|
La
méthode peut sembler défier la logique mais elle est
pourtant coutumière dans l'Education nationale. A la rentrée
dernière, une expérimentation a été
lancée nationalement dans des classes de cours préparatoire
(CP) afin de vérifier des bienfaits d'une baisse des effectifs
sur la réussite à ce niveau.
Douze classes de quatre écoles à Rouen, Saint-Etienne-du-Rouvray
et Evreux y ont participé, accueillant chacune entre dix
et douze élèves. Leurs résultats ont été
régulièrement comparés avec ceux accueillis
dans des classes à effectif normal.

Dans
les Hauts de Rouen, l'école ds Sapins va poursuivre
l'expérimentation entamée l'année dernière
avec trois classes de CP à 9 élèves
L'hypothèse
initiale du bien fondé de l'attribution de moyens pédagogiques
supplémentaires pour prévenir l'illettrisme a-t-elle
été vérifiée ? Le ministère
n'est en fait pas encore en mesure de tirer les conclusions de l'enquête
mais n'en a pas moins décidé de la valider implicitement
en décidant de poursuivre à plus grande échelle
cette politique.
« Une chance inouïe »
Plus de 60.000 élèves - dont près de 3.400
en Haute-Normandie - vont ainsi bénéficier cette année
d'une classe dédoublée, d'un deuxième enseignant
à temps partiel ou du soutien d'un assistant d'éducation.
Il ne s'agit plus ici d'expérimentation, le dispositif de
comparaison disparaissant. Dans cette période de restrictions
budgétaires, l'effort national est en tout cas conséquent
avec 680 maîtres supplémentaires et 750 assistants
d'éducations dédiés à ces actions.

Brigitte
Barthélemy, directrice de l'école des Sapins
pointant les trois classes de CP à effectif réduit
A l'école
des Sapins, au nord de Rouen, la directrice, Brigitte Barthélemy,
se réjouit de pouvoir ainsi prolonger l'expérimentation
engagée il y a un an avec deux classes de dix élèves.
« Cela a été une chance inouïe
pour les enfants. Ils ont pu trouver un terrain plus favorable,
avec un travail quasiment individuel avec leur enseignant qui a
pu adapter son travail à chacun d'entre eux »
juge-t-elle.
L'expérimentation a été rythmée par
trois évaluations et par des visites d'un inspecteur chargé
de constater le travail des élèves mais aucun bilan
ni résultat des comparaisons avec une classe de l'école
Debussy voisine n'a même été transmis à
l'équipe éducative.
« C'est un peu dommage mais en tout cas nous nous
avons constaté que les élèves sont tous parvenus
en fin d'année à au moins savoir déchiffrer
une phrase. Ce qui n'est pas toujours le cas » assure
la directrice.
Brigitte Barthélemy aurait souhaité à cette
rentrée pouvoir offrir au groupe d'enfants la même
proximité avec leur instituteur mais le dispositif étant
réservé aux CP, ils rejoindront cette année
un CE1 à effectif normal. Ce sont vingt-sept nouveaux enfants
du plateau rouennais qui vont profiter de cette chance, répartis
en trois classes de CP à neuf élèves.
La directrice insiste, convaincue : « Même
si cela ne règle pas tous les problèmes, dans un quartier
difficile comme ici on donne ainsi la chance à tous les enfants
d'y arriver ».
THIERRY DELACOURT
Lire
aussi: Les
élèves en difficulté d'abord
|