Jeudi 28/08/2003


Dossier enrichi au fur et à mesure
de nos parutions

Mercredi 3 septembre
   
Mardi 2 septembre
   
Lundi 1er septembre
   
Samedi 30 - dimanche 31 août
   
Vendredi 29 août
   
Jeudi 28 août
 
Mercredi 3/09/2003
/
Reprise dans le calme au collège Charcot de Oissel
/

Une question brûle toutes les lèvres devant le collège Jean-Charcot de Oissel en ce mardi (hier) de rentrée : « Est-ce qu'elle est là ? ».

Oui, elle est là. Les traits encore tirés, un sourire fatigué, Marie-Eve Langlois, la principale rouée de coups le 12 juin dans son bureau, accueille parents et élèves à la grille du collège. Les premiers à arriver, à 9 h, sont ceux des classes de 5e.


Une rentrée pas tout à fait comme les autres au collège Charcot

Chacun a en mémoire ce jeudi 12 juin. Vers 19 h 30, un inconnu s'introduit dans le bureau de la chef d'établissement et la roue de coups.

« Je pouvais ne pas être là ...»


Une agression d'une rare violence pour un sac à main, un téléphone portable et quelques bijoux. L'émotion est vive. Luc Ferry, le ministre de l'Education nationale fait le déplacement.
L'agresseur, un ancien élève âgé de 17 ans et résidant dans le quartier du collège, se rend à la police le 31 juillet.

En ce jour de rentrée, ni ministre, ni caméras de télévision, ni micros. Marie-Eve Langlois a voulu que ce soit « une rentrée normale ». « Je pouvais ne pas être là, mais si je suis ici aujourd'hui, cela a une signification. », souffle-t-elle quand même. Cela signifie notamment qu'elle ne veut pas « jeter de l'huile sur le feu » dans un quartier « sensible ». Mais aussi que la violence ne peut pas avoir le dernier mot.

« C'est dégueulasse. Mme Langlois, c'est quelqu'un de gentil », lâche une collégienne. Antoine, Jessy, Habib et leurs copains se retrouvent devant la grille du collège. « L'agression ? On n'en parle plus entre nous, mais c'est vrai qu'on y pense », finissent-ils par reconnaître.

Nathalie accompagne sa fille. « Si au moins ça pouvait marquer les esprits. Il ne faut pas que ça se reproduise. C'est une horreur ». « Il n'y a plus de limites », explique un père qui se montre favorable à une répression radicale, « comme aux Etats-Unis ».

« Il faut plus de surveillants dans les cours ; ce n'est pas assez sévère », estime Béatrice qui voudrait davantage de solidarité des parents avec les enseignants. « Des profs giflés parce qu'ils ont mis une mauvaise note ou réprimandé un élève, c'est une honte ». Pascale, mère d'élève elle aussi, pense aux grèves des enseignants : « Un de ces jours, ça va reprendre ». Très vite, l'actualité du jour reprend ses droits.

JOSÉ SOTO


Retour Une de Paris-Normandie