|
Ils
étaient au centre du projet de décentralisation, suspendu
par Jean-Pierre Raffarin en attendant que la nouvelle loi d'orientation
sur l'école soit adoptée. Les personnels non enseignants
TOS (techniciens et ouvriers de service) reviennent de vacances
avec la crainte d'être les dindons de la décentralisation.
Cuisiniers, agents d'entretien, jardiniers, ils sont 17 pour 660
élèves au lycée polyvalent André-Malraux
de Gaillon. « On ne sait toujours pas ce qu'on va devenir
», se plaint Dominique Hervet, maître ouvrier de cuisine.

Jean-Luc
Chédru, Olivier Verdure et Dominique Hervet, personnels non
enseignants
au lycée Malraux de Gaillon redoutent un changement de leur
statut
Au
terme du projet de décentralisation, les TOS, fonctionnaires
d'Etat dépendant du ministère de l'Education Nationale
deviendront des fonctionnaires territoriaux des départements
ou des régions. Ils conserveront donc la sécurité
de l'emploi, mais perdront l'avantage de la mobilité permise
par l'Education nationale entre académies, ce qui est mal
vécu. « On a quand même fait des concours
pour entrer dans l'Education nationale », se justifie
Olivier Verdure, ouvrier professionnel en agencement intérieur.
Autre crainte : la concurrence avec le secteur privé. «
Nous, nous sommes au service des élèves, on ne
nous demande pas de faire du bénéfice contrairement
à une entreprise », explique Dominique Hervet.
« Aucun démenti »
Pour Jean-Luc Chédru, qui est en charge des espaces verts
du lycée, le risque serait « de se voir partagé
entre plusieurs établissements. Il n'y a eu aucun démenti,
ni précision, ni assurance du ministère : nous sommes
dans l'expectative la plus complète ».
Tous ont fait grève en mai et juin « dans la limite
de leurs revenus », bien moins élevés que
ceux des enseignants. Pour l'instant, une journée d'action
est prévue le 10 septembre. « La suspension du projet
de décentralisation va peut-être amener de la négociation
et de la concertation », se prend à rêver
Jean-Luc Chédru.
ERIC PROENCA-PINA
|