paris-normandie

Mise en Seine

Le Belem
Visite du matin : malin. C'est probablement la devise de ceux qui se couchent tôt, pour venir dès l'aube, surprendre l'Armada dans son réveil. Le matin, c'est la vision préférée du commandant du Belem, « là où les vrais rêveurs se délectent, où les quais respirent la sérénité... » Une Armada encore silencieuse. Plus intime. Où l'on peut dérober des images touchantes. La gymnastique sur le pont du Libertad argentin, pour récupérer des tangos de la veille. Ou la séance de nettoyage. La corvée des grandes eaux du matelot de service. Le chiffon pour reluire les cuivres. Le moindre ordre déclamé par l'officier résonne plus sèchement...
Entre le mur de stands fermés, et les bateaux engourdis, s'agitent déjà les camions de livraison, les bennes. On enlève autant qu'on apporte. Flux et reflux de la société de consommation. C'est le temps des avitailleurs, des cartons de victuailles, des pack de bière, des petits déjeuners croustillants apportés aux commandants par les apprentis boulangers en livrée. Le temps des fleurs aussi, fraîchement coupées pour la fête, les cocktails du soir... Et même le temps des conférences de rédaction, face à la Jeanne, pour le journal du lendemain.
Vers sept heures s'avance l'avant-garde du public, en petites grappes, tout d'abord. Les quais deviennent moins clairsemés. A huit heures et demie, la fréquentation se densifie au point que les derniers rollers quittent l'Armada. A dix heures, la poésie matinale déserte définitivement les berges, la foule réinvestit son rêve.
fleche

Une de Paris-Normandie
Sommaire Armada
Sommaire Irrésistible Armada