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«
Amateur » ou « indécent »
: les noms d'oiseaux fusent en cette rentrée scolaire entre
le ministre de l'Education nationale Luc Ferry et son prédécesseur
socialiste Jack Lang, qui se rendent mutuellement responsables de
la baisse de l'encadrement dans les établissements scolaires.
Après un an d'échanges d'amabilités plus ou
moins acides, la bienséance politique entre les deux hommes
- qui ont travaillé ensemble à la refonte des programmes
scolaires - a laissé la place à des propos plus rudes.
Alors que Jack Lang avait salué la nomination d'un connaisseur
du système éducatif pas trop marqué politiquement,
ils ont accumulé les contentieux au fur et à mesure
que le philosophe enfilait son habit de ministre de droite.

Pour
le ministre de l'Education nationale, Luc Ferry
la polémique faite par Jack Lang est indécentee
Jack
Lang a fait sortir son successeur de ses gonds en le qualifiant
dimanche de « liquidateur » et de « fossoyeur
» des emplois-jeunes de l'Education nationale. « Quand
M. Ferry dit que c'est lui qui les a sauvés, c'est de l'humour
noir », a dit Jack Lang.
Fin août, l'ancien ministre avait déjà taxé
Luc Ferry « d'amateurisme » dans la mise en place
chaotique des assistants d'éducation, destinés à
remplacer les aides-éducateurs, emplois-jeunes de l'Education
nationale.
Ceux-ci ne seront pas présents avant octobre ou janvier dans
les établissements scolaires, et seront en nombre inférieur
par rapport aux anciens aides-éducateurs dont les contrats
ont expiré. Sur les 16.000 assistants d'éducation
programmés pour les remplacer, seuls 7.000 ont été
engagés à ce jour, affirme M. Lang.
Propos scandaleux
Hier, Luc Ferry a trouvé ces propos « scandaleux
». « Je trouve que la polémique faite
par Jack Lang est indécente », a-t-il dit lors
de sa conférence de presse de rentrée.
« On pourrait avoir la décence, quand on veut faire
une polémique, de ne pas choisir le sujet sur lequel on a
été le plus mauvais », a-t-il accusé,
en affirmant pour la énième fois que lors de son arrivée
au ministère, l'ancien directeur de cabinet de Jack Lang
lui avait signalé la « bombe à retardement
» que constituait le dossier des aides-éducateurs.
« Nous avons fait la loi aussi vite qu'il était
possible de le faire, avec les décrets d'application qui
sont parus en juin. Je prétends en toute sincérité
qu'aucun ministère n'aurait pu faire mieux », s'est
défendu Luc Ferry. Dans Libération, il a lancé
: « je ne suis pas le magicien d'Oz ».
Malgré cette polémique, Luc Ferry a invité
« tous les anciens ministres de l'Education »,
dont Jack Lang, à participer au « grand débat
national sur l'école » qu'il va ouvrir dans les
semaines à venir et où il souhaite trouver un «
consensus » ou un « diagnostic partagé
». Jack Lang « réserve sa réponse ».
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