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Des automobilistes racontent avoir mis trois heures pour aller
de Barentin à Rouen, d'autres deux heures pour descendre
de Mont-Saint-Aignan à Rouen. Le numéro de téléphone
spécial ouvert à la mairie de Rouen a reçu
plus de 300 appels dans la journée, dont 250 avant
midi.
| Déviation
surprise, riverains en colère |
« La panique »,
« le cirque », « la pagaille ».
Les mots ne manquent pas pour qualifier les embouteillages
qui bloquent depuis hier le secteur de la Préfecture,
et plus particulièrement la rue du Contrat social.
L'origine de ce désordre ? La déviation
du quai Ferdinand-de-Lesseps pour cause d'Armada.
Depuis 5 heures 30, hier matin, c'est un flot incessant
de voitures qui défilent et bouchonnent dans cette
artère de la ville. C'est aussi une foule de désagréments
qui s'abat sur les riverains ou sur ceux qui désirent
se rendre dans le quartier. Ainsi, Jacqueline, 70 ans
qui vit du côté de l'église Saint-Gervais.
Elle devait aller chez des amies, rue du Contrat-Social.
Elle met normalement moins de 25 minutes pour effectuer
ce trajet. Mardi, cela lui a pris une heure et demie.
Mais ça n'a pas l'air d'avoir entamé la
bonne humeur de cette retraitée souriante.
En rire.
Alain aussi préfère en rire. Cet artiste
qui réside rue du Contrat-Social dit pourtant vivre
un « enfer » : « Les voitures sont au
touche-à-touche et ça fait un bruit terrible.
On ne peut plus se garer. Sans parler de l'odeur. Mon
atelier est au sous-sol et je ne vous dis pas ce que je
respire » !
Mais ce qui énerve le plus les riverains, c'est
de n'avoir été prévenus que le matin
même par une annonce du maire à la radio
: « A la mairie, on affirme m'avoir envoyé
un mot, mais je ne l'ai jamais reçu », s'emporte
Alain.
La déviation doit être maintenue durant toute
l'Armada. Alors, Alain s'est résigné : pendant
six jours, il se lèvera à 5 h 30 et vivra
les fenêtres fermées.
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Numéro de téléphone info circulation
: 02.35.08.88.11 de 9 h à 18 h 30 jusqu'au 5 juillet.
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Appliqué dès
hier, le plan de circulation de l'Armada a provoqué
d'énormes bouchons. La mairie de Rouen demande aux
automobilistes de changer vite leurs habitudes.
Le plan de circulation de l'Armada, mis en place depuis hier,
restreint l'accès à la ville. D'énormes
bouchons ont paralysé l'agglomération.
Un mieux est espéré
aujourd'hui.
Un grain de sable suffit pour bloquer l'agglomération
rouennaise. La mise en place hier matin du plan de circulation
de l'Armada n'a pas fait exception à la règle.
L'accès ouest de la ville est réduit à
deux voies au lieu de quatre jusqu'à la fin de l'événement.
Conséquence : d'énormes bouchons se sont formés
hier matin aux entrées de l'agglomération.
« Uniquement des plaintes » raconte un des trois
employés de la ville de Rouen qui se sont portés
volontaires pour informer le public sur les conditions de
circulation jusqu'à la fin de l'Armada.
« Toute la ville était bloquée. C'était
horrible partout ».
Après une première journée de rodage,
la mairie de Rouen espère un trafic plus fluide aujourd'hui.
A condition qu'une partie des automobilistes laissent leur
voiture au garage et empruntent les transports en commun.
A condition également que les chauffeurs routiers suivent
l'itinéraire de délestage qui contourne l'agglomération.
« Nous conseillons aux gens de Barentin de prendre le
train et les Dévillois devraient choisir TEOR pour
venir à Rouen » explique l'opératrice
de la mairie.
« Le moins pire »
Pour leur part, les gendarmes de l'escadron départemental
de sécurité routière (EDSR) de Seine-Maritime
ont dépêché hier matin une dizaine de
motards pour essayer de venir en aide aux automobilistes piégés
dans les ralentissements.
Ils sont intervenus notamment pour empêcher quelques
inconscients, qui tentaient de faire demi-tour sur l'autoroute
ou de faire marche arrière sur la bande d'arrêt
d'urgence.
« Le plan de circulation
de l'Armada, ce n'est peut-être pas la panacée,
mais c'est sans doute la solution la moins pire. Tout le monde
doit faire un effort et s'armer de patience »
explique le capitaine Jean-François Morel, chef de
l'EDSR.
L'officier justifie le choix qui a été fait
d'activer le plan de circulation trois jours avant le début
de l'Armada : « Il a été
mis en place dès mardi pour pouvoir l'évaluer
avant l'événement. Il faut aussi laisser le
temps aux Rouennais de s'y habituer.»
«C'est un compromis entre
la dimension de l'Armada et la taille du réseau routier
dans une agglomération qui n'a pas de voie de contournement
tempère le gendarme. Chacun doit comprendre la complexité
de la situation. Il s'agit d'un des plus grands événements
gratuits en Europe et il faut que tout le monde en profite
le mieux ».
L'Armada a commencé avec
trois jours d'avance pour les automobilistes et les chauffeurs
routiers. L'entrée en vigueur du plan de circulation
a entraîné des kilomètres de bouchons
hier matin aux entrées de l'agglomération rouennaise.
La plupart affirment avoir été surpris par la
mise en place des déviations dès hier, soit
trois jours avant le début de l'événement.
« La date a été
arrêtée il y a un mois environ »
rappelle Benjamin Meunier, directeur de cabinet du maire de
Rouen. « Elle est annoncée
dans la lettre qui a été envoyée aux
habitants des quartiers ouest, mais elle ne pouvait pas figurer
dans les documents imprimés plus tôt ».
Le collaborateur de Pierre Albertini reconnaît que l'information
sur le calendrier de mise en uvre du plan de circulation
a été « un peu juste ». Le jour
J ne figure nulle part dans le numéro spécial
Armada de « Rouen magazine » distribué
gratuitement dans les boîtes aux lettres.
Contournement et autobus
Pour autant, Benjamin Meunier justifie la date choisie. «
En 1999, le plan de circulation n'avait été
mis en place que le premier jour de l'Armada. Des visiteurs
avaient mis huit heures pour venir de Barentin à Rouen.
En basculant dès mardi, on a trois jours pour absorber
le choc et pour donner le temps aux gens de changer leurs
habitudes. Le premier jour est toujours le plus difficile
».
Le directeur de cabinet du maire de Rouen espère une
amélioration dès aujourd'hui, même s'il
reste réaliste. «
Ce sera compliqué, on le sait. On ne peut pas attendre
six, huit ou dix millions de visiteurs sans que ce soit compliqué.
Il faut tenir compte des contraintes liées à
la sécurité ».
Les routiers et les automobilistes qui transitent par Rouen
sont invités à emprunter l'itinéraire
de contournement qui les fait passer par le Nord de l'agglomération
avant de rejoindre l'autoroute A 28.
Les habitants de la région qui viennent travailler
à Rouen sont fortement incités à emprunter
les transports en commun, le train à la gare de Barentin
ou le bus TEOR dans la vallée du Cailly.
« Le plan de circulation
à Rouen n'est que la dernière pièce du
puzzle. Le dispositif prévu en amont, dans un rayon
de 50 kilomètres autour de Rouen, est au moins aussi
important » insiste Benjamin Meunier.
L. C.
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