Le Paris-Normandie est partenaire de l'Armada 2003

26 juin / Armada 2003
 

 

 

 

« Oui c'est cher, mais c'est gratuit ! »
 



Patrick Herr (Photo PN)


Rencontre avec Patrick Herr, président de l'association Armada. Il détaille le budget de l'Armada (8,276 M€), justifie les tarifs plutôt élevés de location (voiliers, restaurants.) pour maintenir l'accès gratuit du site aux visiteurs.

Paris-Normandie : La raison d'être de l'Armada, ce sont les voiliers. Pourquoi sont-ils de plus en plus chers ?
Patrick Herr : « En 1989, pour la première Armada, les voiliers étaient quasiment gratuits. Mais nous prenions en charge tout de même le remorquage, les droits de quai. Il était alors facile de les faire venir, d'autant que la plupart appartiennent à leur marine nationale, qu'ils parcourent les mers du globe. Rouen devenant alors une escale. Mon point de vue est que le rassemblement de Brest, en 1990, faisant payer l'entrée aux visiteurs, a sans doute suscité des désirs. En gros, les commandants ont pu se dire : « On se fait de l'argent sur notre dos ! » Il faut savoir que Brest 2004, c'est plus de 13€ l'entrée. Il y a aussi le fait que les rassemblements de voiliers sont plus nombreux, et ça marche très bien. Donc les bateaux vont aux plus offrants ».

On dit parfois de l'Armada qu'elle est faite pour les riches : ceux qui sont invités à des réceptions sur les voiliers, les autres visiteurs restant à quai.

« Oui, on le dit, et j'en ai conscience. Tout l'enjeu est donc, face au surcoût des voiliers (+ 40 % par rapport à 1999), d'élaborer un budget approprié, avec un principe de base : les gros voiliers, de plus de cinquante mètres, doivent rester visitables de 9 h à 17 h. Les réceptions ne peuvent se faire qu'en soirée, contrairement à 1999. D'où un manque à gagner en location. Mais on veut faire plaisir au public. L'Armada lui appartient. Reste que les entreprises louant les bateaux font elles aussi plaisir à beaucoup de gens ».

Quels sont les postes les plus coûteux hormis les voiliers ?

« Sur le site, il y a les tentes VIP à installer, les illuminations, l'eau, l'électricité, l'assainissement, les algécos pour le PC sécurité, la police, la Croix Rouge, les sapeurs pompiers, le CHU. Les services publics mobilisent des moyens humains et en matériel. Ils ne viennent donc pas pour rien, ont des comptes à rendre à leur tutelle. C'est normal. La police, ça peut atteindre 0,3 M€ par exemple (2 MF) ; le bassin Saint-Gervais où nous créons un port de plaisance de 300 places, c'est 0,15 M€. Thalassa, pour sa présence, c'est 0,15 M€ car nous sommes coproducteur. Il y a aussi les cinq salariés de l'association Armada à payer, depuis deux ou trois mois. Les autres maîtres d'œuvre, une cinquantaine de personnes, sont tous bénévoles ».

Les subventions des collectivités sont tout de même importantes

« Environ 3 M€ en effet. Le conseil général, le conseil régional, la communauté d'agglomération de Rouen, la ville de Rouen, la CCI de Rouen, l'Europe avec ses fonds Feder, le Port Autonome sont nos partenaires officiels. La ville de Rouen à elle seule, c'est plus de 0,76 M€ (5 MF), plus des prestations diverses avoisinant les 0,6 M€ (3 MF). Nous avons également des partenaires importants comme la Matmut, France Télévision, France 3 et Radio France. Au final, 1/3 du budget est lié aux partenaires officiels, 1/3 aux partenaires privés (ndlr : France Telecom, Renault, Comet Expos, JLT Voyages, 8e Art artificier, Paris-Normandie), et 1/3 aux locations de voiliers et de tentes VIP, à la vente de stands, de licences pour les produits. »

Donc, vous vous y retrouvez ?

« En 1999, l'association a équilibré ses comptes, avec un peu de trésorerie pour vivre entre les deux Armadas. Le budget de 1999 était de 7,5 M€, celui de 2003 de 8,2 M€. Il n'a pas explosé. Nous répartissons les frais, toujours dans l'intérêt de tous. Et les retombées sont multiples : 800 journalistes à Rouen en 1999 pour 6.000 articles ; 51 chaînes de télé ont parlé de nous. France 3 fait 14 heures de direct cette année. Et puis les hôtels sont tous complets : il faut se loger sur Dieppe, Evreux, Caen. Les restaurateurs en ville en profitent largement. Le but de l'Armada, c'est de faire la fête. On pourrait se contenter de visiter les voiliers. Mais les gens veulent s'amuser, voir des feux d'artifices, avoir le choix de se restaurer, d'acheter des produits, des souvenirs. Les entreprises font du marketing, fêtent un anniversaire, invitent des clients. Le m2 pour un restaurateur peut sembler cher, mais il s'y retrouve. Il n'y a pas de secret : pour offrir davantage de prestations, il nous faut des recettes en face ».

Propos recueillis par Marc BRAUN

 
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