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« En tant que maman, ne me demandez pas d'approuver »,
a dit hier Marie Humbert, la mère de Vincent Humbert, le pompier
de 21 ans originaire de Francheville dans l'Eure, devenu tétraplégique,
muet et aveugle et qui a écrit au président de la République
pour lui demander qu'on lui donne « le droit de mourir »
(Paris-Normandie d'hier).
« Je fais ce qu'il veut parce que je l'aime », a-t-elle
déclaré avant d'ajouter : « Il en a marre. Il
est très déterminé. Si cela ne se fait pas, on
ira en Suisse ou en Belgique ».
Marie Humbert, 48 ans, mère de trois enfants, qui habitait Francheville
(Eure), a tout quitté et s'est installée à Berck
où son fils est hospitalisé. Elle a précisé
que son fils avait refusé une aide psychologique.
Chirac « ému »
Elle n'a appris son initiative auprès de l'Elysée qu'après
coup, alors qu'il avait rédigé la lettre seul avec son
éducatrice.
Un peu dépassée par l'écho médiatique de
sa douleur, elle voulait retrouver hier de la sérénité.
« Notre but n'est pas de faire du scandale. Le message de Vincent
est personnel et nous allons attendre, que ce soit le moment, qu'il
puisse être réellement entendu ».
De son côté, le président Jacques Chirac a exprimé
son « émotion » devant le calvaire du jeune
homme, mais le ministre de la Santé Jean-François Mattei
a réaffirmé hier son opposition à l'euthanasie.
Le chef de l'Etat a pris connaissance « avec beaucoup d'émotion
», de la lettre que Vincent Humbert lui avait adressé depuis
son lit du Centre hélio-marin de Berck-sur-Mer.
« Le chef de l'Etat est particulièrement sensible au
drame que vit Vincent et sa famille », a déclaré
le service de presse de l'Elysée, qui n'a pas voulu en dire plus
« par respect pour elle ».
Vincent Humbert, paralysé des quatre membres, ne peut plus communiquer
qu'en activant son pouce droit sur la main de son interlocuteur, depuis
son accident de la route du 24 septembre 2000 alors qu'il revenait d'un
week-end de garde. Touché au niveau du tronc cérébral
(bulbe rachidien), il a passé plusieurs mois dans le coma.
S'il a laissé le soin au président Chirac de « répondre
à un courrier personnel », le ministre de la Santé
a répondu sur le plan des principes à ce cas douloureux.
« La demande, là, pourrait, pour des motifs compassionnels,
justifier telle ou telle interrogation [.] mais qu'on en passe à
la généralisation, je dis non. Qu'un être humain
puisse donner la mort à un autre ne peut pas figurer dans un
texte de loi », a déclaré M. Mattei.
« D'une façon générale, je suis opposé
à l'euthanasie car c'est la mauvaise réponse à
des questions de souffrance, de solitude et d'abandon », a-t-il
dit.