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Claudie, devenue ministre, pourrait alors enfin rencontrer
Jean-Marie Buhot, le radioamateur handicapé qui avait
naguère capté chez lui, à Bois-Isambert,
de si belles images TV d'elle, à bord de la station
Mir.
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De dix à quinze minutes
de communication, si possible. A bord du grand voilier russe
Mir, de retour à l'Armada, Philippe Caron, Yves Guiot,
Jean-Marie Buhot et d'autres radioamateurs de la Seine-Maritime
disposent d'une ligne téléphonique les reliant
à une station radioamateur bien placée sous
l'orbite de l'ISS (Station spatiale internationale), aux Etats-Unis
ou en Australie.
Philippe Caron pose la première d'une vingtaine de
questions aux deux uniques occupants de l'ISS, le Russe Yuri
Malenchenko et l'Américain Edward Lu.
L'évolution du projet
Des questions de collégiens normands à deux
astronautes chevronnés, qu'on ne peut toutefois s'empêcher
d'imaginer très seuls, là-haut, à bord
de cette station privée de toute relève, du
moins par la navette américaine, depuis l'effroyable
désintégration de Columbia, le 1er février.
Le Russe et l'Américain, partis de terre le 26 avril,
dans un vaisseau Soyouz, maintiennent le flambeau de l'exploration
spatiale par l'homme. Par l'intermédiaire de la station
radio, puis de la ligne téléphonique, ils commencent
à répondre aux radioamateurs normands.
Sur le quai, la foule entend ces
réponses venues de l'espace.
En 1999, les radioamateurs avaient magnifiquement joué
« Mir appelle Mir ». Depuis le navire russe, ils
avaient établi, un soir, une communication directe
avec le spationaute français Jean-Pierre Haigneré
et ses deux compagnons russes de la station Mir, née
soviétique. Le Français, dans une conversation
d'une étonnante clarté, avait rappelé
que l'armée de l'air était son « port
d'attache », mais qu'il admirait aussi les grands voiliers.
Lors de cette Armada 2003, le projet, auquel les radioamateurs
se consacrent depuis l'automne dernier, se présente
de manière différente. «
Notre contact se fera par intermédiaire, par ricochet
sur la station la mieux placée, parce que l'orbite
de l'ISS se trouve plus au sud de celle de l'ancienne station
Mir», explique Philippe Caron.
Des collégiens de Pavilly
«C'est d'ailleurs l'ISS qui
décidera de la date et l'heure de l'opération.
En revanche, nous pensons que le contact pourra être
plus long qu'entre les deux Mir en 99. »
Beaucoup moins d'improvisation dans les questions : «
La station internationale, par l'intermédiaire d'un
organisme gérant ses liaisons avec les radioamateurs,
l'ARISS (Radio amateur sur la Station spatiale internationale),
nous a demandé de préparer une vingtaine de
questions, rédigées - en anglais - par des scolaires.
» indique Philippe Caron.
Les auteurs des questions à Lu et Malenchenko : trois
filles et un garçon du collège Val Saint-Denis
de Pavilly. « J'aimerais
que le contact puisse se faire le 1er juillet, jour des 40
ans d'Edward Lu, confie Philippe Caron. Je rêve aussi
que Claudie Haigneré, notre femme spationaute, et son
époux Jean-Pierre puissent venir à bord du Mir.
»
FRANCOIS HENRIOT
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