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Pour
Laurent Lejeune, secrétaire pour la Seine-Maritime de la
Fédération nationale des transports de voyageurs (FNTV),
lobligation du port de la ceinture de sécurité
aux occupants des véhicules de transport en commun, est une
bonne nouvelle.
Mais il regrette la précipitation du gouvernement et le manque
de concertation. « La mesure nous est tombée dessus
au mois daoût, on sorganise comme on peut ».
Stéphane Bonnaud, responsable marketing de la Compagnie normande
dautobus (CNA), est plus direct. « Ce sera forcément
compliqué ; si on veut que ça soit appliqué
à la lettre, ça prendra un peu de temps ».

Les
enfants ont désormais obligation de boucler la ceinture dans
les autobus scolaires.
Mais de nombreux bus, les plus anciens, n'en sont pas équipés.
(Photo PN/Thibault Rousseau)
Une
prudence compréhensible : la ceinture de sécurité
na été installée en série dans
les autocars quà partir de 1999. Ainsi, 70 à
80 % des véhicules assurant le transport scolaire ne sont
pas équipés de ceinture de sécurité,
selon Eric Breton, directeur détudes de lAssociation
nationale pour les transports éducatifs de lenseignement
public (ANATEEP).
Le problème du vandalisme
Une estimation qui concorde avec les chiffres avancés par
la CNA, qui est le principal transporteur scolaire pour la Seine-Maritime :
sur 280 cars, 20 % sont équipés. Dans lEure,
les Cars Auzou sont un peu mieux lotis puisque le directeur adjoint,
Nicolas Auzou, affirme que sur 70 véhicules, une trentaine
dispose de la ceinture.
Lapplication de la circulaire soulève plusieurs problèmes,
sur lesquels les transporteurs saccordent. Nicolas Auzou rappelle
que ses cars équipés ont fait lobjet de « vandalisme
répété ». « Souvent, les
élèves arrachent les boucles, ou bien les coupent
au cutter. Ou les lient entre elles. Sur sept cars, jen ai
cinq où il manque une dizaine de ceintures ».
Il dresse un constat amer : « Un enrouleur coûte
environ 80 euros. Or, sil manque des ceintures, impossible
de passer le contrôle des Mines (léquivalent
du contrôle technique) qui a lieu tous les six mois ».
La CNA éprouve les mêmes problèmes en Seine-Maritime.
Une responsabilité floue
Quant au conducteur, « il ne peut pas être à
la fois à la conduite de son véhicule, et en train
de faire la police derrière », explique Nicolas
Auzou.
Est-il possible denvisager la présence dun accompagnateur
chargé de veiller à ce que les enfants la boucle ?
« Qui va me le payer ? » demandent en chur
les transporteurs.
Au Conseil général de Seine-Maritime, qui gère
le transport scolaire du département, on explique que rien
nest prévu dans limmédiat. Seules mesures
déjà mises en place par les transporteurs : des affichettes
dans chaque car rappelant le port obligatoire, et des opérations
de sensibilisation organisées avec certains établissements
et le conseil général.
Dernier problème : à 99, voire 135 euros lamende
de quatrième classe, la responsabilité reste floue
entre les parents, le transporteur ou lorganisateur. De quoi
décourager les forces de lordre elles-mêmes de
faire preuve dun zèle excessif dans leurs contrôles.
Du moins pendant quelque temps.
VINCENT GRANIER
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