Le Paris-Normandie est partenaire de l'Armada 2003

24 juin / Armada 2003
 

 

 

 

« Sans bénévoles, pas d'Armada »
 


Patrick Herr
Patrick Herr : «Nous y sommes parvenu petit à petit, puisque grâce aux Armadas, les quais ont été refaits à neuf, ce qui n'aurait sans doute jamais été le cas. Et le sixième franchissement de la Seine sera un pont levant, à la place du pont fixe que nous aurions eu. »


A quelques jours de l'inauguration de l'Armada, son président Patrick Herr livre ses impressions avant l'événement qui va bouleverser les quais rouennais et toute la région.

Dans quelques jours les voiliers geéants seront à Rouen. Pour le plus grand plaisir d'une foule de passionnés. L'Armada 2003 sera véritablement lancée. En fait, cela fait des mois que toute l'équipe d'organisation travaille à ce grand rendez-vous. Tout gamin, Patrick Herr naviguait avec quatre bidons et une petite voile sur la Seine. Désormais, il met en scène un somptueux rassemblement de voiliers reconnu dans le monde entier.

Paris-Normandie : Aujourd'hui, à deux jours du lancement officieux et quatre de l'inauguration officielle de l'Armada, quel sentiment prédomine chez vous ?
Patrick Herr : « C'est que nous avons réussi à pérenniser un événement né à l'occasion de la Course de la Liberté, pour célébrer le centenaire de la statue de la Liberté. Je me souviens qu'à l'époque, en mai 1986, ce sont les adjoints au maire qui ont fait la police pour que les gens puissent accéder aux bateaux et au site, parce que l'affluence n'avait pas été prévue. Maintenant, c'est de plus en plus passionnant, et astreignant aussi, au fil des éditions. »

Vous vous appuyez beaucoup sur le bénévolat. Quels avantages offre ce système ?
« Vous savez, l'équipe des bénévoles se développe, les nouveaux s'ajoutant aux anciens. Et ce renouvellement, avec beaucoup de jeunes que nous formons, permettra l'organisation de l'événement dans les années à venir. Car sans le bénévolat, il n'y a pas d'Armada. Actuellement, depuis trois mois, ils sont cinquante permanents, et ils seront plus de cinq cents pendant la manifestation. Il faut savoir qu'ils sont aussi motivés que les salariés, par l'ambiance interne, mais aussi par les fêtes que nous organisons, par l'événement lui même. »

Pouvez-vous nous rappeler comment tout a commencé, sur les quais ?
« L'idée de départ, c'était justement de faire revivre ces quais désertés par la population. C'était le Rouen sur Seine, voire sur mer comme disait Jean Lecanuet.« A l'époque, ils venaient tous gratuitement »

Vous auriez même préféré le tunnel, se souvient-on.
« C'est vrai, c'était ce que je souhaitais. D'autant plus que le coût n'aurait pas forcément, à terme, été plus élevé. »

Bon, dans un autre registre, d'où vous vient cette passion pour les bateaux ?
« D'abord, j'ai appris à naviguer sur la Seine. Sur quatre bidons, quelques planches, un mât et une voile. »

La grande pagaille avant l'heure, en quelque sorte, et à quel âge ?
« Exactement ! Vers dix ans, on allait chez le garagiste, récupérer les vieux bidons, et on se fabriquait des drôles de voiliers. J'ai d'ailleurs aussi appris à nager en Seine, dans une petite crique près de la maison de mes parents à Anneville. Après, je suis passé au Vaurien, au 420. »

Et les grands voiliers, c'est venu comment ?
« Je connaissais les grands rassemblements d'Amsterdam, qui existaient dans les années soixante, car nous n'avons pas inventé le concept. Alors nous y sommes allés au culot, avec une bande copains en 1985, dans un minibus loué. Pour voir les commandants de bateaux. Nous avions pris des bouteilles de calvados, des livres sur Rouen, et un pré-programme de ce que nous voulions faire ici, et nous les avons invités pour 1989. Et de nombreux grands voiliers sont venus. Il faut dire qu'à l'époque, ils venaient gratuitement, ce qui n'est pas le cas de tous aujourd'hui. Cette année encore, il y aura les fidèles parmi les fidèles. Comme le Cuauhtemoc et le Sagres II. »

En résumé, quelques anecdotes marquantes ?
« Et aussi le Mir, qui était là en 1989, juste avant la chute du mur de Berlin. Ils arboraient une banderole : Merci Rouen, nous sommes pour la paix ! Symbolique, quand on sait que Mir en Russe, c'est justement la paix. C'est un souvenir marquant. Et cette fraternité prend à chaque Armada plus de sens, avec par exemple le bateau indonésien qui vient pour la première fois cette année, et que nous invitions depuis 1989. C'est pour nous une sorte de récompense, un peu comme si tous les marins du monde voulaient se donner la main. »

Propos recueillis par Arnaud Faugère 

 
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