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L'intelligence
contre les dommages du temps. Du haut de ses quatre cents ans, le
lycée rouennais Corneille n'a rien perdu de son pouvoir d'attraction
grâce à l'excellence de son enseignement : encore 95
% de réussite lors du dernier Bac toutes séries confondues
et des classes de préparation aux grandes écoles au
complet à cette rentrée, représentant le tiers
de son effectif.
Pourtant, le cadre à l'expression de cet « élitisme
républicain » a bien dû mal, lui, à rester
à la hauteur de la réputation. « Ce très
beau lycée a beaucoup vieilli. Nous sommes confrontés
à des problèmes de structures, de sols, de plafonds.
Les dortoirs sont vétustes. Les élèves acceptent
tout cela parce qu'ils savent qu'ils bénéficient ici
d'une plus-value pédagogique » constate sans fard
le nouveau proviseur Joseph Dion.

Le
plus prestigieux des lycées haut-normands va bientôt
voir une première tranche de travaux
prendre fin. Le nouveau proviseur, Joseph Dion, devant la galerieement
reconstruite à l'identique
Mais
l'ancien directeur adjoint de l'IUFM sait que cette tolérance
a des limites et se félicite de profiter à son arrivée
des efforts de son prédécesseur, Danielle Boulineau,
et du Conseil régional. La collectivité territoriale
finance à hauteur de 1,9 millions d'euros la réalisation
d'une première tranche de travaux dont les élèves
vont commencer à apprécier les effets.
La liaison des trois cours par des escaliers a été
réalisée, le nouveau centre de documentation et d'information
(CDI) sera opérationnel en janvier prochain et l'aile Joyeuse
sera rouverte en novembre.
Les chantiers du siècle
« Réhabiliter ici c'est plus compliqué et
plus cher que de construire un lycée neuf. Mais c'est un
patrimoine et tout le monde y est attaché » constate
Joseph Dion devant la magnifique galerie Joyeuse en fonte, moulée,
reconstruite dans l'esprit et les techniques employées au
XIXe siècle.
Les 1.600 élèves accueillis à partir de mardi
auront néanmoins certainement peu de chances de voir avant
leur départ le chantier de la renaissance de Corneille achevé.
Un cabinet de programmistes étudie actuellement l'ampleur
des dégâts et les moyens de les résorber au
fil des années à venir, sous le regard croisé
des financeurs et des Monuments historiques. Entre deux murs décrépis
et près d'une bâtisse entière sous-utilisée
pour des raisons de sécurité, le proviseur sait le
long chemin qu'il reste encore à parcourir. « A
nous de faire en sorte que le lycée puisse repartir pour
un siècle ou deux ! ».
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THIERRY DELACOURT
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