Paris-Normandie 26.09.2003

L'euthanasie revient en débat

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Le geste de Marie Humbert qui a voulu mettre fin aux souffrances de son fils tétraplégique relance le délicat débat sur l'euthanasie en France.

Provoquer la mort d'une personne, même pour abréger ses souffrances, reste un meurtre selon la législation française qui ne reconnaît pas officiellement « d'exception d'euthanasie » même si les peines sont souvent symboliques dans les cas incontestables d'aide à la mort.

L'euthanasie ne figure pas dans le code pénal. Seul existe l'homicide volontaire, c'est-à-dire le meurtre, voire l'assassinat puisqu'il est généralement commis avec préméditation.

Marie Humbert qui a voulu mettre fin aux souffrances de son fils, a ainsi été placée quelques heures en garde à vue pour « tentative d'assassinat ».
Parfois, l'arrêt ou l'absence de traitements (sauf les soins palliatifs) qui ont pour conséquence d'abréger la vie peuvent être considérés comme une « non-assistance à personne en danger ».

Cependant, dans les cas incontestés d'euthanasie, les sanctions prononcées sont généralement symboliques. Ce fut le cas d'Elie Bendayan, un homme de 70 ans, condamné en janvier à deux ans de prison avec sursis par les assises du Vaucluse pour l'assassinat de son épouse atteinte de la maladie d'Alzheimer et dont il voulait « abréger les souffrances ».

Le cas de Christine Malèvre peut apparaître atypique puisque l'infirmière de Mantes-la-Jolie a été condamnée à dix ans de réclusion pour l'assassinat de sept de ses patients. Mais l'euthanasie, alléguée par la défense, était contestée par les familles des patients décédés. L'infirmière doit être jugée en appel à partir du 2 octobre.

Pas de projet de loi

Présent dans les tribunaux, dans les milieux médicaux, au comité consultatif national d'éthique, le débat sur l'euthanasie a du mal à accéder au parlement alors même qu'un sondage indiquait en juin que 88 % des Français étaient favorables à ce que la loi autorise l'euthanasie.

Hier encore, le ministre de la Justice a rappelé qu'il n'y a pas de projet de texte. « Mais nous sommes confrontés à une difficulté qui ne va pas diminuer, car de plus en plus de personnes se retrouvent dans un état où elles survivent. Et les technologies modernes peuvent faire en sorte que cela dure très longtemps » a reconnu Dominique Perben.

Le cas de Vincent Humbert va-t-il faire bouger les choses. Hier en tout cas, le geste de sa mère a ému et interpellé l'ensemble de la classe politique.
Dès hier, l'UMP s'est prononcé pour un « système législatif repensé ». François Fillon a ainsi proposé d'« ouvrir un débat pour modifier notre législation ».

« Depuis ce matin, je pense beaucoup à elle, parce que je suis père de famille et j'essaye de me mettre dans la situation qui est celle de cette femme et je mesure l'immensité de sa souffrance », a déclaré le ministre des Affaires sociales.

Dans ce débat qui dépasse les clivages politiques le porte-parole du PS Julien Dray se dit favorable à une « réflexion pour modifier la législation » sur l'euthanasie car « chacun peut avoir le souci de réussir sa sortie et mourir est un droit qu'on doit pouvoir donner à des gens ».

 

Des affaires sensibles

Dans les cas incontestés d'euthanasie, les sanctions prononcées sont généralement symboliques. Ce fut le cas d'Elie Bendayan, 70 ans, condamné en janvier à deux ans de prison avec sursis par les assises du Vaucluse pour l'assassinat de son épouse atteinte d'Alzheimer et dont il voulait abréger les souffrances.

Le cas de Christine Malèvre peut apparaître atypique. L'infirmière de Mantes-la-Jolie a été condamnée à dix ans de réclusion pour l'assassinat de sept de ses patients. Mais l'euthanasie était contestée par les familles des patients décédés. Elle doit être jugée en appel le 2 octobre.

 
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