Paris-Normandie 23.09.2003

Vincent réclame toujours le droit de mourir

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Cela fait maintenant trois ans que Vincent Humbert, 22 ans, est cloué à son lit d'hôpital de Berck-sur-Mer, avec seulement trois fonctions vitales : penser, entendre, et remuer un pouce. Sa mère Marie, à son chevet depuis l'accident de la route qui a brisé la vie du jeune pompier volontaire de sa région du sud de l'Eure, près de Breteuil-sur-Iton, a demandé à nouveau ces derniers jours à aider son fils à mourir, afin de mettre fin à ses souffrances.

« La sensation d'être un légume »

« Ca fait déjà des mois, déjà bientôt deux ans », a déclaré Mme Humbert, qui il n'y a pas d'autre solution pour satisfaire la volonté de Vincent, qui demande le droit de mourir. Hospitalisé au centre hélio-marin de la ville du Pas-de-Calais, il avait en décembre dernier écrit au président de la République, Jacques Chirac, pour lui demander cette autorisation, l'euthanasie étant illégale en France.

Mme Humbert, qui communique avec son fils par la pression d'un pouce, a pourtant écarté la possibilité de se rendre dans un pays où la législation autorise l'euthanasie. « Mon fils ne veut pas. Il ne veut pas se cacher pour mourir », a-t-elle déclaré.

En décembre dernier, toute la famille de Vincent était mobilisée autour du désir du jeune homme d'en finir. Son père Francis déclarait à l'époque : « Pour nous, c'est déchirant, on n'a pas envie qu'il meure. Mais on ne veut pas non plus qu'il souffre tant. Il a la sensation d'être un légume, il nous le dit depuis un an. Son désir est aussi de faire avancer les choses. De façon à ce que des gens puissent demander la mort, et aussi afin de dépénaliser ceux qui la donnent. »

Guillaume, un de ses frères, se livrait à la même réflexion. « On essaie de se mettre à sa place. Sa vie est gâchée. Sa décision, il a dû la remuer dans sa tête avant de savoir comment on allait réagir. Aujourd'hui, on est tous à fond avec lui. On sait qu'il ne veut pas en démordre, que ce choix serait une délivrance. Alors si on peut l'aider, et si son cas peut aider certaines personnes. »

« Une souffrance de chaque jour »

« Car pour lui, poursuit son frère, c'est plus que du ras-le-bol, c'est une souffrance de chaque jour. Il a vraiment tiré un trait, et il en est sûr. Quand ma mère lui a demandé, au début, qu'est ce que je fais après ?, il lui a répondu : faut pas être égoïste ! » Aujourd'hui, un livre raconte cette histoire du choix d'un jeune homme. Le choix de mourir à l'heure qu'il souhaite, pour ne plus avoir à supporter ce qu'il ne considère plus comme une vie.

« Le droit de mourir », de Vincent Humbert, Michel Laffon, 17 €.

 
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