Jeudi 28/08/2003


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Samedi 30 - dimanche 31 /08/2003
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Rouen : Corneille se refait une santé
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L'intelligence contre les dommages du temps. Du haut de ses quatre cents ans, le lycée rouennais Corneille n'a rien perdu de son pouvoir d'attraction grâce à l'excellence de son enseignement : encore 95 % de réussite lors du dernier Bac toutes séries confondues et des classes de préparation aux grandes écoles au complet à cette rentrée, représentant le tiers de son effectif.

Pourtant, le cadre à l'expression de cet « élitisme républicain » a bien dû mal, lui, à rester à la hauteur de la réputation. « Ce très beau lycée a beaucoup vieilli. Nous sommes confrontés à des problèmes de structures, de sols, de plafonds. Les dortoirs sont vétustes. Les élèves acceptent tout cela parce qu'ils savent qu'ils bénéficient ici d'une plus-value pédagogique » constate sans fard le nouveau proviseur Joseph Dion.


Le plus prestigieux des lycées haut-normands va bientôt voir une première tranche de travaux
prendre fin. Le nouveau proviseur, Joseph Dion, devant la galerieement reconstruite à l'identique

Mais l'ancien directeur adjoint de l'IUFM sait que cette tolérance a des limites et se félicite de profiter à son arrivée des efforts de son prédécesseur, Danielle Boulineau, et du Conseil régional. La collectivité territoriale finance à hauteur de 1,9 millions d'euros la réalisation d'une première tranche de travaux dont les élèves vont commencer à apprécier les effets.

La liaison des trois cours par des escaliers a été réalisée, le nouveau centre de documentation et d'information (CDI) sera opérationnel en janvier prochain et l'aile Joyeuse sera rouverte en novembre.

Les chantiers du siècle

« Réhabiliter ici c'est plus compliqué et plus cher que de construire un lycée neuf. Mais c'est un patrimoine et tout le monde y est attaché » constate Joseph Dion devant la magnifique galerie Joyeuse en fonte, moulée, reconstruite dans l'esprit et les techniques employées au XIXe siècle.

Les 1.600 élèves accueillis à partir de mardi auront néanmoins certainement peu de chances de voir avant leur départ le chantier de la renaissance de Corneille achevé.

Un cabinet de programmistes étudie actuellement l'ampleur des dégâts et les moyens de les résorber au fil des années à venir, sous le regard croisé des financeurs et des Monuments historiques. Entre deux murs décrépis et près d'une bâtisse entière sous-utilisée pour des raisons de sécurité, le proviseur sait le long chemin qu'il reste encore à parcourir. « A nous de faire en sorte que le lycée puisse repartir pour un siècle ou deux ! ».
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THIERRY DELACOURT


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