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Patrick Herr : «Nous y sommes
parvenu petit à petit, puisque grâce aux Armadas,
les quais ont été refaits à neuf, ce
qui n'aurait sans doute jamais été le cas. Et
le sixième franchissement de la Seine sera un pont
levant, à la place du pont fixe que nous aurions eu.
»
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A quelques jours de l'inauguration
de l'Armada, son président Patrick Herr livre ses impressions
avant l'événement qui va bouleverser les quais
rouennais et toute la région.
Dans quelques jours les voiliers geéants seront à
Rouen. Pour le plus grand plaisir d'une foule de passionnés.
L'Armada 2003 sera véritablement lancée. En
fait, cela fait des mois que toute l'équipe d'organisation
travaille à ce grand rendez-vous. Tout gamin, Patrick
Herr naviguait avec quatre bidons et une petite voile sur
la Seine. Désormais, il met en scène un somptueux
rassemblement de voiliers reconnu dans le monde entier.
Paris-Normandie : Aujourd'hui, à deux jours du lancement
officieux et quatre de l'inauguration officielle de l'Armada,
quel sentiment prédomine chez vous ?
Patrick Herr : « C'est que
nous avons réussi à pérenniser un événement
né à l'occasion de la Course de la Liberté,
pour célébrer le centenaire de la statue de
la Liberté. Je me souviens qu'à l'époque,
en mai 1986, ce sont les adjoints au maire qui ont fait la
police pour que les gens puissent accéder aux bateaux
et au site, parce que l'affluence n'avait pas été
prévue. Maintenant, c'est de plus en plus passionnant,
et astreignant aussi, au fil des éditions. »
Vous vous appuyez beaucoup sur le bénévolat.
Quels avantages offre ce système ?
« Vous savez, l'équipe
des bénévoles se développe, les nouveaux
s'ajoutant aux anciens. Et ce renouvellement, avec beaucoup
de jeunes que nous formons, permettra l'organisation de l'événement
dans les années à venir. Car sans le bénévolat,
il n'y a pas d'Armada. Actuellement, depuis trois mois, ils
sont cinquante permanents, et ils seront plus de cinq cents
pendant la manifestation. Il faut savoir qu'ils sont aussi
motivés que les salariés, par l'ambiance interne,
mais aussi par les fêtes que nous organisons, par l'événement
lui même. »
Pouvez-vous nous rappeler comment tout a commencé,
sur les quais ?
« L'idée de départ,
c'était justement de faire revivre ces quais désertés
par la population. C'était le Rouen sur Seine, voire
sur mer comme disait Jean Lecanuet.« A l'époque,
ils venaient tous gratuitement »
Vous auriez même préféré le tunnel,
se souvient-on.
« C'est vrai, c'était
ce que je souhaitais. D'autant plus que le coût n'aurait
pas forcément, à terme, été plus
élevé. »
Bon, dans un autre registre, d'où vous vient cette
passion pour les bateaux ?
« D'abord, j'ai appris à
naviguer sur la Seine. Sur quatre bidons, quelques planches,
un mât et une voile. »
La grande pagaille avant l'heure, en quelque sorte, et à
quel âge ?
« Exactement ! Vers dix ans,
on allait chez le garagiste, récupérer les vieux
bidons, et on se fabriquait des drôles de voiliers.
J'ai d'ailleurs aussi appris à nager en Seine, dans
une petite crique près de la maison de mes parents
à Anneville. Après, je suis passé au
Vaurien, au 420. »
Et les grands voiliers, c'est venu comment ?
« Je connaissais les grands
rassemblements d'Amsterdam, qui existaient dans les années
soixante, car nous n'avons pas inventé le concept.
Alors nous y sommes allés au culot, avec une bande
copains en 1985, dans un minibus loué. Pour voir les
commandants de bateaux. Nous avions pris des bouteilles de
calvados, des livres sur Rouen, et un pré-programme
de ce que nous voulions faire ici, et nous les avons invités
pour 1989. Et de nombreux grands voiliers sont venus. Il faut
dire qu'à l'époque, ils venaient gratuitement,
ce qui n'est pas le cas de tous aujourd'hui. Cette année
encore, il y aura les fidèles parmi les fidèles.
Comme le Cuauhtemoc et le Sagres II. »
En résumé, quelques anecdotes marquantes ?
« Et aussi le Mir, qui était
là en 1989, juste avant la chute du mur de Berlin.
Ils arboraient une banderole : Merci Rouen, nous sommes pour
la paix ! Symbolique, quand on sait que Mir en Russe, c'est
justement la paix. C'est un souvenir marquant. Et cette fraternité
prend à chaque Armada plus de sens, avec par exemple
le bateau indonésien qui vient pour la première
fois cette année, et que nous invitions depuis 1989.
C'est pour nous une sorte de récompense, un peu comme
si tous les marins du monde voulaient se donner la main. »
Propos recueillis par Arnaud
Faugère
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