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Il
n'y a pas encore d'eau pour le café et les bulletins de salaire
d'août ne sont même pas dans les casiers. Dans la salle
des professeurs du collège Mont-Vallot hier matin, la prérentrée
des enseignants commence mal.
Le collège elbeuvien de 640 élèves a été
l'un des plus touchés de l'académie par les grèves
du printemps. Depuis le 2 mai, quasiment aucun cours n'a pu y être
assuré, la majorité de grévistes se relayant
pour empêchant l'accès à l'établissement.
Sur les cinquante-cinq professeurs, une quinzaine ont ainsi attendu
pendant plusieurs semaines en pure perte des élèves,
installés dans le Centre de documentation et d'information
(CDI).
Les visages sont fermés
Alors aujourd'hui à l'heure des retrouvailles, des visages
sont fermés malgré le bronzage. « On attend
de voir sur nos bulletins si on a reçu un coup de massue
sur la tête » souffle l'un d'eux alors que Nicolas,
jeune professeur d'Education physique, ne cache pas l'étendue
du malaise ambiant.
« On espère qu'on va pouvoir se retrouver tous ensemble
mais il est sûr que le conflit a laissé des traces.
Deux camps se sont opposés. C'est pour cela que personne
n'ose vraiment s'exprimer » confie-t-il pour expliquer
le silence de ses collègues.

A
Elbeuf, les professeurs du collège Mont-Vallot ont effectué
leur prérentrée
dans un climat encore tendu. La salle des professeurs du collège
s'est réouverte hier après avoir été
déserté pendant deux mois
Dans
le couloir, Véronique Repeczy, livre elle d'emblée
ce qu'elle a sur le cur. Aux yeux de la professeur d'anglais,
non gréviste, le « système pourri »
de la grève tournante « nous a empêchés
de travailler. L'entrée était cadenassée, les
enfants ne pouvaient entrer dans le collège et pour certains
on les ainsi privés de leur seul repas équilibré
quotidien » rappelle-t-elle, encore remontée.
Faire confiance aux enseignants
Quelques minutes plus tard l'ensemble de l'équipe pédagogique
ne se retrouve pas moins côte à côte pour écouter
le discours de rentrée de la nouvelle direction du collège
classé en zone d'éducation prioritaire. Le principal,
Jean-François Rivart, et son adjoint, Daniel Pasquier, évoquent
le caractère sensible de cette « prise de contact
dans un contexte particulier » pour imposer le huis clos.
« Je souhaite bien sûr que le collège redémarre
au plus vite. Les parents ne doivent pas trop s'inquiéter
pour les retards pris. Il faut faire confiance aux enseignants,
ce sont des professionnels » promet-il.
Dans la journée des groupes de travail par discipline devaient
permettre aux professeurs d'harmoniser leurs enseignements. «
Ce n'est pas vraiment un problème. D'habitude les deux
premiers mois sont consacrés aux révisions. Là
on va leur apprendre » rassure l'un d'entre eux.
Beaucoup de parents d'élèves supporteraient mal en
tout cas de voir la vie au collège de nouveau perturbée.
Père de trois collégiennes de 14, 13 et 11 ans, Alban
Chevallier se dit « plus qu'inquiet. Ce qui me fait peur
c'est qu'elles ont perdu leur troisième trimestre. Au collège
il y a des « purs et durs » et ils sont capables de
repartir. Si jamais ça recommence moi je les mets ailleurs
! » prévient-il.
Pour « voir comment ça se passe », Alban
sera présent ce matin à Mont-Vallot, accompagnant
sa fille aux portes de sa sixième.
THIERRY DELACOURT
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closes au collège
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