Le Paris-Normandie est partenaire de l'Armada 2003

17 juin / Armada 2003
 

 

 

 

L'Armada, une ville à faire vivre !
 


plan

L'Alsacien Pierre Damm veillait déjà sur la technique du rassemblement de grands voiliers en 1989 et en 1994, au côté de Christian Boullet, dont il prit le relais en 1999. Autant dire qu'il commence à connaître le sujet, « un site de 4,8 km de long sur lequel on colle, rien que pour parler de l'électricité, près de 24 km de câbles, et auquel on fournit plus de 9 mégawatts : autant de puissance qu'à une ville de la taille de Sotteville. »


Des kilomètres de câbles, des milliers de volts. Avant d'être une fête, l'Armada est surtout une énorme infrastructure dont Pierre Damm connaît les moindres rouages.

«Le plus gros morceau, le plus compliqué, c'est l'électricité. On a quand même du 15.000 volts à protéger. L'électricité, pour l'Armada, c'est le nerf de la guerre ! »

Pas avare de formules, adepte du parler clair et adversaire du stress « qui ne sert à rien », Pierre Damm, 55 ans, est le responsable technique du site au sein de l'organisation bénévole de l'Armada. « Responsable, et non directeur technique : directeur, ça me fait un peu mal aux dents, lance le gaillard. Je suis, précisément, délégué de sécurité, une fonction bien définie face aux autorités et services de secours. »

Autant d'électricité que pour Sotteville

De début septembre à fin décembre 2002, Pierre et son équipe ont enchaîné les réunions préparatoires («En petits groupes, pas à quinze ! ») avec EDF, la ville de Rouen et son service des Eaux, France Télécom, les diverses administrations, l'Action sanitaire et sociale, les services vétérinaires. « Ca sert par exemple à déterminer le nombre de sanitaires nécessaires, ou le type de tuyaux d'eau à installer : en 1999, les tuyaux, tout neufs, n'avaient pas encore connu d'eau, et au début, l'eau des restaurateurs avait un goût ! »

Parallèlement, les entreprises étaient mises en concurrence et, fin décembre également, seize étaient retenues. Chacune aura du reste en permanence un représentant sur le site, cet effectif renforçant celui des bénévoles de l'Armada.

Mais l'Armada a gagné en ampleur. « Par rapport à 1999, nous aurons 8 brasseries, 8 friteries et 6 restaurants en plus : soit un total de 60 établissements de restauration. Cela implique de l'eau, de l'électricité, des frigos, des fosses de récupération d'eaux usées en plus. » Et un budget de département technique atteignant cette année environ 1,5 million € (sur un global Armada de 8,2 millions € HT), contre 1,05 million € en 1999.

« On repart à zéro »

Pierre Damm est entouré d'une équipe de qualité. « De bons bénévoles, c'est à dire des professionnels qui ne se font pas payer ! » A l'électricité, Raymond Cornillat et Jacky Boutron, respectivement ingénieur EDF en retraite et ancien dessinateur EDF ; Jean-Pierre Acher, à la sonorisation et signalétique ; Gérard Rivoal, à l'eau et l'assainissement ; Alain Cozette, aux bureaux mobiles ; Christophe Cornet, à la sécurité. « C'est une équipe de gens de métier, résume Pierre. Dans un environnement administratif extrêmement. rigoureux, on repart volontairement à zéro à chaque édition. Il ne servirait à rien de copier, car les emplacements de tentes, par exemple, changent. Et la prochaine Armada, celle du 6e franchissement, sera encore différente. Nous essayons aussi de nous préparer pour du mauvais temps. toujours possible. »

Outre ce « métier » des bénévoles, la clef de la réussite technique de l'Armada est bien sûr son public : cette foule jusqu'à présent toujours paisible, compréhensive parce que sans doute heureuse.

FRANCOIS HENRIOT

 
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