Paris-normandie

 


Des... Verts et des pas mûrs

 

Si à la fin de l'été on nous avait dit que le promu stéphanois, à qui tous les observateurs promettaient la lanterne rouge, viendrait signer à Evreux sa première victoire à l'extérieur, on aurait sans doute souri. Aujourd'hui, quarante-huit heures après cette première défaite ébroïcienne à la maison (69-58), après en avoir vu des. Verts et des pas mûrs bien avant ce samedi, personne ne rit. L'ALM touche presque le fond, une longueur seulement devant les deux sièges de relégables.

Pourtant, sitôt l'annonce du forfait de Julius Michalik, le revers était envisageable, sinon prévisible. En trois jours aucun entraîneur ne peut rebâtir un collectif digne de ce nom en incorporant deux joueurs dont le nouveau patron. Pour compenser, il aurait fallu qu'individuellement tous les Ebroïciens soient irréprochables. Et ce ne fut pas le cas. La victoire de Saint-Etienne est donc presque logique.

Parce que les Verts de Pascal Thibaud, ancien adjoint de Philippe Hervé à Chalon-sur-Saône, s'appuient sur un vécu que les Normands n'ont pas. L'équipe stéphanaise a gardé son ossature de l'an dernier, son collectif a fait la différence. « Individuellement, nous sommes sans doute l'équipe la plus faible de Pro B. Il ne faut rester humble. On ne peut donc s'en sortir que par un gros mental et un collectif, explique Thibaud. Mais il faut reconnaître que l'absence de Michalik est catastrophique pour Evreux. Cela nous a bien aidé. »


L'énigme Michalik


Cette chance, les Stéphanais l'ont jouée à fond. Ils l'ont saisie d'entrée de jeu, devant une formation normande manquant forcément d'huile avec son nouveau pilote, Jason Rowe, aux commandes. Presque trop collectif, onze passes et naturellement du déchet (6 pertes). « Il aurait fallu qu'il joue aussi pour lui », constatait l'autre nouveau, Dwayne Perry. L'ex-Dijonnais s'est lui déchiré sur la ligne des lancers : 2/12. « J'ai fait un blocage. » Et bien sûr, malgré ses neuf rebonds, cela n'a pas arrangé les affaires de l'ALM. « D'autant qu'avec William (Soliman), les deux ne sont pas complémentaires », avoue Olivier Veyrat. « Je le sais, mais nous n'avions pas d'autre solution. Gaetan (Muller) n'avait pas joué depuis trois semaines et reprenait à peine l'entraînement. Il n'aurait pas dû jouer. » Voilà qui explique le trou du deuxième quart-temps (8-20) avec un Rashard Lee en dessous de tout (1/7) et sept minutes sur le banc. Résultat -14 au repos (24-48) et des chiffres éloquents d'évaluation collective : 24 pour l'ALM, le double, 48, pour le CASE.

On crut pourtant que les Normands allaient rétablir la situation lorsqu'il égalisèrent pour la première fois de la soirée à 51, à l'entame du quatrième quart-temps après un troisième (24-13) initié par un Lee enfin revenu à son niveau : 11 points dont 3/4 à trois points. Malheureusement les coéquipiers de Cleymans calèrent aussi sec, restant même 7'30 sans inscrire le moindre point pour un rédhibitoire 0-8.

Conclusion, il est urgent et indispensable de trouver un remplaçant à Michalik. Le hic c'est que personne pour l'instant n'est tenté par une pige de trois semaines. Et que les médecins ne sont pas sûrs non plus de la durée exacte de l'indisponibilité du grand Slovaque. Il pourrait alors peut-être faire les frais de cette situation.

 

DANIEL CHARMETEAU

Les adversaires de l'ALM
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