Jeudi 28/08/2003


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Ferry et Lang à couteaux tirés
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« Amateur » ou « indécent » : les noms d'oiseaux fusent en cette rentrée scolaire entre le ministre de l'Education nationale Luc Ferry et son prédécesseur socialiste Jack Lang, qui se rendent mutuellement responsables de la baisse de l'encadrement dans les établissements scolaires.

Après un an d'échanges d'amabilités plus ou moins acides, la bienséance politique entre les deux hommes - qui ont travaillé ensemble à la refonte des programmes scolaires - a laissé la place à des propos plus rudes.

Alors que Jack Lang avait salué la nomination d'un connaisseur du système éducatif pas trop marqué politiquement, ils ont accumulé les contentieux au fur et à mesure que le philosophe enfilait son habit de ministre de droite.


Pour le ministre de l'Education nationale, Luc Ferry
la polémique faite par Jack Lang est indécentee

Jack Lang a fait sortir son successeur de ses gonds en le qualifiant dimanche de « liquidateur » et de « fossoyeur » des emplois-jeunes de l'Education nationale. « Quand M. Ferry dit que c'est lui qui les a sauvés, c'est de l'humour noir », a dit Jack Lang.

Fin août, l'ancien ministre avait déjà taxé Luc Ferry « d'amateurisme » dans la mise en place chaotique des assistants d'éducation, destinés à remplacer les aides-éducateurs, emplois-jeunes de l'Education nationale.

Ceux-ci ne seront pas présents avant octobre ou janvier dans les établissements scolaires, et seront en nombre inférieur par rapport aux anciens aides-éducateurs dont les contrats ont expiré. Sur les 16.000 assistants d'éducation programmés pour les remplacer, seuls 7.000 ont été engagés à ce jour, affirme M. Lang.

Propos scandaleux

Hier, Luc Ferry a trouvé ces propos « scandaleux ». « Je trouve que la polémique faite par Jack Lang est indécente », a-t-il dit lors de sa conférence de presse de rentrée.

« On pourrait avoir la décence, quand on veut faire une polémique, de ne pas choisir le sujet sur lequel on a été le plus mauvais », a-t-il accusé, en affirmant pour la énième fois que lors de son arrivée au ministère, l'ancien directeur de cabinet de Jack Lang lui avait signalé la « bombe à retardement » que constituait le dossier des aides-éducateurs.

« Nous avons fait la loi aussi vite qu'il était possible de le faire, avec les décrets d'application qui sont parus en juin. Je prétends en toute sincérité qu'aucun ministère n'aurait pu faire mieux », s'est défendu Luc Ferry. Dans Libération, il a lancé : « je ne suis pas le magicien d'Oz ».

Malgré cette polémique, Luc Ferry a invité « tous les anciens ministres de l'Education », dont Jack Lang, à participer au « grand débat national sur l'école » qu'il va ouvrir dans les semaines à venir et où il souhaite trouver un « consensus » ou un « diagnostic partagé ». Jack Lang « réserve sa réponse ».


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