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Vendredi 29/08/2003
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Au CP, moins on est mieux on lit
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Plus de 3.000 élèves haut-normands de cours préparatoire vont bénéficier de moyens humains supplémentaires dans le cadre de la prévention de l'illettrisme. Témoignage.
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La méthode peut sembler défier la logique mais elle est pourtant coutumière dans l'Education nationale. A la rentrée dernière, une expérimentation a été lancée nationalement dans des classes de cours préparatoire (CP) afin de vérifier des bienfaits d'une baisse des effectifs sur la réussite à ce niveau.

Douze classes de quatre écoles à Rouen, Saint-Etienne-du-Rouvray et Evreux y ont participé, accueillant chacune entre dix et douze élèves. Leurs résultats ont été régulièrement comparés avec ceux accueillis dans des classes à effectif normal.


Dans les Hauts de Rouen, l'école ds Sapins va poursuivre
l'expérimentation entamée l'année dernière avec trois classes de CP à 9 élèves

L'hypothèse initiale du bien fondé de l'attribution de moyens pédagogiques supplémentaires pour prévenir l'illettrisme a-t-elle été vérifiée ? Le ministère n'est en fait pas encore en mesure de tirer les conclusions de l'enquête mais n'en a pas moins décidé de la valider implicitement en décidant de poursuivre à plus grande échelle cette politique.

« Une chance inouïe »

Plus de 60.000 élèves - dont près de 3.400 en Haute-Normandie - vont ainsi bénéficier cette année d'une classe dédoublée, d'un deuxième enseignant à temps partiel ou du soutien d'un assistant d'éducation. Il ne s'agit plus ici d'expérimentation, le dispositif de comparaison disparaissant. Dans cette période de restrictions budgétaires, l'effort national est en tout cas conséquent avec 680 maîtres supplémentaires et 750 assistants d'éducations dédiés à ces actions.


Brigitte Barthélemy, directrice de l'école des Sapins
pointant les trois classes de CP à effectif réduit

A l'école des Sapins, au nord de Rouen, la directrice, Brigitte Barthélemy, se réjouit de pouvoir ainsi prolonger l'expérimentation engagée il y a un an avec deux classes de dix élèves. « Cela a été une chance inouïe pour les enfants. Ils ont pu trouver un terrain plus favorable, avec un travail quasiment individuel avec leur enseignant qui a pu adapter son travail à chacun d'entre eux » juge-t-elle.

L'expérimentation a été rythmée par trois évaluations et par des visites d'un inspecteur chargé de constater le travail des élèves mais aucun bilan ni résultat des comparaisons avec une classe de l'école Debussy voisine n'a même été transmis à l'équipe éducative.

« C'est un peu dommage mais en tout cas nous nous avons constaté que les élèves sont tous parvenus en fin d'année à au moins savoir déchiffrer une phrase. Ce qui n'est pas toujours le cas » assure la directrice.

Brigitte Barthélemy aurait souhaité à cette rentrée pouvoir offrir au groupe d'enfants la même proximité avec leur instituteur mais le dispositif étant réservé aux CP, ils rejoindront cette année un CE1 à effectif normal. Ce sont vingt-sept nouveaux enfants du plateau rouennais qui vont profiter de cette chance, répartis en trois classes de CP à neuf élèves.

La directrice insiste, convaincue : « Même si cela ne règle pas tous les problèmes, dans un quartier difficile comme ici on donne ainsi la chance à tous les enfants d'y arriver ».

THIERRY DELACOURT

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