- L'arme
bactériologique, l'autre menace
Et si la prochaine fois les terroristes troquaient les couteaux et cutters
pour des armes beaucoup plus destructrices ? Les pays développés
se prennent désormais à imaginer le pire : une attaque
bactériologique ou chimique, capable de faire des centaines de
milliers, voire des millions de morts.
« De nombreux experts sont d'accord là-dessus :
ce n'est plus une question de savoir « si » mais
plutôt « quand » une telle attaque surviendra »,
témoignait récemment, devant le Congrès, James
Hughes, directeur du centre national des maladies infectieuses au département
de la Santé.
« Nous ne sommes pas préparés à faire
face au pire des scénarios : une attaque par le virus de
la variole qui entraînerait une épidémie mondiale.
Nos stocks de vaccin anti-variole n'ont pas été reconstitués »
prévient l'expert Philip Russell, professeur à l'Université
Johns Hopkins.
L'attentat au gaz sarin dans le métro de Tokyo en 1995, même
s'il n'a fait qu'un nombre limité de victimes, a fouetté
les consciences et forcé à penser l'inimaginable.
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Le
terrible « effet domino »
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Les pays les plus développés sont les plus vulnérables
à une attaque bio-terroriste, en raison de la mobilité
de leur population et de l'interdépendance de leur infrastructure,
selon scientifiques et experts américains qui jugent ce type
d'attaque hautement probable.
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L'arsenal chimique et bactériologique qui pourrait être
utilisé se divise en deux catégories : les agents
non contagieux, tels que l'anthrax, qui feraient de nombreuses victimes,
mais dans une zone limitée, et les agents contagieux comme
le virus de la variole, aux dégâts beaucoup plus lourds,
explique le biophysicien Steven Block, de Stanford University en Californie.
Le danger des agents contagieux réside dans leur effet domino
qui transforme chaque personne infectée en une arme bactériologique
contre son entourage.
« Dans une attaque bio-terroriste, le bilan pourrait aller
de 250.000 à 400.000 morts. Juste comme ça. »,
a jugé l'ancien responsable du centre d'épidémiologie
du Minnesota, Mike Osterholm, l'un des principaux experts américains
du sujet.
Une attaque bio-terroriste dans laquelle « un pays industrialisé
perdrait 10 % de sa population, mettrait un terme à la
vie telle que nous la connaissons. Par contraste, si la Lybie ou l'Afghanistan
perdait 10 % de sa population, la vie y continuerait plus ou
moins comme avant », estime le professeur Block.
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