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Patrick Herr (Photo PN)
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Rencontre avec Patrick Herr,
président de l'association Armada. Il détaille
le budget de l'Armada (8,276 M€), justifie les tarifs
plutôt élevés de location (voiliers, restaurants.)
pour maintenir l'accès gratuit du site aux visiteurs.
Paris-Normandie : La raison
d'être de l'Armada, ce sont les voiliers. Pourquoi sont-ils
de plus en plus chers ?
Patrick Herr : «
En 1989, pour la première Armada, les voiliers étaient
quasiment gratuits. Mais nous prenions en charge tout de même
le remorquage, les droits de quai. Il était alors facile
de les faire venir, d'autant que la plupart appartiennent
à leur marine nationale, qu'ils parcourent les mers
du globe. Rouen devenant alors une escale. Mon point de vue
est que le rassemblement de Brest, en 1990, faisant payer
l'entrée aux visiteurs, a sans doute suscité
des désirs. En gros, les commandants ont pu se dire
: « On se fait de l'argent sur notre dos ! » Il
faut savoir que Brest 2004, c'est plus de 13€ l'entrée.
Il y a aussi le fait que les rassemblements de voiliers sont
plus nombreux, et ça marche très bien. Donc
les bateaux vont aux plus offrants ».
On dit parfois de l'Armada qu'elle
est faite pour les riches : ceux qui sont invités à
des réceptions sur les voiliers, les autres visiteurs
restant à quai.
« Oui, on le dit, et j'en
ai conscience. Tout l'enjeu est donc, face au surcoût
des voiliers (+ 40 % par rapport à 1999), d'élaborer
un budget approprié, avec un principe de base : les
gros voiliers, de plus de cinquante mètres, doivent
rester visitables de 9 h à 17 h. Les réceptions
ne peuvent se faire qu'en soirée, contrairement à
1999. D'où un manque à gagner en location. Mais
on veut faire plaisir au public. L'Armada lui appartient.
Reste que les entreprises louant les bateaux font elles aussi
plaisir à beaucoup de gens ».
Quels sont les postes les plus coûteux
hormis les voiliers ?
« Sur le site, il y a les
tentes VIP à installer, les illuminations, l'eau, l'électricité,
l'assainissement, les algécos pour le PC sécurité,
la police, la Croix Rouge, les sapeurs pompiers, le CHU. Les
services publics mobilisent des moyens humains et en matériel.
Ils ne viennent donc pas pour rien, ont des comptes à
rendre à leur tutelle. C'est normal. La police, ça
peut atteindre 0,3 M€ par exemple (2 MF) ; le bassin
Saint-Gervais où nous créons un port de plaisance
de 300 places, c'est 0,15 M€. Thalassa, pour sa présence,
c'est 0,15 M€ car nous sommes coproducteur. Il y a aussi
les cinq salariés de l'association Armada à
payer, depuis deux ou trois mois. Les autres maîtres
d'uvre, une cinquantaine de personnes, sont tous bénévoles
».
Les subventions des collectivités
sont tout de même importantes
« Environ 3 M€ en effet.
Le conseil général, le conseil régional,
la communauté d'agglomération de Rouen, la ville
de Rouen, la CCI de Rouen, l'Europe avec ses fonds Feder,
le Port Autonome sont nos partenaires officiels. La ville
de Rouen à elle seule, c'est plus de 0,76 M€ (5
MF), plus des prestations diverses avoisinant les 0,6 M€
(3 MF). Nous avons également des partenaires importants
comme la Matmut, France Télévision, France 3
et Radio France. Au final, 1/3 du budget est lié aux
partenaires officiels, 1/3 aux partenaires privés (ndlr
: France Telecom, Renault, Comet Expos, JLT Voyages, 8e Art
artificier, Paris-Normandie), et 1/3 aux locations de voiliers
et de tentes VIP, à la vente de stands, de licences
pour les produits. »
Donc, vous vous y retrouvez ?
« En 1999, l'association
a équilibré ses comptes, avec un peu de trésorerie
pour vivre entre les deux Armadas. Le budget de 1999 était
de 7,5 M€, celui de 2003 de 8,2 M€. Il n'a pas explosé.
Nous répartissons les frais, toujours dans l'intérêt
de tous. Et les retombées sont multiples : 800 journalistes
à Rouen en 1999 pour 6.000 articles ; 51 chaînes
de télé ont parlé de nous. France 3 fait
14 heures de direct cette année. Et puis les hôtels
sont tous complets : il faut se loger sur Dieppe, Evreux,
Caen. Les restaurateurs en ville en profitent largement. Le
but de l'Armada, c'est de faire la fête. On pourrait
se contenter de visiter les voiliers. Mais les gens veulent
s'amuser, voir des feux d'artifices, avoir le choix de se
restaurer, d'acheter des produits, des souvenirs. Les entreprises
font du marketing, fêtent un anniversaire, invitent
des clients. Le m2 pour un restaurateur peut sembler cher,
mais il s'y retrouve. Il n'y a pas de secret : pour offrir
davantage de prestations, il nous faut des recettes en face
».
Propos recueillis par Marc BRAUN
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