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Une
question brûle toutes les lèvres devant le collège
Jean-Charcot de Oissel en ce mardi (hier) de rentrée : «
Est-ce qu'elle est là ? ».
Oui, elle est là. Les traits encore tirés, un sourire
fatigué, Marie-Eve Langlois, la principale rouée de
coups le 12 juin dans son bureau, accueille parents et élèves
à la grille du collège. Les premiers à arriver,
à 9 h, sont ceux des classes de 5e.

Une
rentrée pas tout à fait comme les autres au collège
Charcot
Chacun
a en mémoire ce jeudi 12 juin. Vers 19 h 30, un inconnu s'introduit
dans le bureau de la chef d'établissement et la roue de coups.
« Je pouvais ne pas être là ...»
Une agression d'une rare violence pour un sac à main, un
téléphone portable et quelques bijoux. L'émotion
est vive. Luc Ferry, le ministre de l'Education nationale fait le
déplacement.
L'agresseur, un ancien élève âgé de 17
ans et résidant dans le quartier du collège, se rend
à la police le 31 juillet.
En ce jour de rentrée, ni ministre, ni caméras de
télévision, ni micros. Marie-Eve Langlois a voulu
que ce soit « une rentrée normale ». «
Je pouvais ne pas être là, mais si je suis ici aujourd'hui,
cela a une signification. », souffle-t-elle quand même.
Cela signifie notamment qu'elle ne veut pas « jeter de
l'huile sur le feu » dans un quartier « sensible
». Mais aussi que la violence ne peut pas avoir le dernier
mot.
« C'est dégueulasse. Mme Langlois, c'est quelqu'un
de gentil », lâche une collégienne. Antoine,
Jessy, Habib et leurs copains se retrouvent devant la grille du
collège. « L'agression ? On n'en parle plus entre
nous, mais c'est vrai qu'on y pense », finissent-ils par
reconnaître.
Nathalie accompagne sa fille. « Si au moins ça pouvait
marquer les esprits. Il ne faut pas que ça se reproduise.
C'est une horreur ». « Il n'y a plus de limites
», explique un père qui se montre favorable à
une répression radicale, « comme aux Etats-Unis
».
« Il faut plus de surveillants dans les cours ; ce n'est
pas assez sévère », estime Béatrice
qui voudrait davantage de solidarité des parents avec les
enseignants. « Des profs giflés parce qu'ils ont
mis une mauvaise note ou réprimandé un élève,
c'est une honte ». Pascale, mère d'élève
elle aussi, pense aux grèves des enseignants : « Un
de ces jours, ça va reprendre ». Très vite,
l'actualité du jour reprend ses droits.
JOSÉ SOTO
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