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Pour
sa dernière rentrée dans l'Eure, l'inspecteur d'académie
n'aurait pu rêver mieux. Du moins dans les cinquante-six collèges
du département où, « sur le plan technique,
c'est la meilleure qu'on ait connu depuis longtemps, »
commentait hier Patrick Dion, pointant comme seule ombre au tableau
ces « difficultés de recrutement de personnel, marginales,
dans quelques secteurs Segpa (Section d'enseignement général
et professionnel adapté, ndlr) ».

Le
président du conseil général de l'Eure Jean-Louis
Destans et l'inspecteur d'académie
Patrick Dion livraient hier un état des lieux quasi parfait
de la rentrée
dans les collèges du département (Photo PN/Sylvain
Fillastre)
Même
la disparition des surveillants, sujet qui fâche tout rouge
le secondaire, ne saurait venir contrarier cette rentrée
« apaisée et studieuse » que le vice-recteur
appelait de ses vux (P.-N. du 28 août) : le département
a été doté de cent treize postes d'assistants
d'éducation, « et tous les emplois de surveillants
seront remplacés ».
En fonction des nécessités
Patrick Dion insiste même sur le « progrès
considérable » apporté par le nouveau dispositif,
qui donne aux chefs d'établissements le libre choix du recrutement
et la possibilité d'embaucher en fonction des nécessités,
à temps partiel si besoin est. Ce qui ne veut pas dire pour
autant emploi précaire : « Un demi-poste peut être
adapté à la poursuite d'études, et les étudiants
concernés ont accès à un système de
bourses cumulables. »
Parmi les rangs des enseignants des collèges et lycées,
le climat d'inquiétude subsiste pourtant, alimenté
par « la crainte de voir moins de personnel au niveau de
l'encadrement et de la surveillance des élèves,
confie un responsable syndical. Techniquement, il peut y avoir
un adulte devant les élèves. Reste à savoir
s'il est formé, et c'est toute la question qui se pose sur
les assistants d'éducation. »
L'inquiétude ne sera dissipée - ou pas - qu'une fois
le dispositif rôdé. En attendant, Patrick Dion, appelé
au ministère de l'Education nationale à compter de
la mi-septembre, justement en qualité de sous-directeur du
personnel d'encadrement, part avec le sentiment du devoir accompli.
Un ordinateur pour dix collégiens
Son satisfecit associe les efforts produits par le conseil général,
notamment en matière d'équipement informatique. Sur
les cinquante-six collèges, trente-neuf bénéficient
de la couverture ADSL (Internet à haut débit). Les
dix-sept restant seront raccordés, d'ici la fin septembre,
par le biais du satellite. Soit un investissement de 125.000€
auquel s'ajoute une dotation annuelle de fonctionnement de 130.000€.
Aujourd'hui, le parc informatique compte un ordinateur pour dix
collégiens, et tend vers les un pour sept élèves.
« Sans cette modernisation des équipements, l'Eure
serait à la traîne », affirme Patrick Dion.
Reste la formation des enseignants et « sur ce point, il
reste énormément à faire », avoue
l'inspecteur, néanmoins satisfait que les collèges
aient avancé « à grands pas ».
SANDRINE GROSJEAN
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