrés sur une plus petite distance...

- Qu’on voit davantage de marins sur les quais...

- Qu’une chasse aux prix prohibitifs soit opérée. Mme si ça n’est pas une pratique généralisée, elle pèse sur l’ensemble des exposants...

- Que les cuisines du Monde soient davantage représentées dans la restauration rapide...

- Que des parkings à vélo soient installés sur ou aux abords immédiats des quais...

- Que les animations programmées et diffusées dans les quartiers aient effectivement lieu. Ça n’a pas été le cas partout...

- Que certains commerçants fassent preuve d’un peu plus d’imagination pour valoriser les pays qu’ils représentent. C’est aussi pour leur chapelle qu’ils œuvrent...