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Treize
noms. Les deux enseignantes des classes CP de l'école Romain-Rolland
d'Evreux n'ont pas mis longtemps, hier matin, à faire l'appel
de leurs élèves.
Pour la rentrée, l'établissement situé en zone
d'éducation prioritaire dans le quartier de La Madeleine,
a fait le pari de concentrer ses efforts sur cette section. La lutte
contre l'illettrisme est d'ailleurs une priorité ministérielle.

Classée
en Zone d'éducation prioritaire, l'école Romain-Rolland,
a allégé ses effectifs
«
C'est un choix d'organisation en interne, explique le nouveau
directeur de l'établissement, Pierre Stattner. Nous avons
eu une suppression de classe et donc plutôt que d'équilibrer
les effectifs en multipliant les doubles niveaux nous avons opté
pour des effectifs allégés en CP. Ce qui implique
un véritable effort dans les classes de CM1-CM2 qui se retrouvent
à 22-24 élèves. »
Pour Valérie Dubos, une des deux enseignantes concernées,
cette réduction d'effectif est vécue comme un véritable
soulagement. « L'an dernier, j'avais dix-neuf élèves
sur deux niveaux et dans l'autre il y avait vingt-trois enfants,
dont la moitié était en grande difficulté.
De cette façon, j'espère avoir vraiment les moyens
d'assurer les bases de la lecture et des maths. »
« Consacrer du temps aux enfants »
Du côté des parents, la décision est vraiment
bien perçue. « Le CP est une étape importante,
j'ai même l'impression que c'est à ce moment que tout
se joue, précise anxieuse Rosalie, la maman du jeune
Oary. Il est timide, mais là, je pense que la maîtresse
va mieux gérer ses éventuelles difficultés.
» Même discours de la part de Karine, venue accompagner
son fils Julien. « Ici, les classes sont assez difficiles,
il faut consacrer plus de temps aux enfants. »
Dans le cadre de son programme de lutte contre l'illettrisme, l'inspection
académique a attribué un demi-poste d'assistant d'éducation
pour les deux CP. Une aide qui n'est pas présente en cette
rentrée. Le conseil d'administration du collège Politzer,
dont dépend Romain-Rolland, a en effet voté contre
l'embauche de ces assistants d'éducation en juin dernier.
SANDRINE GOSSENT
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