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La
résignation, voire le fatalisme, plutôt que la résistance
?
Hier, la rentrée des écoliers et d'une première
vague de collégiens et de lycéens haut-normands s'est
déroulée sans mouvement de grogne notable des enseignants.
Ce sont essentiellement des parents d'élèves qui se
sont mobilisés dans la seule Seine-Maritime contre des décisions
de carte scolaire.

Au
collège Boieldieu de Rouen, les élèves de 6e
ont retrouvé les bancs de l'école.
A l'image de l'ensemble de l'académie, la rentrée
s'est faite dans le calme
(Photo PN/Thibault Rouisseau)
A Rouen,
Elbeuf, Sotteville-lès-Rouen, Saint-Léger-du-Bourg-Denis,
Etalondes, Bolbec, la contestation touche à chaque fois des
écoles maternelles, premières victimes des 92 fermetures
de classes projetées dans la carte scolaire, un record national.
Rassemblement aujourd'hui à Rouen
Après vérification dans les écoles des prévisions
d'effectif, il faudra attendre vendredi pour que l'inspection académique
tranche à l'issue d'un comité technique paritaire
et d'un conseil départemental de l'Education nationale.
Dans le secondaire, encéphalogramme quasiment plat également,
en dehors du cas spécifique du collège Giraudoux à
Rouen, toujours bloqué après la suppression d'un poste
de principal adjoint.
Au Havre, la situation s'avère tendue au collège Varlin
en raison du déficit de trois surveillants et de trois enseignants
et du renouvellement de la moitié de l'équipe éducative.
Philippe Laudou, secrétaire académique du SNES, admet
néanmoins l'absence de « problèmes criants
» lors de cette rentrée.
« S'il s'agit seulement de mettre un enseignant devant
chaque classe, le compte devrait y être. Mais les problèmes
des remplacements et de la disparition des aides éducateurs
vont vite se faire sentir » prévient-il.
En Seine-Maritime, la FSU, fédération la plus représentative,
ne se rappellera pas moins aux bons souvenirs du rectorat dès
aujourd'hui en organisant un rassemblement devant ses portes, à
Rouen, à 15 h.Redonner du souffle à l'esprit de mai
L'exercice se répétera une semaine plus tard au même
endroit et sera imité dans l'Eure, pour répondre cette
fois à un mot d'ordre national et intersyndical.
De quoi redonner du souffle à « l'esprit de mai
» ?
Hier, en fin d'après-midi à Maromme, une assemblée
générale des enseignants de la Vallée du Cailly
s'est ouverte devant quarante personnes par l'évocation du
mouvement des intermittents et la longue énumération
des « mauvais coups » du gouvernement pendant
l'été, avec le rêve de « lier les luttes
et de ne plus partir tout seul ».
Des discours bien loin de l'école. Juste avant d'aborder
le douloureux problème du prélèvement des jours
de grève.
THIERRY DELACOURT
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