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Le quatre mâts goélette
de la marine chilienne a accosté dimanche soir, de
retour pour la première fois depuis 1996 dans le port
de Rouen (Photo PN/Thibault ROusseau).

L'Esmeralda peut être visitée par le public,
quai Jean-de-Béthencourt (rive gauche, près
du pont Guillaume-le-Conquérant) ces mercredi 11 et
jeudi 12 juin, de 14 h à 18 h.

Le grand voilier école chilien, l'Esmeralda,
a été visité lundi par quelque 3.000
curieux. Il est encore ouvert au public aujourd'hui et demain,
quai Jean-de-Béthencourt à Rouen.
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Véritable affluence, quai Jean-de-Béthencourt,
pour l'Esmeralda, un très bel avant-goût d'Armada.
Le quatre mâts goélette de la Marine chilienne
a, ainsi que Paris-Normandie l'avait précisément
annoncé, accosté dimanche soir, de retour pour
la première fois depuis 1996 dans le port de Rouen. Ruan,
comme disent les hommes de la Armada de Chile : la première
escale officielle en Europe du grand voilier école au
condor en figure de proue, en sa croisière d'instruction
2003.
L'Esmeralda mise à l'eau en 1953 en Espagne (Paris-Normandie
du 7 juin) a beau être de bonne taille, on n'y est pas
au large : le navire commandé par le capitaine de vaisseau
José Miguel Romero Aguirre, 46 ans, compte 314 hommes
à bord. Parmi eux, 72 matelots terminant leur instruction
et 71 officiers élèves, cadets de l'académie
navale chilienne effectuant leur croisière d'application.
A Rouen, ces garçons d'une vingtaine d'années
chaussent baskets et attrapent sacs à dos, se renseignant
sur d'hypothétiques trains vers Paris, l'adresse de l'office
de tourisme ou le moyen de visiter les plages du Débarquement.
Ces marins impeccables changent soudain d'horizon. Ils sont
partis le 6 avril de leur port d'attache de Valparaiso. Escales
à Callao (Pérou), Guyaquil (Equateur), Rodman
(Panama) puis 34 jours de traversée de l'Atlantique,
jusqu'à toucher Cherbourg pour une escale technique !
« Nous avons eu du bon temps, parfois de très
bons vents lors de cette traversée, confie un enseigne
de vaisseau. Nous avons navigué à moteur ou sous
voiles, à moitié-moitié, selon les conditions
météo. »
Détroit de Magellan
Depuis, le public foule le pont de teck, entre cuivres rutilants
et superstructures blanches et vertes. A la passerelle, la barre,
de faible diamètre car électro-hydraulique, remplace
la traditionnelle grande roue de barre, à la poupe, toujours
apte à fonctionner. Une petite vierge Marie veille, sous
verre. Mais c'est un grand Christ à l'impressionnante
couronne d'épines qui capte le regard, à l'entrée
de la coursive des officiers. Boiseries sombres, lumière
limitée, austère moquette gris-bleue.
Au fumoir, un panneau rappelle avec humour, sous forme de bande
dessinée, la toujours possible évolution d'un
cocktail trop arrosé. Dans la salle à manger leur
servant aussi de salle de cours, les jeunes officiers élèves
se rassemblent pour cette escale normande. Ruan sera suivie
de bien d'autres visites, jusqu'au retour le 12 octobre à
Valparaiso, en ce Chili aujourd'hui démocratique. Punta
Arenas constituera l'ultime ville étape, histoire de
clore la magnifique boucle par un peu de navigation dans les
canaux de Patagonie. Le détroit de Magellan au terme
de près de 37.000 km de mer !
FRANCOIS HENRIOT
Amnesty
proteste
Amnesty International organise mercredi 11 juin à 18
h un rassemblement sur les quais de la rive gauche, à
proximité du pont Guillaume-le-Conquérant, «
pour rendre hommage aux victimes de la dictature chilienne
et plus spécifiquement aux victimes d'enlèvements
et de tortures à bord de l'Esmeralda en 1973 ».
A 16 h 30, toujours mercredi 11 juin, un forum de la Fnac
accueillera Patricia Bennetts, sur du père Michel
Wood Ward, prêtre catholique, mort à la suite
de tortures subies à bord de l'Esmeralda.
Un officier élève français à bord
L'Esmeralda (Emeraude), quasi sister ship
du Juan Sebastian de Elcano espagnol, est le cinquième
navire militaire chilien à porter ce nom.
Le grand voilier école n'embarque pas que des hommes
de son pays. D'autres officiers élèves y parfont
leur instruction. En cette croisière 2003, on retrouve
donc aussi à bord des jeunes du Pérou, d'Equateur,
du Panama, du Brésil, d'Argentine.
Un jeune officier de marine des Etats-Unis suit également
l'instruction. Un Français de notre Marine nationale,
un Allemand et un Espagnol complèteront cet effectif
dans les semaines qui viennent.
Car après le départ de Rouen, vendredi 13, figurent
sur la future route de l'Esmeralda : Bremerhaven et Lûbeck
en Allemagne, Dartmouth et Londres au Royaume-Uni, El Ferrol
en Espagne, Tenerife aux Canaries, puis Rio de Janeiro au
Brésil après une descente d'un mois, et Buenos-Aires
en Argentine.
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