Le voyage tsigane d'Alain Weber



Alain Weber est allé chercher ces petits princes de Rajasthan dans leur village

Féru de musiques traditionnelles, Alain Weber a conçu la journée musicale du dimanche 7 octobre : le marathon Sur la piste des tsiganes, à travers cinq rendez-vous étalés du matin au soir.

Paris-Normandie : « En quelle qualité intervenez-vous sur cette journée ? »
Alain Weber :
« Je connais bien le milieu tsigane, bien avant la mode, en particulier depuis le début des années quatre-vingt-dix. Spécialiste du monde oriental et producteur chercheur dans les musiques traditionnelles, je me suis intéressé au voyage musical dans les pays de l'Est, dans le monde arabe ou plus près de chez nous. J'ai travaillé comme conseiller musical sur le film Latcho Drom (projeté ce vendredi soir au Gaumont Grand-Quevilly) et je vais beaucoup sur le terrain découvrir et défricher. »

P-N : « Comment découvrez-vous les artistes ?»
A. W :
« Je me promène dans les milieux ruraux de toutes les régions du monde, là où les traditions sont fortes. Certaines ont du mal à survivre parce qu'il n'y a pas de relève. La solution est de mettre sur pied des stages pour motiver les enfants : c'est le cas au Rajasthan les générations se mêlent. Les musiques du monde, sur le devant de la scène aujourd'hui, sont inépuisables, avec 10 à 15 % des ressources présentées au public. Le mouvement de découverte se propage, et tout un pan musical caché se met à nu. En Hongrie, par exemple, il y a un renouveau. Les tsiganes, véritables précurseurs de la world music, portent en eux de véritables traditions locales qui auraient disparu sans cette prise de conscience. »

P-N : « Comment se présente le programme musical tsigane ? »
A. w :
« C'est la première fois que je collabore avec Octobre en Normandie. L'idée du marathon va bien avec ce genre de musiques, aux genres très mélangés. Le public va bouger toute la journée, qui débute avec des ambiances d'Istanbul. C'est rare dans ces milieux : les tsiganes sont plutôt habitués aux soirées. Le dernier rendez-vous, en fin de journée, permettra de découvrir des « petits princes » du Rajasthan que je suis allé chercher dans leur village. Au déjeuner, on découvrira Tchavolo Schmitt, l'enfant terrible de la culture manouche de l'Est de la France. »

Propos recueillis par P.L.


Journée marathon "Sur la piste des tsiganes"


Dimanche 7 octobre :

- ensemble oriental d'Istanbul à 10 h à l'espace Bourvil, à Caudebec-lès-Elbeuf ;
- Kek Lang (ensemble hongrois), à 11 h 30, au cinéma le Mercure, à
Elbeuf ;
- repas avec l'ensemble manouche de Tchavolo Schmitt, à 13 h, à l'espace Bourvil 
à Caudebec-lès-Elbeuf;
- programme Bartok, Ravel, Kodaly par l'orchestre Léonard-de-Vinci, à 15 h, à la Traverse, à
Cléon;
- ensemble Divana et les enfants du Rajasthan, à 17 h, au Rive Gauche, à
Saint-Etienne-du-Rouvray.

Ce vendredi 5 :

soirée tsigane au multiplexe Gaumont Grand-Quevilly avec le film de Tony Gatlif, Latcho Drom ; en première partie, concert de jazz manouche : Tchavolo Schmitt. Michel Kelemenis (danse) à Canteleu à 20 h 30, l'orchestre national de France au TDA à 20 h 30.

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