Paris-Normandie 18.12.2002

La mère de Vincent plaide pour son fils

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« En tant que maman, ne me demandez pas d'approuver », a dit hier Marie Humbert, la mère de Vincent Humbert, le pompier de 21 ans originaire de Francheville dans l'Eure, devenu tétraplégique, muet et aveugle et qui a écrit au président de la République pour lui demander qu'on lui donne « le droit de mourir » (Paris-Normandie d'hier).

« Je fais ce qu'il veut parce que je l'aime », a-t-elle déclaré avant d'ajouter : « Il en a marre. Il est très déterminé. Si cela ne se fait pas, on ira en Suisse ou en Belgique ».

Marie Humbert, 48 ans, mère de trois enfants, qui habitait Francheville (Eure), a tout quitté et s'est installée à Berck où son fils est hospitalisé. Elle a précisé que son fils avait refusé une aide psychologique.

Chirac « ému »

Elle n'a appris son initiative auprès de l'Elysée qu'après coup, alors qu'il avait rédigé la lettre seul avec son éducatrice.

Un peu dépassée par l'écho médiatique de sa douleur, elle voulait retrouver hier de la sérénité. « Notre but n'est pas de faire du scandale. Le message de Vincent est personnel et nous allons attendre, que ce soit le moment, qu'il puisse être réellement entendu ».

De son côté, le président Jacques Chirac a exprimé son « émotion » devant le calvaire du jeune homme, mais le ministre de la Santé Jean-François Mattei a réaffirmé hier son opposition à l'euthanasie.

Le chef de l'Etat a pris connaissance « avec beaucoup d'émotion », de la lettre que Vincent Humbert lui avait adressé depuis son lit du Centre hélio-marin de Berck-sur-Mer.

« Le chef de l'Etat est particulièrement sensible au drame que vit Vincent et sa famille », a déclaré le service de presse de l'Elysée, qui n'a pas voulu en dire plus « par respect pour elle ».

Vincent Humbert, paralysé des quatre membres, ne peut plus communiquer qu'en activant son pouce droit sur la main de son interlocuteur, depuis son accident de la route du 24 septembre 2000 alors qu'il revenait d'un week-end de garde. Touché au niveau du tronc cérébral (bulbe rachidien), il a passé plusieurs mois dans le coma.

S'il a laissé le soin au président Chirac de « répondre à un courrier personnel », le ministre de la Santé a répondu sur le plan des principes à ce cas douloureux.
« La demande, là, pourrait, pour des motifs compassionnels, justifier telle ou telle interrogation [.] mais qu'on en passe à la généralisation, je dis non. Qu'un être humain puisse donner la mort à un autre ne peut pas figurer dans un texte de loi », a déclaré M. Mattei.

« D'une façon générale, je suis opposé à l'euthanasie car c'est la mauvaise réponse à des questions de souffrance, de solitude et d'abandon », a-t-il dit.

 
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