Jeudi 28/08/2003


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La rentrée à reculons
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La prérentrée des professeurs a eu lieu hier, dans une ambiance parfois amère. Après quatre mois de séparation le collège Mont-Vallot d'Elbeuf a accueilli son équipe.
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Il n'y a pas encore d'eau pour le café et les bulletins de salaire d'août ne sont même pas dans les casiers. Dans la salle des professeurs du collège Mont-Vallot hier matin, la prérentrée des enseignants commence mal.

Le collège elbeuvien de 640 élèves a été l'un des plus touchés de l'académie par les grèves du printemps. Depuis le 2 mai, quasiment aucun cours n'a pu y être assuré, la majorité de grévistes se relayant pour empêchant l'accès à l'établissement.

Sur les cinquante-cinq professeurs, une quinzaine ont ainsi attendu pendant plusieurs semaines en pure perte des élèves, installés dans le Centre de documentation et d'information (CDI).

Les visages sont fermés

Alors aujourd'hui à l'heure des retrouvailles, des visages sont fermés malgré le bronzage. « On attend de voir sur nos bulletins si on a reçu un coup de massue sur la tête » souffle l'un d'eux alors que Nicolas, jeune professeur d'Education physique, ne cache pas l'étendue du malaise ambiant.

« On espère qu'on va pouvoir se retrouver tous ensemble mais il est sûr que le conflit a laissé des traces. Deux camps se sont opposés. C'est pour cela que personne n'ose vraiment s'exprimer » confie-t-il pour expliquer le silence de ses collègues.


A Elbeuf, les professeurs du collège Mont-Vallot ont effectué leur prérentrée
dans un climat encore tendu. La salle des professeurs du collège
s'est réouverte hier après avoir été déserté pendant deux mois

Dans le couloir, Véronique Repeczy, livre elle d'emblée ce qu'elle a sur le cœur. Aux yeux de la professeur d'anglais, non gréviste, le « système pourri » de la grève tournante « nous a empêchés de travailler. L'entrée était cadenassée, les enfants ne pouvaient entrer dans le collège et pour certains on les ainsi privés de leur seul repas équilibré quotidien » rappelle-t-elle, encore remontée.

Faire confiance aux enseignants

Quelques minutes plus tard l'ensemble de l'équipe pédagogique ne se retrouve pas moins côte à côte pour écouter le discours de rentrée de la nouvelle direction du collège classé en zone d'éducation prioritaire. Le principal, Jean-François Rivart, et son adjoint, Daniel Pasquier, évoquent le caractère sensible de cette « prise de contact dans un contexte particulier » pour imposer le huis clos.

« Je souhaite bien sûr que le collège redémarre au plus vite. Les parents ne doivent pas trop s'inquiéter pour les retards pris. Il faut faire confiance aux enseignants, ce sont des professionnels » promet-il.

Dans la journée des groupes de travail par discipline devaient permettre aux professeurs d'harmoniser leurs enseignements. « Ce n'est pas vraiment un problème. D'habitude les deux premiers mois sont consacrés aux révisions. Là on va leur apprendre » rassure l'un d'entre eux.

Beaucoup de parents d'élèves supporteraient mal en tout cas de voir la vie au collège de nouveau perturbée. Père de trois collégiennes de 14, 13 et 11 ans, Alban Chevallier se dit « plus qu'inquiet. Ce qui me fait peur c'est qu'elles ont perdu leur troisième trimestre. Au collège il y a des « purs et durs » et ils sont capables de repartir. Si jamais ça recommence moi je les mets ailleurs ! » prévient-il.

Pour « voir comment ça se passe », Alban sera présent ce matin à Mont-Vallot, accompagnant sa fille aux portes de sa sixième.

THIERRY DELACOURT

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