L'ancien ministre de la Santé Bernard Kouchner s'est déclaré
en faveur « d'exceptions d'euthanasie » plutôt que
d'une loi, sur France Inter hier matin.
« Personnellement je pense qu'il ne faut pas de loi et qu'il faut
s'entendre sur des exceptions d'euthanasie extrêmement codifiées,
extrêmement encadrées et éventuellement avec des
vérifications a posteriori », a estimé l'ancien
ministre.
Interrogé sur le décès, vendredi matin au centre
hélio-marin de Berck-sur-Mer, de Vincent Humbert, M. Kouchner
a estimé que « la décision de ne pas s'acharner
était juste ».
L'équipe médicale qui accompagnait le jeune homme, tétraplégique,
muet et presque aveugle après un accident de la route en septembre
2000, a pris, vendredi matin, la décision « collective
et en toute indépendance » de « limiter les thérapeutiques
actives ». Vincent Humbert était plongé depuis jeudi
dans un coma profond après que sa mère eut tenté
de mettre fin à ses souffrances.
« C'est au malade de décider, ce n'est pas au médecin,
ce n'est pas non plus au Premier ministre et j'espère qu'on n'aura
pas besoin de loi », a poursuivi M. Kouchner.
Il a estimé avoir « manqué de temps » pour
aboutir sur ce sujet de l'euthanasie. « Nous étions
très près d'un résultat qui aurait été
un peu d'accepter ce que le comité national consultatif d'éthique
avait recommandé, cette exception d'euthanasie, sans qu'une loi,
forcément un peu brutale sur un tel sujet, à la hollandaise
[.], forcément un peu contraignante, ne soit nécessaire
».
Le Premier ministre Jean-Pierre Raffarin a souhaité samedi «
qu'on respecte le silence » dû à la famille de
Vincent Humbert.
« Face au drame d'une maman, face au drame d'une famille, je
demande à tous qu'on exprime les plus grandes réserves
et qu'on respecte le silence que l'on doit à cette famille dans
la douleur », a déclaré M. Raffarin lors d'une
conférence de presse organisée dans sa résidence
secondaire de Châtelaillon, au sud de La Rochelle.