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25 juin / Armada 2003
 

 

 

 

L'Armada paralyse déjà Rouen
 


La criculation dans les bouchons de Rouen
Des automobilistes racontent avoir mis trois heures pour aller de Barentin à Rouen, d'autres deux heures pour descendre de Mont-Saint-Aignan à Rouen. Le numéro de téléphone spécial ouvert à la mairie de Rouen a reçu plus de 300 appels dans la journée, dont 250 avant midi.

Déviation surprise, riverains en colère

 « La panique », « le cirque », « la pagaille ».

Les mots ne manquent pas pour qualifier les embouteillages qui bloquent depuis hier le secteur de la Préfecture, et plus particulièrement la rue du Contrat social. L'origine de ce désordre ? La déviation du quai Ferdinand-de-Lesseps pour cause d'Armada.

Depuis 5 heures 30, hier matin, c'est un flot incessant de voitures qui défilent et bouchonnent dans cette artère de la ville. C'est aussi une foule de désagréments qui s'abat sur les riverains ou sur ceux qui désirent se rendre dans le quartier. Ainsi, Jacqueline, 70 ans qui vit du côté de l'église Saint-Gervais. Elle devait aller chez des amies, rue du Contrat-Social. Elle met normalement moins de 25 minutes pour effectuer ce trajet. Mardi, cela lui a pris une heure et demie. Mais ça n'a pas l'air d'avoir entamé la bonne humeur de cette retraitée souriante.

En rire.

Alain aussi préfère en rire. Cet artiste qui réside rue du Contrat-Social dit pourtant vivre un « enfer » : « Les voitures sont au touche-à-touche et ça fait un bruit terrible. On ne peut plus se garer. Sans parler de l'odeur. Mon atelier est au sous-sol et je ne vous dis pas ce que je respire » !

Mais ce qui énerve le plus les riverains, c'est de n'avoir été prévenus que le matin même par une annonce du maire à la radio : « A la mairie, on affirme m'avoir envoyé un mot, mais je ne l'ai jamais reçu », s'emporte Alain.

La déviation doit être maintenue durant toute l'Armada. Alors, Alain s'est résigné : pendant six jours, il se lèvera à 5 h 30 et vivra les fenêtres fermées. 
 

Numéro de téléphone info circulation : 02.35.08.88.11 de 9 h à 18 h 30 jusqu'au 5 juillet.


Appliqué dès hier, le plan de circulation de l'Armada a provoqué d'énormes bouchons. La mairie de Rouen demande aux automobilistes de changer vite leurs habitudes.

Le plan de circulation de l'Armada, mis en place depuis hier, restreint l'accès à la ville. D'énormes bouchons ont paralysé l'agglomération.

Un mieux est espéré aujourd'hui.

Un grain de sable suffit pour bloquer l'agglomération rouennaise. La mise en place hier matin du plan de circulation de l'Armada n'a pas fait exception à la règle. L'accès ouest de la ville est réduit à deux voies au lieu de quatre jusqu'à la fin de l'événement. Conséquence : d'énormes bouchons se sont formés hier matin aux entrées de l'agglomération.

« Uniquement des plaintes » raconte un des trois employés de la ville de Rouen qui se sont portés volontaires pour informer le public sur les conditions de circulation jusqu'à la fin de l'Armada.

« Toute la ville était bloquée. C'était horrible partout ».


Après une première journée de rodage, la mairie de Rouen espère un trafic plus fluide aujourd'hui. A condition qu'une partie des automobilistes laissent leur voiture au garage et empruntent les transports en commun. A condition également que les chauffeurs routiers suivent l'itinéraire de délestage qui contourne l'agglomération.

« Nous conseillons aux gens de Barentin de prendre le train et les Dévillois devraient choisir TEOR pour venir à Rouen »
explique l'opératrice de la mairie.

« Le moins pire »

Pour leur part, les gendarmes de l'escadron départemental de sécurité routière (EDSR) de Seine-Maritime ont dépêché hier matin une dizaine de motards pour essayer de venir en aide aux automobilistes piégés dans les ralentissements.

Ils sont intervenus notamment pour empêcher quelques inconscients, qui tentaient de faire demi-tour sur l'autoroute ou de faire marche arrière sur la bande d'arrêt d'urgence.

« Le plan de circulation de l'Armada, ce n'est peut-être pas la panacée, mais c'est sans doute la solution la moins pire. Tout le monde doit faire un effort et s'armer de patience » explique le capitaine Jean-François Morel, chef de l'EDSR.

L'officier justifie le choix qui a été fait d'activer le plan de circulation trois jours avant le début de l'Armada : « Il a été mis en place dès mardi pour pouvoir l'évaluer avant l'événement. Il faut aussi laisser le temps aux Rouennais de s'y habituer.»

«C'est un compromis entre la dimension de l'Armada et la taille du réseau routier dans une agglomération qui n'a pas de voie de contournement tempère le gendarme. Chacun doit comprendre la complexité de la situation. Il s'agit d'un des plus grands événements gratuits en Europe et il faut que tout le monde en profite le mieux ».

L'Armada a commencé avec trois jours d'avance pour les automobilistes et les chauffeurs routiers. L'entrée en vigueur du plan de circulation a entraîné des kilomètres de bouchons hier matin aux entrées de l'agglomération rouennaise.

La plupart affirment avoir été surpris par la mise en place des déviations dès hier, soit trois jours avant le début de l'événement. « La date a été arrêtée il y a un mois environ » rappelle Benjamin Meunier, directeur de cabinet du maire de Rouen. « Elle est annoncée dans la lettre qui a été envoyée aux habitants des quartiers ouest, mais elle ne pouvait pas figurer dans les documents imprimés plus tôt ».

Le collaborateur de Pierre Albertini reconnaît que l'information sur le calendrier de mise en œuvre du plan de circulation a été « un peu juste ». Le jour J ne figure nulle part dans le numéro spécial Armada de « Rouen magazine » distribué gratuitement dans les boîtes aux lettres.

Contournement et autobus


Pour autant, Benjamin Meunier justifie la date choisie. « En 1999, le plan de circulation n'avait été mis en place que le premier jour de l'Armada. Des visiteurs avaient mis huit heures pour venir de Barentin à Rouen. En basculant dès mardi, on a trois jours pour absorber le choc et pour donner le temps aux gens de changer leurs habitudes. Le premier jour est toujours le plus difficile ».

Le directeur de cabinet du maire de Rouen espère une amélioration dès aujourd'hui, même s'il reste réaliste. « Ce sera compliqué, on le sait. On ne peut pas attendre six, huit ou dix millions de visiteurs sans que ce soit compliqué. Il faut tenir compte des contraintes liées à la sécurité ».

Les routiers et les automobilistes qui transitent par Rouen sont invités à emprunter l'itinéraire de contournement qui les fait passer par le Nord de l'agglomération avant de rejoindre l'autoroute A 28.

Les habitants de la région qui viennent travailler à Rouen sont fortement incités à emprunter les transports en commun, le train à la gare de Barentin ou le bus TEOR dans la vallée du Cailly.

« Le plan de circulation à Rouen n'est que la dernière pièce du puzzle. Le dispositif prévu en amont, dans un rayon de 50 kilomètres autour de Rouen, est au moins aussi important » insiste Benjamin Meunier.

L. C.
 

 
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