Des poèmes dansés "lus" par les corps

Qu’il est rare et doux de sentir des danseurs heureux sur un plateau, souriants, sensibles aux réactions du public et proches au point de sentir leur souffle. Dans un univers immaculé, la compagnie Michel Kelemenis a ainsi conquis une large partie des spectateurs venus mardi soir assister à la première «lecture» de ses Trois poèmes inédits à Sotteville-lès-Rouen (Atelier 231).


Une large tenture scinde la scène en deux. De part et d’autre le public apprécie une moitié de spectacle, intrigué toujours par la partie qui lui échappe. Cinq danseurs, japonais et occidentaux, se partagent cet espace. Ils s’attirent, se repoussent avant de se retrouver, une fois le rideau tombé. Le principe est simple, sans effets excessifs d’esthétique.


Dans cet univers de douceur, étranger à toute violence, le mouvement s’impose et la virtuosité des interprètes comble les amateurs de beaux gestes. Seuls quelques réfractaires demeurent, insensibles à ce travail qui frise l’expérimentation et fleure parfois l’inachevé. La musique répétitive d’Erik M. n’est pas non plus étrangère au rejet ressenti par moment. Mais au salut, quand, dans un ultime élan, artistes et public croisent leurs regards, c’est la douceur de la poésie des corps qui se fait encore entendre.


P.B.


Ce jeudi 4 à 20h30. Atelier 231 à Sotteville-lès-Rouen.

 

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