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L'Alsacien Pierre Damm veillait déjà sur la
technique du rassemblement de grands voiliers en 1989 et en
1994, au côté de Christian Boullet, dont il prit
le relais en 1999. Autant dire qu'il commence à connaître
le sujet, « un site de 4,8
km de long sur lequel on colle, rien que pour parler de l'électricité,
près de 24 km de câbles, et auquel on fournit
plus de 9 mégawatts : autant de puissance qu'à
une ville de la taille de Sotteville. »
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Des kilomètres de câbles,
des milliers de volts. Avant d'être une fête,
l'Armada est surtout une énorme infrastructure dont
Pierre Damm connaît les moindres rouages.
«Le plus gros morceau, le
plus compliqué, c'est l'électricité.
On a quand même du 15.000 volts à protéger.
L'électricité, pour l'Armada, c'est le nerf
de la guerre ! »
Pas avare de formules, adepte du parler clair et adversaire
du stress « qui ne sert à
rien », Pierre Damm, 55 ans, est le responsable
technique du site au sein de l'organisation bénévole
de l'Armada. « Responsable,
et non directeur technique : directeur, ça me fait
un peu mal aux dents, lance le gaillard. Je suis, précisément,
délégué de sécurité, une
fonction bien définie face aux autorités et
services de secours. »
Autant d'électricité
que pour Sotteville
De début septembre à fin décembre 2002,
Pierre et son équipe ont enchaîné les
réunions préparatoires («En petits groupes,
pas à quinze ! ») avec EDF, la ville de Rouen
et son service des Eaux, France Télécom, les
diverses administrations, l'Action sanitaire et sociale, les
services vétérinaires. «
Ca sert par exemple à déterminer le nombre de
sanitaires nécessaires, ou le type de tuyaux d'eau
à installer : en 1999, les tuyaux, tout neufs, n'avaient
pas encore connu d'eau, et au début, l'eau des restaurateurs
avait un goût ! »
Parallèlement, les entreprises étaient mises
en concurrence et, fin décembre également, seize
étaient retenues. Chacune aura du reste en permanence
un représentant sur le site, cet effectif renforçant
celui des bénévoles de l'Armada.
Mais l'Armada a gagné en ampleur. «
Par rapport à 1999, nous aurons 8 brasseries, 8 friteries
et 6 restaurants en plus : soit un total de 60 établissements
de restauration. Cela implique de l'eau, de l'électricité,
des frigos, des fosses de récupération d'eaux
usées en plus. » Et un budget de département
technique atteignant cette année environ 1,5 million
€ (sur un global Armada de 8,2 millions € HT), contre
1,05 million € en 1999.
« On repart à zéro
»
Pierre Damm est entouré d'une équipe de qualité.
« De bons bénévoles,
c'est à dire des professionnels qui ne se font pas
payer ! » A l'électricité, Raymond
Cornillat et Jacky Boutron, respectivement ingénieur
EDF en retraite et ancien dessinateur EDF ; Jean-Pierre Acher,
à la sonorisation et signalétique ; Gérard
Rivoal, à l'eau et l'assainissement ; Alain Cozette,
aux bureaux mobiles ; Christophe Cornet, à la sécurité.
« C'est une équipe
de gens de métier, résume Pierre. Dans un environnement
administratif extrêmement. rigoureux, on repart volontairement
à zéro à chaque édition. Il ne
servirait à rien de copier, car les emplacements de
tentes, par exemple, changent. Et la prochaine Armada, celle
du 6e franchissement, sera encore différente. Nous
essayons aussi de nous préparer pour du mauvais temps.
toujours possible. »
Outre ce « métier » des bénévoles,
la clef de la réussite technique de l'Armada est bien
sûr son public : cette foule jusqu'à présent
toujours paisible, compréhensive parce que sans doute
heureuse.
FRANCOIS HENRIOT
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